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L ARMÉE ITALIENNE RESISTE AUX DEUX AILES DU FRONT DE BATAILLE

(13 Novembre.)

Les Italiens commencent à se rebiffer.

D'après le communiqué allemand, ils auraient même « accepté le combat >> sur la Piave. Mais ceci paraît être une simple formule, car il ne s'est encore produit de ce côté, à proprement parler, que des rencontres entre détachements de couverture et avant-gardes ennemies, les premiers opposant une résistance que les secondes n'ont pas pu forcer.

Plus au nord, les deux colonnes von Below et Krobatin ont fait ou sont sur le point de faire leur jonction à Bellune. Du moins, c'est ce qu'on peut conclure des bulletins ennemis. Comme le fleuve décrit, à partir de cette ville, une courbe

concave très accentuée, la jonction dont j e parle ne constitue pas encore une menace pour les derrières de l'armée italienne, si celle-ci est réellement dans l'intention de stopper là. Quant à Conrad de Hœtzendorf, qui cherche à atteindre les débouchés dans la plaine du val Sugana, suivi par la haute Brenta, on dirait qu'il rencontre sur sa route quelques pierres d'achoppement.

Ayant attaqué, à l'est d'Asiago, les positions italiennes de Gallio et du mont Ferragh, il a été rejeté dans ses lignes par un énergique retour offensif. « L'avantage remporté par l'ennemi est purement circonscrit •), dit le bulletin autrichien. Evidemment, il ne saurait être pris pour une.

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victoire transcendante. Mais il indique que la traversée des Sette Comuni ne sera pas aussi aisée qu'on l'avait espéré tout d'abord.

En tenant tête ainsi à l'envahisseur des deux côtés à la fois, nos alliés entendent prouver que leur vitalité survit aux pre-

Italie et notre participation, malheureusement prorogée, à l'offensive du général Cadorna. Mais la célérité avec laquelle il a été exécuté, la promptitude des décisions et la régularité ponctuelle des mouvements font le plus grand honileur à notre étatmajor, qui a tout dirigé, ainsi qu'à la cora-

CCl. Forbin.)

Comment l'armée du général Allenby transporte son matériel de tranchée.

miers revers et que, même si un nouveau recul devenait nécessaire, il n'entamerait ni leur force de résistance ni les espoirs qu'ils gardent d'une revanche prochaine.

Au surplus, les renforts attendus ne sont plus éloignés. Ils affluent même avec une rapidité qui doit être pour l'ennemi matière à réflexion.

En effet, le plan de transport se trouvait tout préparé, depuis qu'avaient été étudiées, au mois de janvier dernier, une intervention éventuelle de nos forces en

pagnie Paris-Lyon-Méditerranée, qui a assuré le transit avec autant d'intelligence que de dévouement.

Quand on connaît les difficultés que présente une opération pareille, quand on se souvient des déboires qu'ont donnés autrefois celles du même genre qui avaient été insuffisamment préparées, on se rend compte de la somme de travail et de l'énormité des études préalables qu'elles exigent, afin que, dans leurs détails si complexes, la méthode soit, partout et toujours, substituée à l'improvisation.

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