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LES RAISONS DU COMMANDEMENT UNIQUE

(21 Novembre.)

Nous ne savons pas exactement quel but poursuivent en Italie les armées austroallemandes. Entendent-elles se contenter des résultats acquis, plus ou moins développés encore, et stabiliser leur front là comme ailleurs, pour porter sur d'autres points un effort dont la disparition à peu près totale de la puissance militaire russe ne permet pas de négliger la portée? Ou bien veulent-elles essayer de réduire définitivement notre alliée latine à l'impuissance? C'est ce qu'il est encore impossible de discerner à travery les combats assez confus, mais très durs, qui se livrent depuis le lac de Garde jusqu'à la Piave. Toujours est-il que l'ennemi, contenu partout dans la montagne, ne réalise, en plaine, que des progrès extrêmement lents, lesquels, tout permet de le croire, seront enrayés aussitôt que pourront entrer en ligne les troupes de renfort.

Mais la guerre générale a pris un développement qui nous engage à ne point concentrer notre attention sur un front unique, fût-il seul en pleine action. La ligne de bataille s'étend depuis la Mésopotamie jusqu'à la Flandre d'une façon presque continue, interrompue seulement par la Suisse, dont la neutralité est devenue singulièrement fragile, depuis que les conventions internationales n'ont plus qvi'une valeur fiduciaire aux yeux d'un potentat qui se croit tout permis. L'affaire italienne constitue à proprement parler un incident dans la lutte universelle. Il peut s'en produire d'autres, et d'une façon soudaine, pour peu que la volonté qui dirige souverainement les armées impériales juge opportun de les soulever.

La Macédoine est un des objectifs qui peuvent être visés. La Suisse en est un autre, au moins transitoire, et dont la mise sous

UjCOLONEL rousset

LA GUERRE AU JOUR LE lOUR

LES FAITS

Région de Cambrai. — Revenu de la surprise des premières heures, l ennemi commence à réagir très violemment contre la poussée britannique : les villages de Mœuvres et Fontaine-Notre-Dame, contre-attaques par des forces importantes, sont disputés dans de terribles corps à corps et finalement réoccupés par les Allemands.

En Italie. — La résistance de nos alliés continue à s'affirmer, aussi bien sur le plateau des Sept Communes qu'entre la Piave et la Brenta : plusieurs positions sont perdues et reprises au cours de la journée qui s'achève sans que les Austro-Allemands aient pu obtenir un avantage appréciable.

En Allemagne. — Destruction de la grande usine de Griesheim, prèsFrancfort, le plus grand centre de production du salpêtre, des explosifs et des gaz asphyxiants employés par l'artillerie allemande. Les morts se comptent par centaines.

Région de Cambrai. — Retour offensif des troupes britanniques sur Mœuvres, Bourlon, le bois de Bourlon et Fontaine-Notre-Dame: les réserves allemandes amenées sur ces positions réussissent à les conserver en partie après une lutte acharnée.

« Les 30 tanks dont les débris gisent devant le seul village de Fontaine, donnent, dit le communiqué allemand, une idée de l'intensité de la lutte et des efforts déployés dans l'attaque et la défense. »

En Italie. — La bataille continue sur le plateau d'Asiago et surtout entre la Piave et la Brenta : attaques et contre-attaques se succèdent sans amener de changement appréciable dans la situation. « Depuis le 13 novembre, dit une note officieuse de Rome, on combat sans trêve ci l 'nnemipaye, de pertes très graves l'acharnement de ses assauts. Une cinquantaine de bataillons entrent en ligne tour à tour pour maintenir l'effort au plus haut degré de violence. »

séquestre abovitirait à liiivestissEment complet de nos frontières d'abord, puis ouvrirait de nouvelles routes d'invasion. Nos voisins, sans doute, ne sont aucunement disposés à se laisser fouler par les hordes barbares dont ils connaissent la hideuse brutalité. Mais s'ils sont un peuple courageux, ils sont aussi un petit peuple, dont les moyens sont limités, et qui, devant le colosse germanique, serait bientôt obligé de céder.

Je ne veux pas dire, certes, qu'il s'agisse là d'une éventualité imminente, mais seulement d'une possibilité qui s'impose à notre . attention. Les vastes desseins de l'Allemagne n'ont guère été contrecarrés par une longue suite d'accidents, ni même par le plus grave de tous, qui fut l'entrée en jeu de l'Amérique. Bien plus, l'anéantis-

sement de la puissance militaire russe ! favorise aujourd'hui grandement. Sache donc qu'ils peuvent reprendre toute le envergure, s'ils ne rencontrent pas deva : eux une opposition concertée.

Or, cette opposition, comment la dr^ ser tant que manqueront une directi et une volonté uniques? Ah 1 je sais fort bien que nous avons connu autrefois de pires dangers, quand la Révolution fra çaise, ayant toutes les monarchies à s trousses, était obligée de faire face s quatre frontières à la fois. Mais, alors, i: avait à Paris un organe central isate dont le moteur était aux mains d'un homi qui s'appelait Carnot, en attendant généra^ Bonaparte. Quand l'histoire répète avec une pareille insistance, est permis d'oublier ses leçons?

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