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LA METHODE ANGLAISE

(27 Juin.)

Bea u frère. )

Sans en venir aux grandes actions, dont il faut attendre le moment et qui nécessitent toujours une préparation formidable, nos amis anglais, avec une remar- <juable méthode et une opiniâtreté inlassable, donnent à l'ennemi assez de tablature pour l'inquiéter pas mal et le fatiguer beaucoup.

T.eur activité est de tous les instants et de tous les lieux. En Belgique-, — ce sont les Allemands qui le constatent euxmêmes, — ils bombardent avec vigueur les côtes, la région des Dunes, celle qui s'étend entre l'Yser et la Lys. En d'autres endroits, ils lancent des pointes dans les tranchées boches bouleversées par l'artillerie ; ils achèvent de les ruiner et les nettoient à la fois de leurs occupants et de leur matériel. Enfin, ils viennent encore de faire de très appréciables progrès au sud de Lens, notamment par la prise du village de la Coulotte et sur les deux rives de la Scarpe.

Il est évident que leur but est d'envelopper cette dernière ville par des cheminements latéraux, et nous devons reconnaître que, si ce procédé est un peu lent, il est aussi parfaitement expédient et raisonnable. Une attaque directe coûte cher, et pour l'assaillant, et pour la cité t'ile-même. Or, il est des économies à faire, toutes les fois qu'on le peut. D'autre part,

Lens étant devenue un des pivots de la défense allemande, la menace constante dont elle est l'objet oblige à y maintenir des forces qui, pendant ce temps-là, ne servent pas ailleurs. Pour toutes ces raisons, le système adopté parl'État-major anglais se recommande à notre approbation. Nous savons du reste qu'il comporte aussi, à certaines époques, de très brillants coups d'éclat.

Il irrite en tout cas les Allemands, dont les bulletins ne respirent plus beaucoup d'assurance et qui semblent se demander de quel côté l'orage doit finir par éclater. Lundi, sans doute pour percer cette obscurité, ils ont lancé, au sud-est d'Ypres, une assez forte reconnaissance. Mais, comme celle-ci a été repoussée à coups de mitrailleuses, ils sont toujours dans le même état d'incertitude et de préoccupation.

Continueront-ils maintenant leurs infructueux efforts contre le Chemin des Dames et le plateau de Lafïaux? On peut s'y attendre, d'après la persistance de la lutte d'artillerie dans ces parages, et parce que cette façon de taper à tour de bras est tout à fait dans la manière du kronprinz. En Argonne, à Verdun, en Champagne, il a toujours opéré de même. Pour changer maintenant d'allure, il faudrait qu'il fût capable de raisonnement. Or, tout ce que nous savons de lui est antinomique à cette

U-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

27 JUIN (suite)

En Alsace. — Echec d'une tentative allemande sur un saillant de nos lignes à Wattwiller, au nord-est de Thann.

Sur mer. — Perte du croiseur cuirassé Kléber qui heurte une mine et sombre dans l'Atlantique, au large de la pointe Saint-Mathieu. Le Kléber venait de Dakar et se rendait à Brest où il devait être désarmé', conformément aux indications de l'ordre du jour voté par la Chambre des députés à propos des navires qui n'ont plus une valeur militaire suffisante. Il y a 38 morts dont 3 officiers.

Le paquebot Mongolia soinbre également sur une mine, mais dans des parages où la présence de ces engins est plus difficile à expliquer : le navire coule dans les eaux du Bombay et si la mine n'a pas été semée par quelque navire neutre complice des Allemands, on Voit qu elle a parcouru, à la dérive, des distances considérables.

Pourquoi nous nous battons? — Le général Pétain, commandant en chef les armées du Nord et du Nord-Est, le rappelle « aux Poilus de France >', dans an article que publie le Bulletin des Armées, et où il passe en revue les origines de la guerre, l'attitude de la France devant l'agression préméditée de l'Allemagne et les ambitions pangermanistes ; il dénonce le piège des propositions de paix des empires centraux et conclut que chacun, selon ses moyens et dans sa fonction, doit continuer à faire son devoir, tout son devoir.

En Mésopotamie. — Après la prise de Samarra par les Anglais, les Turcs ont continué leur retraite vers le nord jusqu'à Tel^rit qui est à une cinquantaine de kilomètres de Samarra e/ à 190 kilomètres de Bagdad. Leurs camps ont été bombardés par les qviateurs britanniques dans la journée d'hier. Des incendies y ont été allumés.

métamorphose. Tenons donc ferme le bouclier qui nous a préservés de ses coups

jusqu'ici, et qui les parera aussi solidement dans l'avenir.

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