VOULOIR C'EST POUVOIR
(26 Juin.)
« Il est certain, écrit le capitaine de vaisseau Persius dans le Berliner Tageblatt, que le service de patrouilles et les mesures
défensives prises par l'ennemi rendent le travail de nos sous-marins beaucoup plus dif&cile. » Cela signifie exactement que la
U. COLONEL ROUSiSET
LES FAITS
Au nord de l'Aisne — Brillante attaque française à Heurtehise : tous les objectifs sont atteints en quelques minutes et parmi eux, la grande Caverne du Dragon, dont les Allemands ont fait une véritable forteresse.La garnison, cernée avant d'avoir eu le temps de se remettre de sa surprise, se voit couper toute voie de retraite et n'a plus qu'à capituler avec ses \Oofjficiers et ses 300 hommes ; elle nous abandonne en même temps 9 mitrailleuses, des dépôts de munitions et un matériel considérable.
Région de Lens. — Les troupes britanniques continuent à progresser sur les deux rives de la Souchez et réalisent une avance importante sur un front de 2 500 mètres: elles arrivent aux premières maisons de Lens, devant la cité du Moulin. I
Dans un port de l'Océan. — Débarquement du premier échelon des troupes américaines, sous les ordres du brigadier général Sibert.
Région de Lens. — Les troupes britanniques poursuivent leur avance sur les deux rives de la Souchez : elles s'emparent du hameau de la Coulotte, à 1500 mètres des premières maisons de Lens, sur la route d Arras.
En Grèce. — Des manifestations se sont produites à Athènes dans la journée d'hier et dans la nuit : en vue de maintenir l'ordre et par mesure de précaution, le haut commissaire des liuissancesalliées, d'accord avec le gouvernement grec, décide de faire momentanément occuper la ville et les points stratégiques des environs par les troupes françaises débarquées au Pirée- L'opération s'exécute sans incident et dans un ordre parfait.
■ En Suisse. — M. Ador, président du Comité international de la Croix-Rouge, est élu membre du Conseil fédéral en remplacement de M. Hoffmann : il affirme sa Volonté d'impartialité absolue.
piraterie ne donne pas absolument tous les profits que l'on attendait d'elle. Peu à peu, les marines alliées apprennent à se défendre et un navire attaqué par les forbans n'est plus du tout un navire coulé. Ainsi s'éloignent insensiblement ces menaces de paralysie maritime totale qu'avaient proférées les Capelle et les Tirpitz.
Cela prouve deux choses. D'abord que les Allemands voient tout avec des verres grossissants; ensuite que, lorsqu'on se met sérieusement à la poursuite d'un résultat, on l'obtient, au bout d'un temps plus ou moins long.
Car si, à l'heure actuelle, nous ne sommes pas encore complètement préservés des dangers que nous faisait courir la traîtrise allemande, celle-ci, nous pouvons en croire le commandant Persius, est déjà en état de demi-faillite. En tout cas, ceux qui y ont eu recours doivent perdre tout espoir de nous voir, un jour ou l'autre, rédviits par elle au sort fâcheux d'UgoHn.
Or, en pareille matière, il faut tout ou rien. La guerre sous-marine, entreprise par les Allemands comme ressource in extremis, n'avait pas pour but d'envoyer par le fond un nombre plus ou moins considérable de bateaux alliés ou neutres, mais bien d'annihiler à peu près complètement le trafic des uns et de limiter par la terrorisation -au strict minimum celui des
autres. Y a-t-elle réussi? Les statistiques et la confession désabusée du Berliner Tageblatt nous prouvent que non. C'est donc pour peu de chose, et certainement pour beaucoup moins qu'ils n'espéraient, que les Allemands ont achevé de se déshonorer et sacrifient tous les jours leurs meil- . leurs matelots.
En ce qui concerne l'aviation, une constatation similaire s'impose. Nous nous étions laissé un moment distancer, par suite d'erreurs ou de négligences sur lesquelles il est inutile de revenir piiisqu'on s'applique à les corriger. Il est permis d'affirmer dès maintenant, qu'avant même d'avoir reçu le concours américain, — lequel, en tout état de cause, et bien qu'extrêmement précieux à tous égards, ne saurait avoir les dimensions fantastiques que d'aucuns lui ont attribuées, — nous aurons pu retrouver notre supériorité. Et il aura suffi, pour cela,, qu'une activité vigilante se fasse sentir à l'arrière, tandis que la méthode et la discipline, aussi nécessaires dans l'air que sur terre, étaient rétablies à l'avant. ,
Je me borne aujourd'hui à illustrer, par ces deux exemples, la thèse indiquée ])lus haut, qu'avec de la volonté et de la constance on finit par vaincre beaucoup de difficultés, sinon toutes. Quant à l'aviation, dont il me reste pas mal à dire, j 'y reviendrai.
U COLONEL' ROUSSET
Troupes d'attaque massées pour un prochain assaut.
(Clichés Beaufrère.)
Prisonniers allemands capturés pendant les combats de l'Aisne,
U-COLO\EL ROLSSÊr
Les restes du village de Cerny, au nord de l'Aisne.