MANŒUVRES EN GESTATION
(28 Novembre.)
L'ne dépêche de Rome, d'ailleurs assez nébuleuse, annonce que l'ennemi a commencé, dimanche, les préparatifs d'une nouvelle opération dans les massifs montagneux. Il s'agirait pour lui de déboucher coûte que coûte dans la plaine et de déborder la ligne de la Piave, qui ne se laisse point entamer. Nous ne doutons pas vin seul instant que telles soient bien . ses intentions. Mais nous ne sommes pas aussi sûrs qu'il puisse les réalissr facilement.
La guerre de montagnes est, en tout temps, pénible et ardue. Elle a ses procédés à elle, que seules pratiquent congrument des troupes spéciales, constituées et éduquées ad hoc. Elle exige des connaissances particulières, dont la pratique a fait autrefois la réputation d'un Lecourbe, et plus
anciennement d'un Berwick, mais ^ont l'ignorance a perdu SouwarofE. J'ai tout lieu de croire que ces connaissances sont plus répandues, et pour cause, chez les Italiens que chez les Allemands.
Mais quand des opérations déjà fort raalaisées par elles-mêmes se compliquent de certaines difîicultés inhérentes aux rigueurs de la saison, elles risquent fort de devenir impraticables. Elles le sont même d'une façon à peu près absolue quand elles comportent, comme dans le cas actuel, la mise en train d'un personnel considérable et d'un énorme matériel. L'artillerie lourde ne chemine pas dans les sentiers de chèvres, surtout encombrés de neige, et les voies ferrées de o«',6one se taillent point dans le roc, à moins d'y mettre beaucoup de temps. Enfin, une manoeuvre débordante.
Li-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
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En Champagne. — Dans la soirée l'ennemi tente, avec de gros effectifs, un coup de main au nord du mont Cornillet ; malgré le bombardement rapide et violent dont il a fait précéder l'attaque, il est repoassé avec de fortes pertes.
Dans l'Adriatique. — Quatorze unités légères autrichiennes attaquent la côte italienne sur piusieurs points entre Porto-Corsini et Pesaro. Repoussés par les trains armés de la défense elles se replient rapidement sur leur base et parviennent à échapper aux torpilleurs italiens qui se dirigent Vers Pola pour leur couper la retraite.
Paris. — Réception de M. Venizelos à l'hôtel de ville : « Paris salue en vous, lui dit le préfet de la Seine, un horrune qu'il cormaît, qu'il aime et lui offre ce présent délicat, spontané et personnel: la popularité. » M. Venizelos déclare qu'il espère conduire la Grèce, par le chemin du devoir, au triomphe final.
s'efïectuant par les sommets qui dominent la Vénétie occidentale ou la plaine lom- "barde, entraînerait une extension du front "tout à fait disproportionnée avec les effectifs dont disposent les Austro-Allemands.
On a parlé des neuf divisions de von UlIow, qui seraient chargées de faire ce travail. Certains lui en ont même accordé vingt-deux, et d'autres trente, ce qui était fantasmagorie pure. Le seul fait certain est que ces contingents allemands, qui avaient d'abord été puissamment aidés par la manœuvre occulte et, j'ose dire, extra-militaire à laquelle est dû l'abandon par les Italiens de la ligne de l'Isonzo, ne ■sont parvenus, militairement cette fois, ni à envelopper cette armée, ni même à la forcer sur la Piave, ligne de défense cependant assez médiocre en raison de sa configuration. On m'objectera que d'autres peuvent venir de Russie. Evidemment. Mais j'imagine que si la stabilité du léninisme n'inspirait pas certaines méfiances, ces renforts seraient déjà là. A côté des stupides bochi-
En Belgique. — Attaque allemande sur les tranchées belges du voisinage d'Aschoop, c'est-à-dire à l'ouest de la forêt d'Houthulst,au point de soudure des lignes françaises et belges.
Conférence des alliés. — Séance d'ouverture : 'Les pays représentés sont la Belgique, le Brésil, la Chine, Cuba, les Etats-Unis, la France, la Grande- Bretagne, la Grèce, l'Italie, le Japon, Libéria, le Monténégro, le Portugal, la Roumanie, la -Russie, la Serbie et le Siam. M. Clemenceau, président du Conseil, souhaite la bienvenue à tous ceux « que le sentiment d'une suprême solidarité des peuples réunit pour conquérir sur les champs de bataille le droit à une paix qui soit vraiment d'humanité. Nous sommes tous ici une magnifique rencontre d'espérances, de devoirs, de Volontés, en accord pour tous les sacrifices. »
Marines alliées. — La création d'un Conseil naval interallié est décidé.
sants de Petrograd, il y a une Russie qui n'est point encore morte, et il subsiste, quelque part dans le sud, des troupes que le virus maximaliste n'a pas toutes empoisonnées. On le sait à Berlin, et c'est pourquoi on ne se presse pas trop de considérer le front oriental comme définitivement libéré. En quoi, ce semble, on agit prudemment. Je ne veux pas dire, certes, que nous puissions, en cette heure grave, demeurer sans garde contre les tentatives dernières et les suprêmes efforts que tentera certainement, soit d'un côté, soit de l'autre, la coalition germanique, pressée d'en finir et qui redoute les interventions à venir. C'est affaire, précisément, au conseil interallié qui va se tenir prochainement, de prendre toutes les précautions que commande la situation présente et de prépare^ les parades nécessaires. J'entends seulement que les dangers dont on parle, et qui, si j'ai bonne mémoire, ont été déjà plusieurs fois évoqués, ne me semblent pas absolument imminents.