‹ La Guerre au jour le jourChapitre 229 sur 360 · OFFENSIVE OU DEFENSIVE · texte numérisé non relu

OFFENSIVE OU DEFENSIVE

(9 Janvier.)

Jamais les nouvelles militaires n'ont été plus concises ni plus pâles. Nous attendons, pour nous impressionner, la grande offensive que les Allemands ont annoncée, et nous nous préparons à la recevoir. Mais je ne suis pas bien sûr que nos ennemis fondent encore sur elle toutes les espérances qu'ils avaient d'abord conçues. Du moins peut-on juger, d'après certains symptômes, que la tournure prise par les événements ici, en Russie, en Italie et en Asie Mineure leur laisse quelques doutes à cet égard.

J'ai parlé, il y a deux jours, du discours significatif qu'a prononcé le prince Maxirailien de Bade. Voici qu'aujourd'hui Talaat pacha, un des plus fervents sectateurs du kaiser, laisse entendre qu'il n'est -pas sûr de reprendre la Palestine, et "demande que l'on veuille bien la lui rendre, tsinen pour lui, du moins pour le bien géné- Tal. « Il vaut mieux, dit-il en substance, -que les Lieux-Saints demeurent sous la ■domination d'un peuple neutre confession- ■îiellement, et les juifs eux-mêmes y trouveront leur compte. » J'avoue que ni eux ni les autres ne s'en étaient encore aperçus, depuis douze siècles que dure la domination des Osmanlis. Mais il faut que ceux-ci se sentent bien abandonnés de leurs tuteurs et maîtres pour en venir à ces sup- 3)lications.

Voici maintenant quelque chose de plus objectif. L'état-major allemand vient de promulguer un règlement concernant l'organisation des lignes, et il est conçu dans un esprit très nettement défensif. Il codifie les prescriptions dont j'ai déjà eu occasion de donner succinctement la teneur, et qui prescrivent l'échelonnement en profondeur, non seulement des troupes, mais de la fortification elle-même. Trois zones de combat sont constituées, la première pour se garantir de toute surprise, — on voit que la leçon de Marcoing a porté ; — la seconde pour former barrière ; la troisième pour permettre le jeu des réserves. L'établissement des deux dernières doit être confié à des travailleurs spéciaux.

Je n'ai pas à examiner la valeur du système. Elle dépend beaucoup moins du tracé des ouvrages que de la façon dont ils seront occupés et défendus. Mais je ne peux m'empêcher de penser que cette profusion de tranchées, de fils barbelés et de mitrailleuses disposés en échiquier, semble viser beaucoup plus la défensive que l'offensive, laquelle a surtout besoin de terrains libres et d'espaces ouverts à la manœuvre.

A Verdun, les Allemands, qui voulaient vraiment nous enfoncer et comptaient bien y réussir, avaient plutôt dégagé qu ' encombré les avenues directrices de leurs attaques.

Ll-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Chambre des Députés. — M. Pichon, ministre des Affaires étrangères, déclare que le gouvernement qui s'est installé à Petrograd, n'a été reconnu ni par nous, ni par aucun de nos alliés.

« Ce gouvernement est entré en pourparlers de paix avec nos ennemis, il a, pour cela, rompunotre alliance, violé les traités qui liaient son pays au nôtre, usurpé, dans ses pourparlers avec l'Allemagne, le droit de parler en notre nom. Il a déclaré nulles les obligations de tout ordre contractées à notre égard; il a mis la main sur les succursales de nos établissements de crédit...

« Nous ne Voulons être mêlés en aucune façon aux négociations de paix du gouvernement maximaliste: c'est le jeu de l'Allemagne de nous y entraîner, nous en avons la preuve. Elle a fait pour cela toutes les tentatives possibles. Nous avons constamment refusé de nous y prêter et nous continuerons à ne pas nous y prêter. »

Rive droite de la Meuse. — Lutte d'artillerie suivie de deux tentatives allemandes sur notre front du bois Le Chaume. Malgré l'emploi de lance-flammes, l'ennemi est contraint de se retirer sous la violence de nos feux, après avoir subi des pertes sensibles.

Afrique Orientale. — La situation est résumée dans le communiqué britannique suivant:

« Ayant pénétré sur le territoire portugais à N'gomano, une faible force allemande, exténuée et manquant de vivres et de munitions, a remonté sous les ordres du général von Letton) la Vallée deLujenda, et capturé plusieurs petits postes portugais sur la ligne avancée. Les Allemands s: sont ensuite dispersés en groupes sur tout le pays entre M'Wembe,près du lac Nyassa, et la côte dans le voisinage de Port-Amélia.

« Les troupes anglaises montées ont suivi le mouvement allemand dans la vallée de la Lujenda, tandis que d'autres colonnes débarquaient à Port-Amelia. »

en dehors, bien entendu, des travaux d'approche effectués pour amener à pied d'œuvre le matériel et les munitions. Ici, il semble que l'on procède à l'inverse.

C'est sans doute qu'on a moins d'assurance préalable et qu'on redoute, après un premier échec, la bousculade qui pourrait tout renverser.

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