DONNONS LA RISPOSTE A LEURS INCURSIONS
(H' Février.)
Nous venons de faire connaissance avec les Gothas, qui sont assurément d'assez vilaines bêtes. Il paraît utile de
dire qu'un moyen e> de se préserver de leurs atteintes, et que c'est précisément celui qui paraît, au moins jusqu'à ces derniers temps, avoir été un peu trop négligé.
Il ne faut guère compter arrêter par une opposition directe ces malfaiteurs de l'air. Ils filent à travers l'espace comme des bolides, et peuvent gagner rapidement des hauteurs où ils ne redoutent plus guère
les coups. En leur donnant la chasse, on peut évidemment en abattre un ou de ux mais rien n'empêche les autres de continuer pendant ce temps leur besogne de dévastation. C'est donc seulement par action réflexe qu'on peut arriver à les paralyser Je veux dire qu'il faudrait, chaque fois qu'une de leurs incursions se produit, riposter par une autre, dont les villes allemandes les plus peuplées et les pl«s florissantes aient longtemps à garder le. souvenir.
(Cl. SecticD phot.de l'âiBice.)
A Ventrée d'une carrière de l'Aisne : départ d'une corvée.
n-COLONEL ROUSSET
Mortier de tranchée en action sur le front d'Argonne.
(Cl. Loys.)
Nous en avons deux à proximité, Cologne et Francfort-sur-le-Mein, qui s'offrent tout particulièrement à nos représailles, et je suis bien convaincu que celles-ci, exécutées en temps opportun, refréneraient très sensiblement le zèle des aviateurs lancés sur Londres et sur Paris, ou du moins l'audace des gens qui les envoient. Nos adversaires ayant les premiers engagé la guerre dans cette voie barbare, nous sommes bien obligés de les y suivre, sans encourir l'opprobre ni risquer des remords. ' Seulement, il nous faudrait pour cela
des escadres de bombardement nombreuses, puissantes et solidement outillées. On me rendra cette justice que je les ai depuis longtemps réclamées et que ce n'est point ma faute si des hésitations trop prolongées, ou des erreurs d'organisation tenaces, nous ont empêchés de les avoir. Je crois du moins pouvoir affirmer qu'on s'occupe de réparer le temps perdu. Et j'aime égale ment à penser que le comité interallié d' Versailles songera, sur ce point comme sur les autres, à développer notre effort en lui assurant désormais une complète unité.