LE FAUX ET LE VRAI
(12 Janvier.)
L'ennemi continue à mener grand bruit autour de sa future offensive. Je veux dire que ses journaux en parlent avec abondance et même avec indiscrétion.
On nous l'annonce pour le 20 courant, jour où, paraît-il, la paix orientale doit être signée à Brest-Litovsk... ou ailleurs. Suivant certaines rumeurs venues de Hollande, lieu propice à l'éclosioh des canards, dix divisions autrichiennes seraient prêtes à rejoindre les forces allemandes, avec une puissante artillerie. Et quant à l'aviation, elle nous ménagerait des surprises redoutables, mais dont on nous entretient avec tant d'insistance qu'elles ne peuvent plus nous surprendre du tout.
Une telle prolixité a quelque chose d'étrange et de suspect à la fois. On se demande si elle n'est pas inspirée par le seul désir de détourner l'attention des difficultés intérieures qui assaillent l'Allemagne, et qui sont assez graves pour
que la Gazette de Francfort, plus réservée d'ordinaire, signale de sériçux désordres et déclare qu'il y a quelque chose de pourri dans l'État. Quand on songe sérieusement à écraser son adversaire, et surtout quand on croit pouvoir y réussir, on ne lui crie pas avec tant d'insistance de se mettre en garde. Ou alors c'est qu'on n'est plusmaître de ses desseins.
Au reste, ce n'est pas la perspective d'avoir affaire à dix divisions autrichieivnes qui pourrait émouvoir l'âme indomptable de nos soldats. Des gens qui se sont fait battre partout, en Galicie, en Bukovine, en Roumanie, et ne tiennent encore debout qu'à la condition d'être soutenus par le bras allemand, n'ont rien d'impressionnant pour les vainqueurs de Verdun, de l'Yser et de la Somme. On s'en est encore tout récemment aperçu au monte Tomba. Qu'ils viennent donc ou ne viennent pas — et cette dernière éventualité
(Cl . L. BJ
Vue prise en avion de nos pièces à longue portée sar rails.
Lt-COLONEL ROUSSET
A la Confèrent
La photographie que nous reproduisons ici Jut prise au cours des nombreuses séanc qui réunirent, entre le 22 décembre 1917 et le 2 mars 1918, délégués russes et plér potentiaires de la coalition pour régler les conditions du traité de paix par leqti Lénine et ses complices déshonoraient la Russie. A droite de la table des délibération sont groupés les représentants de notre malheureuse alliée. Ce sont, en suivant l numéros marqués : 1. M. Kameneff ; 2. M. lof te; 3. Mme Bizenko; 4. Contre-amir Altvater; 5. Capitaine Lipsky; 6. M. Karachan; 7. Lieutenant Fokke et 19. M. Doliv Dobrowolsky. En face d'eux siègent les membres de la partie adverse : 8. Zekki pach 9. Ambassadeur von Merey ; 10. Prince Léopold de Bavière, commandant en chef c
de Brest-Lîtovsk
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schel LZ;J/k iT''''^ Hoffmann, chef d' état-major allemand ; 12. Colonel Oanfmann jTm^,^ ^^"""V ^^^ ^«^?«Â"^ ^°'*" ' ^^- Capitaine Roy; 15. Major Brink- LesênJntTTJ^'"'" fT^^^ '/f- ^f,^''«'"^ ^°" Rosenberg; 18. Major von Mirbaoh. ni con^Ifl f '^'^ tenaient le rôle de simples figurants. Ils n'avaient ni qualité,
tail^PF. \ ^' f«co;e."»o'>»s d ordres pour discuter les exigences de ceux qui dic-
n-avr!.- r ^°'°"'f/.^«'* Vautocrate de Berlin commandait : l'anarchie bolcheviste ce//e t L^c/r/" " °w'''*' Fl" ^^"^^'^ ';."'''^ "^ P^"* engager que les traîtres qui ont monté nllJl ? ''omedie, et le crime effroyable commis contre la Russie et le droit des peuples retombera sur ses auteurs quand le glas de la terreur rouse aura sonné.
U-COLONEL ROUSSET
est peut-être la vraie ■ — grossir les effectifs du prince Ruprecht, ils ne détermineront pas la victoire, qui depuis tant d'années ne connaît plus leurs drapeaux.
Plus sérieuse est la menace aérienne.
C'est même la seule, je crois, qui mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle ne repose pas, comme les autres, sur l'intimidation ou la rodomontade. Il est incontestable que les Allemands ont fait, depuis un an, des efforts considérables pour nous ravir la suprémati'^ que notre aviation possédait au moment de la bataille de la Somme. Il est non moins certain que nos tâtonnements, notre indécision, et les vices de notre organisation les ont assez largement aidés. Je ne me lancerai pas dans des comparaisons rétrospectives, qui deviennent inutiles. Il me suffira de dire que l'aviation française avait besoin de recevoir une impulsion vigoureuse qui la remît
en état. Car elle doit à la fois être protectrice et offensive, double rôle qui exige en mêm3 temps le nombre et la puissance. Ce rôle, sera-t-elle capable de le remplir? Oui, si l'on en croit les promesses faites par M. Loucheur, ministre de 1 Armement, qui, on le sait, ne s'engage pointa la légère. Il a commencé par annoncer que déjà, le mois dernier, les Allemands avaient perdu un nombre d'appareils double du nôtre. Il a dit ensuite que, désormais, les pilotes auraient voie au chapitre et recevraient, comme ils le demandent, des avions développant plus de force, de vitesse et de solidité. Cela signifie qu'on est entré enfin dans la voix féconde de l'industrialisme et de la direction unique. Nous y retrouverons avant qu'il soit peu, j'en ai la certitude, cette supériorité autrefois acquise et que, faute de méthode, nous avions momentanément laissé échapper.