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OU LES DIFFICULTES COMMENCENT

(6 Février.)

Voici des faits extraordinaires, et qui tiendraient du paradoxe, s'ils n'étaient malheureusement incontestables et incon- '.testés. A l'époque où nous sommes arrivés, .au plein de la quatrième année de guerre, H n'y a plus nulle part, ou presque plus, 'd'opérations militaires. Seule sévit la sguerre civile, dont la malheureuse Russie •donne au monde le désolant spectacle. Nous ;ne connaissons d'autres batailles que celles qui se livrent en Ukraine et en Finlande, 'OÏÏ~lë~confiit soulevé entre bolcheviks et : soi-disant « bourgeois f met le pays à feu •et à sang. Quelle avance aurait été faite vers la paix définitive, si cette combativité s'était exercée, non point entre compatriotes'ou gens qui, naguère encore, servaient sous le même drapeau, mais contre l'ennemi -commun 1 Et combien seraient mieux assu- ^rées les affaires du monde si, par une aberration inexplicable, la masse des âmes moscovites ne s'était pas livrée en otage à une -poignée de nihilistes aveugles et déments.

Constatons, toutefois, que ces querelles intestines, dont l'enjeu peut nous laisser in- «difiérents, exercent une influence manifeste

sur la grande querelle mondiale. L'Allemagne, dont la main se retrouve dans leur genèse, eût certainement souhaité qu'elles se terminassent plus tôt, ou qu'au moins elles ne prissent point une acuité aussi violente. Elle a, avant tout, besoin de se ravitailler, et cela ne lui est guère facile dans des pays dont le sol est foulé par des hordes en train de se prendre aux cheveux. Les négociations de Brest-Litovsk se traînent, si elles ne sont pas encore une fois rompues. Les empires centraux, avec des troupes anémiées par les saignées successives qu'on leur a fait subir, vont-ils être obligés de s'emparer par force des denrées ou des matières premières que, dans leur pénurie actuelle, ils convoitent si ardemment? Si oui, le problème changera de face encore une fois, et les projets d'Hindenburg en seront profondément modifiés.

Il n'y a pas à douter un seul instant que si les puissances centrales adressaient un ultimatum formel aux pseudo-gouvernements de Petrograd et de l'Ukraine, ceuxci seraient contraints de céder. Ils n'ont, pour appuyer leurs prétentions, aucun

Lt-COLONEL ROUSSET

1. Cadets de l'école de Kief partant à l'exercice. — 2. Les plus belles maisons de Kief atteintes par le bombardement.

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Front roumain. — Le maréchal Mackensen, au nom du gouvernement allemand, adresse un ultimatum à la Roumanie et lui donne un délai de quatre jours pour consentir à engager des négociations de paix. Le cabinet Bratiano est démissionnaire.

Londres. — Discours du Trône: le roi, en parlant de la défaillance de la Russie et des négociations entamées par elle pour une paix séparée, déclare: « Ces événements tragiques ont ajouté au fardeau des autres alliés, mais n'ont diminué ni leur vigueur, ni la loyauté avec laquelle tous continuent à poursuivre le but commun, et, malgré tout, la détermination des démocraties du monde d'obtenir une paix juste et stable ressort toujours plus clairement. »

Sur mer. — Le transport de troupes américaines Tuscania a été torpillé dans la nuit, au large de la côte d'Irlande. Il y a 1 66 manquants sur un total de 2 500 hommes environ.

instrument de résistance, car les gardes rouges, dont l'indépendance d'esprit est notoire et l'indiscipline absolue, ne tiendraient pas vingt-quatre heures contre les canons austro-allemands. Mais les traités, surtout ceux que l'on signe avec les dictateurs de l'émeute, ne sont, comme a dit

Front occidental. — Tentatives allemandes pour surprendre nos postes à Test de Samogneux, à la corne nord du bois des Fosses et à T Hartmannswillerkppf : Tennemi est partout repoussé.

Les troupes britanniques enlèvent un petit blockaus allemand au sud-est de Quéant : la garnison est toute entière tuée ou faite prisonnière.

Brest-Litovsk. — Reprise des séances de la conflrence interrompues aux premiers jours du mois. Deux délégués russes lisent une longue note sur la question polonaise, lecture à laquelle M. de Ktihlmann répond par la déclaration suivante : « Je trouve surprenant que, dans la même séance où M. Trotzky se défend contre le reproche de faire traîner les négociations en longueur, il nous fasse lire un document de cette étendue... Je crains que la patience des présidents <fes délégations de la Quadruplice ne soit mise à une très dure épreuve. »

autrefois M. de Bethmann-Hollweg, que des chiffons de papier. C'est quand il faut en poursuivre l'exécution que les difficultés commencent. Et je suis bien convaincu que les Allemands en rencontreront de fort grandes quand ils voudront franchir le pas qui sépare les palabres des réalités.

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