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LA BATAILLE ITALIENNE

(23 Décembre.)

Un seul événement mérite d'être mentionné. C'est celui qui a été annoncé hier à la Chambre italienne, à savoir la reprise par les Italiens du monte Asolone, qui leur avait été enlevé le i8 courant. Il constitue une des avancées du monte Grappa, dont la possession est, depuis deux semaines, chaudement disputée.

L'événement a donc une réelle importance, et montre que l'ennemi a beau multiplier les efforts, il n'arrive pas à enfoncer la barrière qui défend la plaine de Bassano.

Or, tant que ce résultat n'aura pas été obtenu, — et il paraît de plus en plus problématique, — les Allemands ne pourront guère compter sur leurs acolytes pour corser la grande attaque qu'ils méditent contre le front franco-anglais. Ils devront faire leur deuil des troupes impériales et royales austro-hongroises qu'ils comptaient ranger sous leur bannière. Si désireux qu'ils soient de n'avoir plus à combattre

que sur un seul front, qui est le nôtre, ils devront avoir l'œil sur celui d'Italie, où le moindre recul des troupes coalisées aurait pour réponse inévitable, de la part des alliés, une contre-offensive immédiate et vigoureuse. Mais alors, que restera-t-il à Hindenburg, les Autrichiens étant écartés comme les Bulgares et les Turcs ? Des Allemands sans doute, et en assez grand nombre, mais qui ne vaudront peut-être pas, tout de même, ceux à qui nos soldats indomptables ont barré la route à Verdun. La résistance italienne a donc une portée considérable, et en la consolidant, nous n'avons pas fait simplement acte de solidarité, d'amitié et de camaraderie. Nous avons travaillé ' et nous trayaillons pour nous-mêmes ; car un des piliers de notre propre défense est ce monte Grappa, autour duquel se livrent tant de furieux combats. Nous sommes en droit d'espérer, d'après la tournure que prennent les choses, qu'il n'est pas près de succomber.

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