‹ La Guerre au jour le jourChapitre 222 sur 360 · HAUT LES CŒURS · texte numérisé non relu

HAUT LES CŒURS

(3 Janvier.)

J'ai trouvé aujourd'hxii dans mon courrier la lettre que voici d'un simple poilu, « au front depuis trente mois, tlessé deux fois, cité à l'ordre de la division, décoré de la croix de guerre ». Ce brave garçon, que je ne connais pas, a bien voulu m'adres-

ser ses souhaits de nouvelle année. Il y ajoute ces quelques phrases jaillies du cœur, et si belles dans leur fruste éloquence : « Je forme des vœux pour que l'année igi8 nous apporte la paix glorieuse tant désirée par tous. Nous avons

(Cl. Uy..)

Braves décorés par le général Maistre après ta reprise du Monte Tomba.

Un nouvel outrage ail

Dans la nuit du 4 janvier 1918, les Allemands ajoutaient à la longue liste de leur crimes un nouvel acte de banditisme. Le « Rewa », navire-hôpital transportant de blessés, était torpillé et coulé par un sous-marin dans le détroit de Bristol. Le bateai naviguant tous feux allumés avec les signes extérieurs recommandés par la Conventio

land à la Croix-Rouge

e la Haye, ne pouvait prêter à aucune confusion. Le forfait fut donc perpétré en toute mnaissance de cause. Grâce au sang- froid du capitaine et de son équipage, il y eût peu B victimes. Mais le fait reste le même et alourdit encore le fardeau d'iniquités dont s auteurs responsables auront à rendre compte au Jour du règlement définitif.

Lt-COLONEL ROUSSET

tous la conviction, mon colonel, que la France sortira victorieuse du grand conflit qui pèse sur le monde, et nous vous remercions de vos articles quotidiens. (Ici je passe sur ce qui m'est personnel). Nous vous savons gré de juger que les poilus de France sont assez courageux pour supporter des épreuves, en ayant le sentiment qu'ils sont capables de réagir contre ]a mauvaise fortune et que, finalement, rien ne peut résister à leur ténacité et à leur endurance. »

C'est à ces hommes que le général Pétain s'adressait hier quand il leur laiiçait cette mâle apostrophe : « Vous avezla ferme volonté de vous battre autant qu'il le faudra pour assurer la paix à vos fils, car vous savez que si le plus pressé réclame la paix, le plus persévérant en fixe les conditions. » On voit qu'il avait été entendu même avant d'avoir parlé.

Nos troupiers, fiers à juste titre de ce qu'ils ont fait, envisagent de sang-froid et avec fermeté ce qui leur reste à faire . Ils savent que la tâche est encore lourde, qui leur incombera demain. Mais ils -acceptent de la remplir, ayant confiance en leur valeur, qui s'est déjà affirmée en tant de circonstances. Ils seront, comme le grand chef le leur demande, patients et obstinés.

Toutefois, faisons attention que l'adjuration du général Pétain passe par-dessus leur tête pour retentir aussi dans les profondeurs de l'arriére. Ce ne sont pas seulement les hommes préposés à la garde de nos lignes qui doivent faire preuve d'endurance. Ce sont ceux d'ici, dont la solidité morale ne doit jamais fléchir.

Et puisqvie j'ai parlé de ma correspondance, me sera-t-il permis de dire qu'elle m'apporte quelquefois des doléances puériles ou mal fondées, au regard des grands devoirs qui nous sont dévolus à tous? Le fait est rare, je me hâte d'en convenir. Il ne l'est cependant pas assez pour que je n'aie pas le droit de dire à ces gens de peit de foi : « Tendez l'oreille vers le front ; entendez la rumeur confiante dont se fait l'écho la lettre que j 'ai citée plus haut. Obéissez, comme si vous étiez vous-mêmes des soldats, à l'invitation du commandant en chef de nos armées qui vous dit : « Il faut que la lutte continue. Le salut de la France l'exige ! » Et si le doute s'infiltre quelquefois dans vos âmes endeuillées,, songez que ceux qui se battent pour vous gardent au cœur l'assurance de vaincre, èi bien af&rmée dans l'ordre du jour du général Pétain avec lequel les phrases fuligineuses et tourmentées du kaiser font un contraste si grandement significatif. »

(Cl. Loys.)

Vae générale de Padoue, à 'nouveau bombardée.

Li -COLON EL ROUSSET

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