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Carte de la région de l'île d'Imbros où sombra le Breslau.
article du Fremdenblatt a produit en Prusse l'effet d'une torpille, et l'on voit aujourd'hui la Gazette de Francfort reprocher au gouvernement de Vienne d'avoir exagéré la portée des grèves récentes, afin de peser sur les négociations de Brest- Litovsk. « C'est, dit-elle, une conséquence des difficultés spéciales avec lesquelles la monarchie austro-hongroise est aux prises, et de l'intérêt vital qu'elle a de faire avant tout une paix rapide. »
Voilà sans doute une vérité. Mais toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, assure-t-on.
Cependant, malgré la vivacité de ces escarmouches de plumes, d'aucuns continuent à prétendre que des divisions autrichiennes se concentrent en Belgique, et participeront à l'offensive plus ou moins prochaine d'Hindenburg. Qu'en effet, l'Étatmajor ait eu primitivement l'idée de cette coopération, c'est un fait à peu près certain. Il rêvait même, je crois, bien autre chose. Les événements le forcent à réduire ses prétentions.
Il dit, et laisse dire par ses officieux, que les Autrichiens ont un pressant besoin d'en finir. Il sait également que si l'empereur -Charles dégarnissait tant soit peu ses positions d'Italie, il courrait le risque d'être bousculé comme l'année dernière. L'affaire du monte Tomba a prouvé, après tant d'autres, que son armée ne valait quelque -chose qu'à la condition d'être fortement
encadrée par les soldats de Guillaume II.
Alors, où auraient été prises ces fameuses divisions dont on parle? Sur la frontière russe? Mais la paix n'y est pas encore faite et si l'on a tourné une des clauses de l'armistice conclu avec les maximalistes en retirant du front oriental certains éléments de choix, on ne les a point violées par le retrait d'unités entières. Il y aurait d'ailleurs imprudence à le faire tant que demeurent possibles ces brusques ressauts dont les révolutions ont donné d'autant plus d'exemples qu'elles étaient plus radicales et plus violentes. Si l'armée russe n'est malheureusement plus à craindre, des soulèvements contre lesquels il faut être paré peuvent se produire, ne serait-ce que sous la provocation d'exigences qui se feront jour tôt ou tard.
Je ne crois donc pas, et pour cause, à la présence en Belgique ou ailleurs, devant notre front, de forces autrichiennes, lesquelles, au surplus, n'ont été exactement repérées nulle part. Je constate au contraire que, tandis que l'Allemagne, ovi du moins le parti militaire allemand, veut absolument continuer la guerre, l'Autriche souhaite avant tout de faire la paix. Et cette opposition doctrinale met des entraves sérieuses à l'exécution des opérations à grand orchestre, menées sous un bâton unique, comme nous avons pu en connaître autrefois, quand tous les violons s'accordaient.
Lt-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
En Belgique. — De courts mais vifs combats se déroulent à l'est de Nieuport-Ville : l'ennemi qui a attaqué nos lignes de grand matin et qui a pu prendre pied dans nos éléments avancés, en est chassé avant le coucher du soleil.
En Italie. — La victoire de nos troupes au mont Tomba a décidé les Autrichiens à évacuer leurs lignes au nord de la position enlevée et à se replier jusqu'au mont Spinuccio. Les reconnaissances françaises poussées sur les rives de la Piave trouvent les villages abandonnés et ce recul de l'ennemi prouve qu'il a renoncé à l'offensive entre le Tomba et la Piave.
Conseil naval des alliés. — Les réunions ont commencé hier à Londres, sous la présidence du premier Lord de l'Amirauté: la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Japon et les Etats- Unis y sont représentés ; il s'agit d'assjrer la coopération étroite sur marines alliées.
Guerre aérienne. — Les escadrilles britanniques bombardent la ville et les docks de Mannheim, la caserne et la gare de Trêves, la gare d'Oberbillig au sud-ouest de Trêves, les aciéries de Thionville.
Le bombardement sur Mannheim, bien que très court, puisqu'il dure à peine dix minutes, produit des effets terrifiants.
Sur mer. — Le Gœben, toujours échoué dans les Dardanelles, est attaqué à plusieurs reprises depuis quelques jours par les avions britanniques. Les Turcs s'efforcent de remettre le croiseur à flot et ils ont organisé une défense anti-aérienne qui le protège contre les raids britanniques.
Dans les Parlements ennemis. — Discours du chancelier allemand comte Hertling et du ministre autrichien comte Czernin. Du premier, le président Wilson dira dans quelques jours qu'il a été très vague^ très confus et plein de phrases équivoques.