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L'EFFICACE RESISTANCE

(19 Novembre.)

Les Austro-Allemands ont tenté assez malencontreusement, samedi, de franchir la Piave moyenne. Un moment même, sur les deux points de Polira et de Fagare, le

succès a paru leur sourire, mais une contreattaque énergique, appuyée par de terribles feux d'artillerie, a bientôt changé celui-ci en une sorte de désastre. Toutes

U^OLONEL ROnSSET

les troupes qui avaient passé sur la rive droite, à peu de chose près, ont été détruites, capturées ou cernées de façon à ne pouvoir échapper.

L'essai était hasardeux. Il montre que Hindenburg et Ludendorff voudraient aller vite et brusquer un dénouement que retarde beaucoup la lenteur du mouvement débordant exécuté dans la région montagneuse du nord. Là, en effet, Kro batin et Hoetzendorf piétinent. La neige et le froid commencent à les gêner, surtout dans leurs communications, tandis que la

fleuve, ils continuent à barboter dans des espaces de plus en plus resserrés, ou l'artillerie de terre et de mer leur fait une existence difficile. Les portes de Venise, que von Below avait, paraîtril, promis de forcer avant le 15 novembre, ne semblent donc pas encore tout près de s'ouvrir.

Ainsi la situation est, dans son ensemble, sensiblement meilleure. Elle ne redeviendrait inquiétante que si la barrière qui défend les derniers contreforts de la zone montagneuse venait à être forcée. Mais, comme tout le monde s ' en rend compte ,

(Cl. Forbin.)

Canon Krupp capturé par les'^Anglais en FolesHne.

résistance italienne s'en trouve favorisée. En somme, après toute une journée de combats que ses propres bulletins qualifient d'opiniâtres, l'ennemi n'a pu s'emparer que de deux pitons sans importance et n'a fait aucun progrès sérieux ni au pied des Sette Comuni ni à l'est de la Brenta.

On devine qu'après le précédent de risonzo, il espérait mieux de sa manoeuvre enveloppante. Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas, sans compter qu'un beau réveil national déjoue maintenant les basses oeuvres de défaitisme. C'est en tout cela, je crois, qu'il faut chercher l'explication du coup de tête de la Piave. On voudrait en finir avant l'entrée en scène des renforts franco-anglais.

Quant aux Hongrois de Boroevic, qui sont empêtrés dans les lagunes du bas

il est~évident que la préoccupation la pluo immédiate du commandement est de la rendre aussi solide et résistante que possible. Ce qui se passe de ce côté est fait, au surplus, pour nous inspirer confiance et mettre une sourdine aux radios, naguère encore si retentissants de Ludendorff.

Des autres fronts, je n'ai maintenant que quelques mots à dire. Les Anglais continuent à refouler les Turcs en Palestine et les Allemands vers les dernières hauteurs de Passchendaele. Celles-ci finiront par tomber toutes, à force d'être un peu plus, écrêtées chaque jour. Quant à la Macédoine, i dontj'aidéjà dit qu'il fallait se méfier, elle est encore calme, sauf du coté du lac d'Ochridp où les Germano-Bulgares se livrent à d tains remue-ménage sur lesquels il sei bon, je crois, d'avoir l'œil.

Lt-COLONEL ROUSSET

(Cl. Daily Mirror.)

Femmes de Palestine vendant des oranges aux troupes britanniques.

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