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LES ANGLAIS DEVANT CAMBRAI

(22 Novembre.)

Nos amis anglais, dont la méthode avait jusqu'ici donné des profits incontestables, viennent d'en inaugurer une autre, qui en donnera peut-être de plus considérables encore. Elle consiste à foncer sur l'ennemi sans crier gare, dans l'endroitoù il se croit le mieux à l'abri, et à pénétrer en trombe dans ses lignes. C'est fort simple, comme vous voyez. Seulement, il y a la manière, et je crois que, dès leur début, les soldats du maréchal Haig ont trouvé le moyen d'y exceller.

Hier, le communiqué anglais, avec un^ modestie qui l'honore, mais qui nous trompés, se contentait d'annoncer qu'um série d'opérations heureuses avait entamée entre Saint-Quentin et la Scai Il s'agit de beaucoup mieux que cel puisque, comme l'indiquent très nel ment les renseignements complémentaii c'est la ligne Hindenburg elle-même, a^ ses sept fronts successifs, ses redoutes hér sées de mitrailleuses, ses fossés énormt et ses escarpes bétonnées, qui a été enfoncée

LtCOLONEL ROUSSET

<hi côté de. Marquion, entre Arras et

(ambrai, sur un front de onze kilomètres

\ iron et une profondeur de six à huit.

^'e côté était, depuis quelque temps,

-07, tranquille, car l'activité qui s'y ma-

!i lestait naguère s'était déversée sur

Passchendaele. L'ennemi, qui se croyait

sécurité derrière sa cuirasse de terre,

fanterie suivait, en lignes mmces et successives, pour achever de faire place nette et s'installer sur le terrain. Les Allemands, surpris, éboustoufllés, éperdus, n'ont pu résister à cette trombe. Nous saurons bientôt quels ravages elle a produits dans leurs rangs.

Ainsi nous apparaissent, dans un exemple

(Cl. Wyndham.)

Tank embourbé après la latte autour de Cambrai.

envoyait se reposer là ses divisions fatiguées, lesquelles, naturellement, apportaient à se garder une certaine nonchalance. De celle-ci, les Anglais ont profité largement pour organiser silencieusement leur attaque, si bien que leur marche n'a été éventée que lorsque déjà elle était près d'aboutir.

Ce sont les tanks qui, paraît-il, ont fait la première partie de la besogne. Derrière eux une rangée de gros canons, demeurés d'abord silencieux, pour ne point donner l'alarme, étaient prêts à déchaîner un ouragan de mitraille aussitôt que les monstrueux rouleaux, débouchant de leurs abris, seraient près d'aborder l'adversaire. L'in-

topique, toute la valeur d'un secret bien gardé et les effets insoupçonnés que peut donner la diversité adroitement exploitée des procédés tactiques. Aux formidables préparations d'artillerie que l'on croyait indispensables, et qui exigeaient de fabuleuses consommations de munitions, peut donc, à l'occasion, être substitué le simple déclenchement d'une ruée soudaine, imprévue, mais coordonnée dans ses phases diverses. Ce mode d'action est aussi irrésistible que l 'autre, et donne, à moins de frais, des bénéfices tout pareils. Laseulecondition est qu'il soit organisé dans l'ombre. Avis à ceux qui se persuadent qu'existe seule au monde le puissance exclusive du canon.

Lt-COLONEL ROUSSET

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