SUR LE PLATEAU DES SEPT-COMMUNES
(12 Novembre.)
Le repli italien paraît avoir été arrêté derrière la Piave, que j'avais indiquée, dès le premier jour, comme ligne de défense désignée tout d'abord. Mais on ne saurait affirmer qu'il ne se continuera pas plus loin, car déjà se dessine une attaque, prévue à la vérité, mais qui n'en menace pas moins d'assez loin en arrière le flanc gauche des positions prises actuellement.
Pour la seconde fois depuis juin de l'année dernière, les Autrichiens se sont emparés d' Asiago, prenant pied ainsi sur le plateau des Sette Comuni. De là, ils peuvent descendre dans la plaine de Bassano et menacer à revers non seulement les défenses de la Piave, mais celles de la Brenta. Les Italiens ont, il est vrai, dessiné un crochet défensif qui s'étend entre Conegliano, ou peut-être Susegana, jusqu'au cours de l'Astico. De la force qu'il présente et de la rapide arrivée des renforts destinés
à l'étayer dépendront les décisions futures du comité de guerre, qui certainement a dû déjà envisager toutes les éventualités susceptibles d'accentuer encore et même de précipiter le mouvement de recul.
En tout état de cause, quatre directions d'attaque s'accusent maintenant. L'une, la plus méridionale, suit l'axe de la route Udine-Codroipo-Conegliano-Susegana ; c'est celle qu'a prise l'armée de l'archiduc Eugène. Un peu plus haut, von Below descend la Piave, vers Bellune et Feltre : à sa droite, Krobatin avance par la vallée du Cordevole et a atteint Agordo. Enfin, Conrad de Hœtzendorf a débouché, tout à fait à l'ouest, entre le val Sugana et le val d'Assa. Une masse considérable est donc en mouvement, raais dans des conditions assez difficiles, car elle présente au combat des éléments très écartés, qui n'ont pas entre eux des relations bien assurées. La défaite de l'un entraînerait celle de tous,
U-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Front occidental. — Les communiqués français et britanniques ne signalent que des engagements de détail, sauf enFlandre où les Allemands attaquent les positions anglaises au nord de Passchendaele ; leurs efforts sont d'ailleurs rapidement brisés.
En Italie. — Développement de l'offensive austroallemande. L'ennemi entre à Felire et à Fonzaso sur la haute PiaVe ; entre laBrenia et la Piave, il atteint le front marqué par la route de Feltre-Primolano; enfin à l'ouest de la Brenta, sur le plateau des Sept Communes, il occupe le mont Longara et le mont Lisser.
« Les forces alliées qui combattent en Italie, dit le communiqué autrichien, sont ainsi, depuis l'Adriatique jusqu'au Pasubio, partout en territoire ennemi, i^
En Palestine. — Défaite turque sur la ligne de l'Ouadi-Soukréïr, à 1 2 milles au nord d'Ascalon. L'ennemi se replie vers faffa.
les autres, faute d'un concours mutuel possible. Il y a tout lieu de croire qu'en haut lieu a été envisagée la possibilité de provoquer, à la façon de Bonaparte dans l'immortelle campagne de 1796, un événement de ce genre ou, si l'on doit y renoncer pour une raison quelconque, l'échéance presque fatale d'un nouveau et assez large recul.
Parlerai-je maintenant des autres fronts? Ils ne fournissent guère matière à commentaires. Ici, les Anglais ont attaqué, samedi matin, les hauteurs de Passchendaele encore occupées par les Allemands, mais le
En Italie. — Les troupes austro-allemandes continuent àprogresser sur le plateau desSept Communes, et dans les vallées de la Brenta et de la Piave, où elles ont dépassé Primolano et Feltre. Sur la Piave infé- 1 ieure, les groupes autrichiens qui ont passé le fleuve à Zenson dans la journée du\2, sont encerclés de plus en plus étroitement.
Venise a été évacué par une grande partie de ses habitants. Les autorités prennent toutes les mesures possibles pour sauvegarder les monuments et les trésors d'art qu'ils renferment. Il est entendu, d'ailleurs, que la ville ne sera pas défendue.
En Palestine. — Les troupes du général Allenby atteignent le point de jonction de la ligne de chemin de fer de Bir-Seba avec la ligne Jaffa, férusalem.
En Grèce. — La question de l'alimentation reste au premier plan : la famine est menaçante et on attend les résolutions des alliés.
mauvais temps, qui a sévi toute la journée ne leur a pas permis de pousser très loin leur avance. En Palestine, le général Allenby s'est emparé d'Ascalori, théâtre, au temps des Croisades, d'une bataille célèbre, et il continue à pousser les Turcs l'épée dans les reins.
Enfin, les Allemands viennent doc cuper les îles d'Aland, qui barrent le débouché du golfe de Bothnie.
La flotte russe ne les a pas beaucoup gênés. Elle était occupée à bombarder le Palais d'Hiver pour le compte de ses bons amis les Soviets.