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LES PROBLEMES DU JOUR

(5 Décembre.)

Il paraît que la conférence interalliée ne nous donnera pas le chef unique que nous avons tant de raisons de souhaiter. Des empêchements dirimants s'opposent sans doute à cette solution pourtant si simple et si logique. J'avoue les comprendre assez mal et regretter qu'on n'ait

pas pu les faire céder à des nécessités dont la rigueur impérieuse domine tout le reste. Mais les doléances ne changent point le fait acquis.

Maintenant, l'unité de direction, dont tout le monde comprend l'importance souveraine, et qui, sous une forme ou

Tracteurs remorquant des gros canons -britanniques.

(Cl. Roi.)

Pendant la ret

Les Allemands, revenus du. grand coup que leur avait porté l'audacieuse offensive du général Byng, contre-attaquèrent avec fureur. Ils amenèrent, en hâte, de grosses réserves et, comme toujours, sacrifièrent leur « matériel humain ». Nos alliés, obligés de céder une partie du terrain si vaillamment conquis, le firent chèrement payer à

de Cambrai

iversaire. Il fallait surtout sauver l'artillerie qui avait suivi la progression des rupes. Dans un village, où de gros canons étaient restés, des hommes s'attelèrent aux >fes et les entraînèrent, tandis qu'à quelques mètres de là, leurs camarades de Vinfan- '\e se sacrifiaient pour arrêter l'ennemi pendant le temps nécessaire à l'évacuation.

Ll-COLONEL ROUSSET

SOUS une autre, est universellement réclamée, — je n'en veux pour preuve que les paroles prononcées par le colonel House, — cette unité d'action peut-elle être réalisée autrement que par la création d'un généralissime? Oui, au moins dans une certaine mesure, si l'on confère au comité de guerre permanent des pouvoirs qui ne soient pas seulement de forme, en même temps que les moyens d'exercer ceux-ci. Il va sans dire que l'opération est plus difficile que celle qui consisterait à condenser l'autorité suprême en une seule main. Mais il faut savoir se contenter de ce qu'on a, quand on n'a pas ce qu'on désire.

Le comité de guerre est un organe imparfait, un bureau d'études beaucoup plus qu'un véritable dispensateur de forces. Cependant, si ses attributions ne doivent pas se borner à donner des indications que chacun sera libre ou non de suivre, comme on nous l'a d'abord laissé entendre, il pourra rendre des services. Et qui sait si, lorsque auront apparu les bénéfices donnés par ce premier essai de coordination, on ne se décidera pas à reconnaître qu'il serait possible d'en obtenir de plus grands en exploitant intégralement l'idée qui a présidé à sa création? Les réformes, dit-on, s'enchaînent les unes aux autres. En étant encore aux premières, nous attendons de la force des choses celles qui doivent suivre inévitablement.

Il n'est pas douteux que, malgré ses

succès apparents et les gages qu'elle possède encore, la coalition germanique ne se sente atteinte profondément. Elle a fait en Italie un très gros effort, qui se trouve enrayé pour un temps indéterminé. Elle vient d'en faire un autre, très considérable aussi, en Flandre, où elle n'a obtenu que des résultats infinitésimaux qui furent extrêmement coûteux. La Turquie est terriblement ébranlée, et la Bulgarie semble se tenir quelque peu sur la réserve. Peut-on croire qu'en d'autres temps, et si les Allemands étaient plus sûrs d'euxmêmes, ils mettraient tant de hâte à faire le geste h-'imiliant qui les rapproche des étranges émissaires que Lénine leur envoie ? Quelques sovietistes, escortés d'un matelot et d'un soldat réfractaire, tels sont les plénip ^tentiaires dans la main desquels les g( léraux du kaiser sont obligés de mettre la main ! Voilà à quelles singulières compromissions oblige le désir passicnné d'obtenir à tout prix la paix.

Prenons-y garde cependant. Cette paix, même caduque et boiteuse, pourrait être pour nous une source de périls, si nous ne nous cuirassions d'avance contre ses conséquences. Il ne faudrait pas que les Austro- Allemands, stabilisés sur le front italien, pussent organiser quelque chose ailleurs, après avoir détourné vers les plaines vénitiennes une partie de nos forces, réduites à faire là du stationnement comme l'armée de Salonique. Il sera bon

(Cl. Central News.)

Transport de blessés sur le front britannique.

Li-COLONEL ROUSSET

également de nous garantir, par une fabri- . -ition intensifiée, contre la pluie d'avions e l'ennemi s'apprête à nous jeter au print' mps sur le dos. C'est seulement en prévoyant les aventures qu'on peut se garantir

contre elles. Le comité de guerre ne manque donc point de besogne, et M.* Clemenceau, ministre de la Guerre, a largement de quoi exercer sa perspicacité et l'esprit de décision que nous lui connaissons tous.

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