AFFAIRES DIVERSES
(1 1 Janvier.)
Voici un cri de détresse qui m'arrive du front et auquel je ne saurais rester insensible. Celui qui le pousse est un adjudant marié qui touche en tout, indemnités comprises, 140 francs par mois pour se nourrir, se vêtir et subvenir aux besoins des siens. Je ne veux pas transcrire sa lettre, qui est navrante, parce qu'il convient de ne pas étaler certains maux.
Mais j'adjure les pouvoirs publics de penser que, par ces temps de vie chère, il est des ofhciers et des sous-officiers qui sont obligés de se priver parfois du nécessaire, et dont le cœur saigne à la pensée que, chez eux, une femme et des enfants manquent de presque tout. Je n'exagère rien. La situation des cadres subalternes est extrêmement pénible. Eux aussi ont besoin de garder leur moral intact, et méritent qu'on songe à eux.
Je sais parfaitement qu'il s'agit là d'une dépense nouvelle, mais combien minime au regard de toutes les autres ! Et d'ailleurs si l'on veut faire des économies par ailleurs, en voici une que je signale comme une des plus facilement réalisables. Nombre d'emplois sont encore remplis, aux abords du front, par des officiers de territoriale qui, en raison de leur âge, pourraient parfaitement être rendus à la vie civile et remplacés par des
invalides, ou temporaires ou définitifs.
L'État n'aurait plus ainsi qu'à payer une solde au lieu de deux et je crois bien qu'étant donné le chiffre considérable des parties prenantes, on finirait par s'apercevoir qu'un tel boni n'est pas à négliger.
Dans le même ordre d'idées, je déplore la facilité avec laquelle on prononce à. l'égard de certains, la retraite d'office. Un général de mes amis me contait l'autre jour qu'il avait dû, avec beaucoup de peine, se séparer d'un chef de corps arrivé par sa seule bravoure et manifestement audessous de sa tâche sous tous les autres rapports. Au demeurant, le plus sympathique des hommes, mais à qui il était dangereux de confier le sort d'un régiment.
Ici, évidemment, l'intérêt général doit primer toute considération secondaire.
Mais est-ce bien une raison pour mettre au rancart un bon et loyal serviteur à qui on n'a à reprocher que l'erreur de ceux, qui l'ont élevé trop haut? On lui fend l'oreille avant l'âge. C'est presque une punition, qu'il ne méritait pas, tandis qu'il existe dans les services de l'arrière une foule d'emplois qui, ne demandant que de l'assiduité et du zèle, lui conviendraient parfaitement.
Je recommande ces diverses questions.
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Carte de la région de Seiche prey-Flirey en Lorraine.
à l'examen bienveillant de M. le ministre de la Guerre, qui nous donne presque chaque jour des preuves éclatantes de son esprit d'équité et de son esprit de décision. Elles intéressent au plus haut point, malgré une certaine banalité apparente, la conservation si nécessaire du moral de l'armée. Elles tiennent même
par quelque côté au rajeunissement des cadres, dont M. Clemenceau paraît, non sans raison d'ailleurs, vouloir s'occuper très activement. Les officiers qu'il rend ainsi disponibles ne sauraient en aucun cas, ni au point de vue militaire ni au point de vue budgétaire, être considérés en bloc comme des non-valeurs.