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LA MISERE EN RUSSIE

Général dans l'armée russe sous l'ancien régime, habitué aux honneurs que

comportait son rang, il est réduit maintenant, pour vivre, à vendre des journaux

dans la rue. Heureux encore, s'il peut ainsi se procurer du pain.

t-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Verdun. — L'ennemi attaque à deux reprises nos positions du bois des Caurières et parvient à les aborder, mais il en est rejeté après un vif combat et laisse un grand nombre de cadavres sur le terrain, entre les deux lignes et dans nos fils de fer.

Marine britannique. — L'amiral Jelliccë est remplacé comme premier lord naval par l'amiral sir Rosslny Wemyss.

A Brest-Litovsk. — L'Allemagne, V Autriche- Hongrie, La Turquie et la Bulgarie remettent leur réponse écrite à la déclaration russe du 22 décembre sur les conditions générales de paix.

Les puissances de la Quadruplice acceptent en principe la formule de la paix sans annexions territoriales opérées par la force et sans indemnité de guerre. Les termes en sont assez élastiques pour ne pas les gêner dans les revendications qu'elles vont bientôt préseiiter.

Paris. — Discours de M. Pichon, ministre des Affaires étrangères : il déclare impossible pour la France de reconnaître le gouvernement de Petrograd qui s'est substitué par l'émeute au pouvoir issu de la révolution russe et qui a violé non seulement les obligations de notre alliance, mais les obligations internationales jusqu'alors considérées comme les plus sacrées.

En ce qui concerne la guerre : « Nous ne sommes pas de ceux, dit le ministre, qui peuvent se faire des illusions sur les véritables desseins de l'Allemagne : ou bien les négociations russes aboutiront et ce sera la capitulation de la Russie; ou bien elles échoueront: dans les deux cas, pour nous, nous ne devons pas nous le dissimuler, la guerre continuera. »

En Palestine. — Combats au nord de Jérusalem: les troupes britanniques réalisent une avance de près de 4 kilomètres sur un front de 1 5 kilomètres.

attaques sur les Sept Communes. Dimanche encore, les troupes de Hoetzendorf, appuyées peut-être par celles de von Below, se sont ruées contre le secteur est du plateau d'Asiago et, à la faveur d'un bombardement furieux, ont obligé les alliés à abandonner leurs preniières lignes, complètement nivelées. Mais les secondes ont résisté, et une puissante contreat que à surgi, dont nous ne connaissons pas encore les résultats, bien que le premier de ceux-ci, et le moins aléatoire, soit un grand retard apporté

à l'avance suri laquelle on comptait.

Enfin, Boroevic, qui s'obstinait à vouloir passer la vieille Piave, a été rejeté sur la rive gauche, pour la troisième ou quatrième fois. La bataille, dans son ensemble, est donc fort dure, pénible et longue. Elle dérange certains plans dûment arrêtés.

Elle nous permet, par sa persistance, de nous apprêter à briser la ruée qui menace. Et voilà pourquoi Guillaume II se voit obligé de mêler à ses claironnements quelques notes en sourdine, assez pénibles à son orgueil.

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