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NE NOUS PRESSONS PAS DE CONCLURE

(12 Février.)

Certains Allemands semblent se rendre compte qu'entre la coupe et les lèvres il y a encore place pour quelques désillusions. Ainsi la Gazette de Francfort, en se félicitant

de la paix ukrainienne, écrit que cette paix a relâché la chaîne tendue par l'Entente autour des puissances centrales, « et cela sur un point qui contient des promesses

Ll-COLONEL ROUSSET

(Cl. Meurisse.)

Soldats français établis dans Samogneax, sur le front nord-ouest de Verdun.

(Cl. Beaufrère.)

De nouvelles mitrailleuses ennemies, prises pendant un coup de main, sont étudiées afin de pouvoir être réparées et utilisées par la suite.

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Front occidental. — Actions d'artillerie violentes sur les deux rives de la Meuse et dans plusieurs ^cteurs des Vosges ; pas d'action d'infanterie.

En Italie. — Concentrations de feux d'artillerie sur le plateau des Sept Communes. Les Austro-Allemands tentent à plusieurs reprises des coups de main sur les nouvelles positions italiennes du mont val Bella et du col del Rosso.

Des hydravions de la marine royale italienne trasersent l'Adriatique, atteignent la côte de Dalmatie, survolent le canal et la presqu'île de Sabioncello , et bombardent les ouvrages militaires de l'île Curzola.

Brest-Litovsk. — Trotzky fait une déclaration inattendue: il refuse de signer un traité explicite de paix, mais la Russie cesse, dès aujourd'hui, de se considérer comme étant en état de guerre avec l'Allemagne, r Autriche-Hongrie, la Turquie et la Bulgarie, et l'ordre de démobilisation est envoyé partout.

Rive droite de la Meuse. — Après un violent bombardement, les Allemands lancent sur le front du bois des Caurières une attaque qui donne lieu à un vif combat. L'ennemi est repoussé et abandonne ses morts sur le terrain.

Dans les Flandres. — Coup de main des Australiens sur les positions allemandes au sud-est de Messines : ils infligent aux Allemands des pertes montant à une centaine de tués et rapportent 3 mitrailleuses avec un mortier de tranchée.

Brest-Litovsk. — Ne trouvant plus personne avec qui continuer les négociations, les représentants de la Quadruplice quittent la ville après un « dîner des missions diplomatiques ».

Washington. — Le président Wilson adresse au Congrès un discours dans lequel il répond aux chanceliers d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie et affim/K de nouveau la solidarité des peuples libres.

sinon immédiates, au moins prochaines, d'amélioration sensible dans la situation économique des empires centraux». Rien; moins que cette phrase alambiquée, ne ressemble à un air de bravoure. Elle est tout au plus l'expressiond'un contentement discret, et même relativement sujet à caution.

Sa réserve, au surplus, semble indiquer que les milieux germaniques ne sont pas beaucoup mieux renseignés que les nôtres sur la situation militaire de la Russie méridionale. Tout dépend, en e£Eet, la guerre civile étant déchaînée, de la solution que le choc des armes apportera au conflit soulevé entre les deux partis révolutionnaires qui sont actuellement dressés l'un contre l'autre. Or, cette solution est tellement enveloppée de nuages qu'elle ne se laisse même pas entrevoir. Tous les facteurs qui peuvent la déterminer nous échappent. Nous ne savons qu'une chose, c'est qu'il existe, dans l'Ukraine et plus au sud, jusqu'en Crimée, une fermentation qui peut, d'un moment à l'autre, déterminer des explosions capables de tout bouleverser.

Malheureusement, nous ne sommes guère mieux instruits du sort de la Roumanie, si tragiquement engagée dans une aventure dont l'issue problématique avive nos anxiétés. Je crois volontiers que Mackensen, en rédigeant l'ultimatum qui a amené la chute du cabinet Bratiano, a un peu trop

facilement escompté les bénéfices à attendre de la paix ukrainienne. Il considérait celleci comme faite, tandis qu'elle n'est en réalité, comme il a été dit ici même, qu'un accord de principe sans aucune précision sur les points véritablement importants.

La simultanéité de son geste avec l'échange de signatures fait à Brest-Litovsk suffit à le prouver. Mais peut-il do nnerune sanction à ses menaces? Rien n'est moins sûr. Il ne dispose, depuis longtemps déjà, que d'effectifs médiocres, comme valeur et comme nombre, au regard de ceux que compte l'armée roumaine. S'il en était autrement, il n'aurait pas laissé celle-ci, pendant tant de mois, se reconstituer tranquillement devant lui. Pour la réduire à l'impuissance, pour la forcer à s'incliner devant sa sommation, il met en jeu, on peut en être assuré, l'intervention de ses nouveaux amisles Ukrainiens* Mais si leg bolcheviks de Kharkof; qui ont l'air de reprendre du poil de la bête, ne lâchent pas prise, comment feront les « bourgeois » de Kief pour se dégager de l'étreinte et répondre à son appel ?

On le voit, les aiïaires sont, là-bas, aussi compliquées qu'obscures. Je crois donc qu'il convient d'attendre, availt d'épiloguer, certains éclaircissements qui, probablement, ne tarderont pas. La confusion des événements ne nous permet pas encore d'évaluer, soit en bien, soit en mal. leurs conséquences possibles. Mais je crois

Li-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

A l'ouest de la Moselle. — Nos troupes exécutent aoec succès trois coups de main entre le bois Le Prêtre et la lisière ouest du bois de Mortmare.

L'affaire a été préparée par l'artillerie, qui a brisé hier soir les fils de fer ennemis et bouleversé les tranchées et les abris.

En Pologne. — La cession à l'Ukraine du gouvernement de Cholm soulève les violentes protestations de tous les groupements polonais. A Varsovie même, le conseil de régence publie un manifeste oit il rappelle que les populations de cette région sont en grande majorité polonaises et catholiques. Il ajoute : « On a décidé de leur sort d'un trait de plume, et le principe que les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes, tant de fois et si solennellement proclamé par l'Allemagne, a été outragé et violé une fois de plus en ce qui regarde la Pologne.

En Champagne. — Important coup de main français dans la région de la butte du Mesnil: l'affaire se déroule sur les positions déjà disputées dans les chauds combats de septembre 1915 et de février 1917. Les Allemands occupent là une sorte de saillant, large de 1 200 mètres et profond de 1 500 mètres, qui s'étend du nord au sud entre Tahure et Perthes-les-Hurlus, et de l'ouest à l'est entre le ravin de la Goutte et la butte du Mesnil. Ce saillant est enlevé en une heure dans l'après-midi. Les batteries américaines ont prêté à nos troupes un concours très efficace.

Front britannique. — Dans un raid exécuté par les troupes canadiennes au sud-est d'Hargicourt, l'ennemi subit des pertes sérieuses. Des grenades sont jetées dans 1 7 abris de la première ligne et dans ceux de là ligne de soutien que les occupants refusent di évacuer, malgré les sommations qui leur sont faites. Les Canadiens ramènent des milrailleuses et des mortiers-

que, pour aiguiller celles-ci dans un sens favorable, notre diplomatie, ouverte et

occulte, aurait devant elle un assez vaste champ ouvert.

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