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LA VOIX DU CHEF

(28 Juin.)

Il semble qu'à l'heure actuelle, les Allemands ne soient plus capables de résister à une attaque brusquée et que tout choc imprévu les fasse immédiatement plier.

Ils ont été débusqués, par les Anglais, en un tour de main, de certaines positions importantes qu'ils occupaient au sud-ouest de Lens. « Ils se sont retirés, écrit le correspondant de l'agence Reuter, devant nos hommes qui ne trouvaient que des tranchées et des abris déserts. »

Ce qui s'est passé en avant d'Hurtebise, sur le Chemin des Dames, est plus caractéristique encore. Il y avait là une vaste caverne, profonde de 300 .mètres et large d'une centaine qui, avec ses mitrailleuses, ses embrasures surélevées et ses nombreuses ramifications, formait à la fois place d'armes, réduit de la défense et point d'appui éventuel pour l'offensive. Violemment assaillis et surpris dans leur quiétude, les hommes qui l'occupaient ont à peine essayé de lutter, et bientôt se sont rendus au nombre de 340, dont 10 ofl&ciers, avec 9 mitrailleuses, leurs munitions et les magasins qu'ils étaient chargés de garder. Qui ne voit, par ce double exemple, comme par le constant échec des contre-attaques, que nos ennemis, s'ils conservent encore la cohésion mécanique du rang quand ils

sont poussés de l'avant par masses, ont perdu beaucoup de cette force latente que les bataillons restés solides ne cessent d'accuser devant le danger?

Depuis quelque temps, les Allemands, chaque fois que les alliés foncent sur eux avec vigueur, sont obligés de leur céder le terrain. Les coups de pointe que nous leur portons, sur la Scarpe, dans le Laounois, en Champagne, en Italie, — où les Autrichiens se font assez sévèrement malmener sur le plateau d'Asiago, — sont pour eux l'occasion d'un recul. Recul partiel, il est vrai, et restreint, mais recul tout de même. Et quand, ensuite, ils en viennent à l'effort contraire, ils échouent pitoyablement .

Telle est la conclusion à -tirer, en bloc, des derniers événements militaires qui, s'ils ne sont pas très sensationnels, donnent au moins l'impression, de notre côté, d'un ascendant moral indiscutable et d'une supériorité grandissante. Le moment serait bien mal choisi, vraiment, pour écouter les roulades enrouées de la flûte pacifiste, et laisser fléchir notre bras, au lieu de le raidir encore plus.

Une gi-ande voix vient de se faire entendre, qui rappelle l'armée et la France — c'est tout un — au sentiment exact des

U-COLONEL ROUSSET

O Cl. Boyer.)

J<etonr de troupes de première ligne dans un cantonnement de soutien.

yt ] f r (Cl. Beaufrère.)

1 anK français franchissant une tranchée au-dessus d'un poste de commandement.

Lt-COLONEL ROUSSET

Rive gauche de la Meuse. — Attaque allemande menée par des troupes spéciales d'assaut, sur un front de 2 kilomètres à l'ouest de la cote 304; l'ennemi parvient à prendre pied sur quelques points de notre première ligne.

Région de Lens. — Les troupes britanniques atteignent les abords du village d'Avion.

En Grèce. — Arrestation de plusieurs des « réservistes » connus pour être les assassins des marins français séparés de leur détachement, dans la journée du \^^ décembre 1916. Ces hommes seront jugés par un Conseil de guerre français.

Sur mer. — Le contre-torpilleur Doxa, navire i.rec monté par un état-major et un équipage français, sombre à la suite d'une explosion : il y a 29 morts.

Sénat. — Vote de la loi Mourier sur l'envoi dans les formations combattantes des officiers, sous-officiers et soldats de l'armée active et de sa réserve.

Au nord de l'Aisne. — Vifs combats dans la région de Cerny: nos positions au nord-est du village, assaillies par des forces importantes, sont plusieurs fois prises et reprises et les Allemands parviennent à nous enlever quelques tranchées.

Front britannique. — Au sud de Lens, les Anglais occupent Avion.

Sur mer. — Le sous-marin allemand réfugié à Cadix, il y a quelques semaines, est autorisé par le gouvernement espagnol à reprendre la mer, mais un décret royal interdit désormais aux sous-rr.arins des puissances belligérantes l'accès des eaux et des ports espagnols.

Dans la mer Noire, le croiseur Breslau, qui n'avait pas été revu depuis longtemps, s'approche d'Odessa et détruit un phare à coups de canon.

En Palestine. — Le général Allenby prend le commandement du corps expéditionnaire devant Gaza.

nécessités actuelles, et leur indique où est le devoir. Nous nous battons, écrit le général Pétain, non seulement parce qu'une provocation brutale, suivie des pires abominations, nous y oblige, mais aussi « parce que ce serait un crime de trahir, par une honteuse défaillance, tout à la fois nos morts et nos enfants ». Que ces mâles paroles soient entendues dans les camps, dans

les rues de nos villes, dans les champs où travaillent ceux et celles qui ont la charge de nous nourrir. Leur écho généreux et puissant étoufïera les clameurs monstrueuses qu'essayent de pousser quelques misérables ou de fnalheureux égarés.

Et en réconfortant les âmes, elles leur montreront sur l'horizon les premières lueurs qui s'élèvent de la victoire à venir.

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