DANS LES ENTR'ACTES
(10 Janvier.)
Une activité relative semble reprendre sur quelques parties du front, particulièrement en haute Alsace. D'une façon générale, c'est l'artillerie qui', seule, est en action. Toutefois, deux rencontres d'importance variable, se sont produites entre troupes d'infanterie, l'une en Artois, devant Bullecourt, l'autre en Lorraine, aux environs de Seicheprey.
La première, au dire des Allemands, aurait été engagée par les troupes britanniques tandis que celles-ci disent formellement qu'elles ont été attaquées. On connaît leur véracité ordinaire. Elle est, dans la circonstance, confirmée par un certain nombre de détails qui font contraste avec la sécheresse voulue du communiqué germanique. La vérité est que l'ennemi a fait une tentative inutile et qu'il a dû finalement évacuer les quelques bouts de tranchées dans lesquels il avait d'abord pu pénétrer.
L'affaire de Seicheprey n'est pas beaucoup plus importante, mais elle est peutêtre plus significative. Il s'agit ici d'un point qui se trouve à quelque 25 kilomètres au nord de Toul, entre le Rupt de
Mad et la Moselle, c'est-à-dire en face d'une région où s'opèrent, assure-t-on, d'assez fortes concentrations allemandes. L'opération, si minime qu'elle soit, paraît donc avoir eu le caractère d'une reconnaissance, car on n'a point cherché à s'installer dans les positions de l'ennemi qui, d'ailleurs, étaient complètement bouleversées. Mais on a fait 178 prisonniers, et l'on a vu très probablement ce que l'on voulait voir. Je crois que nous aurons à enregistrer un certain nombre de petites affaires semblables, avant que se dessine le coup qu'avec peut-être plus de présomption que de moyens assurés, les Allemands prétendent nous asséner.
Ceux-ci, en attendant, poursuivent leur campagne d'intimidation et de menaces.
Ils mènent grand bruit autour de l'augmentation de leur flotte aérienne qui doit, à les entendre, nous réduire à l'obédience par la terrorisation.
L'exemple des zeppelins est là pour m outrer tout ce que ces annonces bruyantes peuvent contenir de fanfaronnade, et l'on est en droit de penser que s'il y avait derrière elles quelque chose d'aussi terrible, on
U-COLONSL ROUSSET
<.CI. BeauJrère.)
En Italie : Avion français précisant les positions de l'ennemi.
ne le répandrait psis avec cette intempérance de langue, les manœuvres les plus opérantes devant toujours être préparées dans le secret. Je ne disconviens pas qu'il y ait là un nouvel élément de lutte à surveiller de près, et je crois avoir, à plu-
sieurs reprises déjà, insisté sur son importance. Mais je dois aussi dire que, sous l'impulsion énergique de M. Loucheur, les précautions nécessaires, autant pour la parade que pour la riposte, seront prises en temps voulu.
U-COLONEL ROUSSET