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LE NOUVEL EFFORT BRITANNIQUE

(16 Janvier.)

M. Auckland Geddes, ministre du Service national en Angleterre, a déclaré hier, à la Chambre des communes, que « la nation britannique avait fourni 7 500 000 hommes aux forces armées de la Couronne ». Il entendait par là, évidemment, totaliser le chiffre de ceux qui, soit sur le front, soit à l'arrière, soit par les armes, soit par le travail, concourent à l'exécution de la guerre. Nul ne contestera que ce chiffre .ait une singulière éloquence et indique un prodigieux effort.

Cet effort, cependant, est jugé insuf-

fisant. Non pas, comme d'aucuns l'ont prétendu, que les armées de campagne aient été soumises à des déchets qui n'ont pu être réparés. M. Geddes a affirmé, preuves en mains, que ces armées étaient, à la fin de 1916, plus fortes qu'à la fin de 191 5, et qu'elles s'étaient encore sensiblement accrues au cours de l'année 191 7.

Il s'agit donc, non pas de combler des vides mais de renforcer les éléments combattants. Et pour cela on opère un prélèvement de 420 à 450 000 hommes sur les travailleurs d'âge militaire employés en ce moment

Lt-COLONEL ROUSSET

dans les industries qui ne sont pas essen tielles. S'il faut faire plus en 191 8, on le fera.

Pour des raisons que nous n'avons pas à connaître et encore moins à discuter, le gouvernement britannique n'a pas jugé à propos de changer l'âge de mobilisation ni d'établir la conscription en Irlande. Le ministre a d'ailleurs démontré que ce n'était pas nécessaire. Mais, a-t-il affirmé, toutes les organisations ouvrières devront fournir leur part, et les jeunes

dit fort justement M. Geddes, les statistiques ne fournissent pas toujours des indications très exactes. Il faut tenir compte de la valeur combative et du moral des troupes en présence. » Rien n'est plus vrai, et c'est pour cela que la fantasmagorie des chiffres ne doit point nous effrayer. On a parlé de i 600 000 hommes, ce qui est peut-être beaucoup.

Même s'ils étaient jetés contre nous, et je doute que ce soit possible, nous aurions de quoi faire tête. « Seule une catastrophe

Une grosse pièce d'artillerie belge en action près de Nieuport.

(Cl. Loys.)

hommes employés dans les ateliers seront remplacés par des hommes mûrs, des soldats libérés, des femmes, des enfants, des étrangers, et même des sujets ennemis non internés qui auront à opter entre le travail et un canlp de concentration. Voilà ce qui peut s'appeler une mobilisation générale. Elle sera, nous n'en doutons pas, appliquée fermement.

Ceci dit, je relève dans le discours de M. Auckland Geddes certaines déclarations fort intéressantes : celle d'abord qui a trait à la supériorité numérique « substantielle » des alliés sur l'ennemi ; celle ensuite qui touche à l'importance des contingents austro-allemands rendus disponibles, ou pouvant l'être, par la trahison maximaliste. « En pareille matière,

psychologique, comparable à celle de la Russie, pourrait sauver les puissances centrales. » Cette catastrophe ne se produira, on peut en être assuré, chez aucun des peuples de l'Entente, dont la constance attend sans révolte l'entrée en scène des Américains, qui feront le dénouement.

Le discours de M. Auckland Geddes est un véritable manifeste. Il met en éclatante lumière la puissance britannique, et l'appoint si précieux qu'elle doit encore nous fournir. En se développant davantage par les moyens que va créer le Parlement britannique, cette puissance tempérera, jusqu'à la victore définitive, les sacrifices qu'à faits la France, et à la valeur desquels le ministre anglais a rendu un hommage plein d'émotion.

Lt-COLONEL R0USSE7

LA GUERRE AU JOUR LE lOUR

Après la bataille, dans le secteur d'Asiago.

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