‹ La Guerre au jour le jourChapitre 200 sur 360 · POUR REPRENDRE LE SYSTÈME HINDENBURG · texte numérisé non relu

POUR REPRENDRE LE SYSTÈME HINDENBURG

Les Allemands, n'ayant pu restaurer complètement la partie de la ligne Hindenburg qui avait été échancrée par le général Byng, ont essayé de détourner au moins la menace qui continuait à peser sur Quéant, point de charnière entre leurs défenses de l'Artois et celles du Cambrésis. Dans la journée de mercredi, deux fortes attaques, bientôt suivies d'une troisième, ont été lancées contre Bullecourt d'abord, au sud-est de Croisilles, puis contre Riencourt-lez-Cagnicourt, qui se trouve un peu plus à l'est, sur la route de Croisilles à Marquion. Elles ont été successivement brisées, après une lutte violente. Il ne reste à l'ennemi qu'un petit élément de tranchée, d'ailleurs à peu près nivelé, qui formait saillant et se trouvait par suite tout particulièrement exposé.

La tentative du prince Ruprecht est donc manquée et ne va point sans coûter d'assez grosses pertes. Il n'en est pas moins

vrai que l'opinion; en Angleterre, se préoccupe des événements récents dont, comme il arrive assez souvent, elle grossit un peu trop l'importance. Assurément, le général Byng n'a pas obtenu tout ce qu'il était en droit d'espérer de son coup de surprise, mais il en a tout de même retiré certains bénéfices, et tous les efforts de réaction allemande ont été impuissants à l'en priver. Ne nous étonnons pas si ce demi-échec a pris, dans l'esprit du peuple allié, des proportions qui rappellent à notre souvenir les affaires de l'Aisne, au mois d'avril dernier. La masse s'émeut davantage quand elle est déçue dans ses espérances que quand elle se trouve en face d'un véritable revers. Le fait est qu'hier, aux Communes, M. Bonar Law a annoncé l'ouverture d'une enquête ou tout au moins- la demande au maréchal Haig d'un rapport circonstancié. C'est, je crois, la meilleure façon de mettre les choses au point et de calmer, par

(Cl. Boyer.)

Le quartier juif à Jérusalem avec ses coupoles de pierre.

Lf.COLONEL ROUSSET

Sous les mui

a>!?%. «••^ft.i—

Le 9 décembre 1917, deux j'oars avant d'entrer dans la Ville-Sainte, le général Allenî reçoit les délégués turcs qui lui confirment la reddition de la cité. Les contingent

de Jérusalem

ranco-italiens, accompagnant l'armée britannique, sont représentés à l'entrevue. Point l'apparat, ni de déploiement de forces ; c'est une libération et non pas une capture.

l'exposition sincère et exacte des faits, des excitations qui ne sont pas toujours légitimes. Si cette procédure avait été adoptée ici, d'une façon suivie, on se serait peut-être épargné des modifications parfois un peu trop brusques dans le commandement et surtout certains affaissements de l'arrière qui, bien qu'essentiellement passagers, n'en furent pas moins très fâcheux.

Je mentionne maintenant une nouvelle attaque autrichienne contre les positions italiennes comprises entre la Piave et la Brenta, non point qu'elle ait eu un succès quelconque, mais parce qu'elle nous est signalée par un communiqué qui

fait mention de forces allemandes importantes qui y auraient pris part. Il est possible que ce soit là simplement un terme générique désignant d'un mot l'ennemi germanique. Tedeschi, comme disent nos alliés. Mais il est permis également de supposer qu'Hindenburg, dans l'espoir de mettre finalement hors de cause une armée qui l'oblige à garder en Occident un front très étendu, n'ait remis von Beîow en action, avec peut-être encore quelques divisions de renfort. Un avenir prochain nous dira quelle est la plus juste hypothèse. Il faut, en attendant, que nous serrions notre jeu.

Page 1