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LES ITALIENS TIENNENT ET CONTRE-ATTAQUENT

(17 Novembre.)

Quand on connaîtra par le menu les détails de la bataille de l'Isonzo, et surtout quand il sera permis d'en parler librement, les ravages apparaîtront de ces menées traîtresses par lesquelles les Germains cherchent à compenser l'affaiblissement graduel de leurs forces militaires, (i)

Le 12 janvier 1871, de pauvres troupes mal habillées, mal équipées, mal instruites et mal commandées, les mobilisés de Bretagne, évacuaient de la même façon leurs positions du Tertre-Rouge, en avant du Mans, et décidaient du sort de la dernière bataille que Chanzy devait livrer au prince Frédéric-Charles. Les causes profondes de ces affolements ne sont pas les mêmes assurément, et certaines excuses existent d'un côté qui ne se retrouvent pas de l'autre. Mais le résultat est pareil, comme la leçon qui s'en dégage. Il ne faut mettre sur les points sensibles d'un champ de bataille que des soldats dont on est sûr.

Heureusement, ce qui se passe en ce moment nous permet de supposer qu'on l'a fait. Le crochet défensif formé au nordouest de la Piave tient bon sous la poussée ennemie, qui s'accentue à la fois par le

(i) Texte supprimé par la censure.

val Sugana et par les vallées de la Frison e et du Cismone. Les Austro- Allemands, malgré les plus violents efforts, n'ont pu déboucher nulle part et, s'ils se sont emparés de quelques pitons secondaires, tels que le mont Tomatico, ils n'ont pu dépasser la ligne Feltre-Fonzaso-Primolano. Le mouvement débordant qu'ils dessinent, en réédition de celui qui leur a rendu Gorizia, ne rencontre plus les mêmes complicités douloureuses. Il faut payer chaque pas en avant d'une saignée nouvelle. Encore ce pas est-il singulièrement réduit, comme le laisse entendre le communiqué autrichien, lequel n'est rien moins que triomphant.

Malgré tout, c'est de ce côté, ne l'oublions pas, qu'apparaît le véritable danger. La Piave est difficilement franchissable sous le feu des Italiens qui se sont retranchés sur la rive droite, et le passage qui a pu en être fait au sud, du côté de Grisolera, ne compte pas, au moins jusqu'à nouvel ordre, car, là, les troupe's ennemies sont embourbées dans les lagunes que l'artillerie de nos alliés canonne par terre et par mer, en sorte que la situation n'est guère menaçante que pour eux-mêmes. Tandis que si, par malheur, l'ennemi réussissait à dévaler dans la plaine de Bassano, toutes les forces italiennes seraient obligées d'exécuter vers la Brenta, et peut-être

LES FAITS

Paris. — Constitution du ministère Clemenceau, succédant au ministère Painlevé démissionnaire.

M. Clemenceau prend, avec la présidence du Conseil, le portefeuille de la Guerre. M. Georges Leygues est à la Marine.

En Palestine . — Les troupes australiennes et néozélandaises du général Allenby entrent à Jaffa que les Turcs ont évacué sans combat pour continuer leur retraite vers le nord. La ville qui a un port important et qui compte près de 50 000 habitants, sera une base de ravitaillement précieuse pour le corps dopé' ration britannique.

Sur mer. — Combat de croiseurs légers britanniques avec des croiseurs allemands accompagnés de destroyers e/ de dragueurs. Les navires allemands regagnent précipitamment la baie d'Héligoland devant laquelle les croiseurs britanniques sont obligés d'arrêter leur poursuite.

Front britannique. — Combat aux abords de la ferme Guillemont, au sud-est d Epéhy ; l'ennemi après avoir pénétré dans les tranchées anglaises, en est rejeté à la suite d'une lutte très vive.

En Italie. — Entre la Piave et la Brenta l'ennemi continue sa poussée énergique : il s'empare de Quero, du mont Cornello au nord-ouest de Quero et oblige les Italiens à se replier sur les positions du Monte Fenera et du Monte Tomba, dernier contrefort montagneux au nord de la plaine vénitienne.

Le général Diaz annonce que les jeunes soldats de la classe 1899 ont reçu le baptême du feu et que leur conduite a été magnifique. L'Italie a appelé sous les armes vingt-six classes comprenant les honunes nés en ] 87 4 jusqu'à ceux nés en 1899.

Afrique occidentale. — La résistance des Allemands touche à sa fin : 20 officiers, 256 Allemands et 700 Askaris sont faits prisonniers, aujourd'hui.

même au delà, une retraite hâtive et tourmentée.

Les Austro-Allemands ayant soudé leurs attaques septentrionales, celles de Krobatin et de Conrad de Hoetzendorf, c'est maintenant une masse compacte qui se présente sur le flanc le plus vulnérable du général Diaz. Les mouvements de l'ennemi, forcément indépendants les uns des autres dans la zone montagneuse, vont devenir coordonnés et convergents.

A ce péril qu'ils ne sauraient méconnaître, nos alliés opposent, en attendant

que le concours franco-anglais puisse les soutenir, une fermeté d'âme qui grandit et se retrempe dans l'accord unanime de la nation. Encore une fois, les corrupteurs germaniques ont à peu près perdu leur or, leur temps et leur peine. Du moins, ils n'en auront tiré, nous l'espérons bien, qu'un bénéfice éphémère, dont les alliés ne tarderaient pas à leur arracher le dernier profit, s'ils constituaient enfin, sur des bases plus étroites et plus solides, l'organe de direction commune qui seul, jusqu'ici, leur a manqué.

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