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LEURS PRÉPARATIFS ET LES NOTRES

(15 Janvier.)

Avant de se lancer dans une aventure qui doit, si elle échoue, déterminer sa perte, le kaiser sent le besoin de prendre quelques consultations. Il en a demandé à Hindenburg et à LudendorflE, qui, s'ils ne sont point des génies, ont au moins une connaissance de la guerre fort supérieure à la sienne. Il en a même demandé à son fils, beaucoup moins qualifié qu'eux pour «n donner. Et, vraisemblablement, il a -été confirmé dans ses intentions premières de jouer son va-tout» puisque, depuis, les frontières suisse et hollandaise ont été •encore une fois hermétiquement closes, tandis que le trafic normal des chemins de fer subissait, au profit des transports militaires, de nombreuses restrictions.

Ainsi le four chaufEe, du moins on peut

le croire. Il y aura, d'ici peu, sur notre front, un grand déploiement de forces, — j'ai dit déjà et je répète qu'elles ne seront pas absolument aussi nombreuses qu'on l'aurait voulu, — - et une offensive à larges bases se déchaînera sur un certain nombre de points à la fois. Il est parfaitement inutile, dans ces conditions, de faire des hypothèses sur le choix préalable de ces points. Elles ne pourraient être basées que sur des inductions vagues ou de simples spéculations. Seul, le com.mandement peut posséder sur cette question des données quelque peu rigoureuses.

Il ne nous les a pas communiquées, et il a bien fait.

Mais ce qu'il importe de savoir, et j'éprouve à le dire une satisfaction très

Lt.COLONEL ROUSSET

LES FAITS

En Champagne. — Cojps de main réciproqjes.

Front d'Italie. — Les Autrichiens prolongent leur réaction dans le secteur de Capo-Sile: une attaque menée sur la tête de pont italienne leur permet d'arriver en quelques points jusqu'aux fils de fer barbelés, mais ils y sont arrêtés et décimés par les feux de la défense.

En Russie. — Le commissaire du Peuple au ravitaillement invite les Soviets à prendre les mesures les plus sévères pour rétablir l'ordre dam les stations de chemin de fer où il est avisé, dit-il, que la foule et les soldats envahissent les gares, fracturent les wagons, retirent et emportent les marchandises et désorganisent absolument tout le service du ravitaillement.

Les Soviets devront former des détachements pour surveiller les ponts, les aiguilles, les gares et pour accompagner les trains.

Ctt ordre en dit long sur l'état d'anarchie où se trouvent les chemins de fer russes. (Le Temps).

Région de l'Oise. — Nos feux dispersent des détachements ennemis qui cherchent à aborder nos lignes à l ouest .L la rivière.

En Palestine. — Le général Allenby se trouve en face d'une armée turque considérablement renforcée: le caractère de ses opérations en est naturellement modifié et une certaine stabilisation s'établit dans les lignes des deux adversaires. Aujourd'hui le front britannique dans le voisinage de Bireh, au nord de Jérusalem, est porté en avant sur une profondeur de 1 kilomètre et demi et une largeur de 6 kilomètres.

En Arabie. — Les forces du roi du Hedjaz opérant à l'est de Médine s'emparent d'un important convoi turc à environ 12 kilomètres de la ville.

En Russie. — La réunion de l'Assemblée constituante à Petrograd est marquée par de graves collisions dcnx la rue en mène temps que par des s.èr^ea tumultueu'.es dans la sille des séances.

vive, c'est qu'aux préparatifs agressifs de l'ennemi répondent parallèlement nos préparatifs défensifs. Je tiens de source assurée que le gouvernement français a fait les plus louables efforts pour associer plus étroitement l'action commune des trois grands alliés : Anglais, Américains et Italiens. J'ajoute que ces efforts ont pleinement réussi. On comprendra que je ne puisse ni ne veuille donner sur ce sujet aucun détail précis. Il me suf6ra de dire que, sous le triple rapport de la répartition des forces, de leur mélange plus intime, rendu ainsi plus fécond, et de la rapidité à imprimer aux travaux du front, des résultats ont été obtenus qui doivent satis-

faire à toutes les exigences. Jamais opération plus complexe ni plus délicate n'aura été effectuée en aussi peu de temps, et avec un succès aussi complet.

J entends bien d'ici quelques grincheux prétendre que je leur «bourre le crâne». Il me permettront de leur rappeler que lorsque certaines choses m'ont paru aller mal, je ne me suis pas gêné pour le dire, autant du moins que la discrétion obligatoire en pareil cas m'en laissait la liberté. Je prends aujourd'hui celle de rendre justice à un gouvernement de guerre, qui s'affirme, comme nous l'avons si souvent demandé, plus par ses actes que par ses discours.

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