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LE JAPON PRENDRA-T-IL LES MESURES NECESSAIRES

(28 Février.)

« La Révolution est en péril ! » clament avec une ridicule insistance les pantins de Petrograd. La révolution seule les inquiète, parce qu'ils s'imaginent la personnifier, et ils se moquent de la Russie, dont ils ont préparé le démembrement. C'est la voix criant dans le désert.

Une autre se fait entendre, plus humble et presque suppliante. C'est celle de Krylenko, le généralissime in partibus d'une armée qu'il a, autant que personne, contribué à réduire en fumée, et dont il ne reste plus que d'informes débris. On lui répond avec arrogance que, tant que n'auront point été échangées les signatures définitives, la marche en avant continuera. Et, en effet, elle continue. Von Eichhorn est entré à Revél et à Pskof, qui ne sont plus qu'à huit ou dix journées de marche ps la capitale. Poussera-t-il ju.sau'à celle-ci?

Tout dépendra de la valeur des gages qu'il aura pu s'attribuer. Il s'agit, comme dit le général Hoffmann, de « protéger la Finlande, l'Esthonie, la Livonie, ainsi que les conditions de paix de l'Ukraine ». Personne ne peut se méprendre sur le sens exact de ces impitoyables conditions.

Dans le but évident de donner aux troupes allemandes les gants d'une victoire, même factice, les bulletins de Ludendorff parlent, vaguement d'ailleurs, de certaines résistances rencontrées çà et là. A les en croire, il y aurait eu un combat aux portes de Revel et un autre au sud de Pskof. De même, Linsingen aurait dû emporter d'assaut le bourg de Kolenko- Witschi, sur le Pripet. Ludendorff exagère, et même il se donne à lui-même une sorte de démenti quand il raconte qu'en Livonie, ses soldats ont été accueillis avec des pavois.

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(.CI. Barrière.)

Américains dans un abri de tranchée en Alsace.

U-COLONEL ROUSSET

En tout cas, il n'est pas assez documentaire pour nous persuader qu'il y ait eu autre chose que quelques tentatives de réaction isolées, lesquelles, quoi que fassent les commissaires du peuple, seront insuffisantes pour sauver un pays complètement désarmé. Ces nouvelles, au surplus, ne présenteraient qu'un intérêt médiocre si elles n'avaient pour contre-partie l'annonce que, le 23 février dernier, l'ambassade japonaise a quitté Petrograd. Ce n'est évidemment point là, au moins jusqu'à nouvel informé, l'indice d'une rupture complète entre le gouvernement maximaliste et nos alliés d'Extrême-Orient.

Mais c'est peut-être une première étape vers l'intervention effective que les cir-

constances actuelles semblent de nature à provoquer.

Cette intervention, un journal anglais, le Daily Chronicle, la donne pour la première fois comme possible et même désirable. « Nous n'y avons jamais poussé, dit-il en substance, mais maintenant que la Russie d'Asie s'offre aux ambitions germaniques comme une proie, la situation est tout autre, et si les alliés arrivaient à un arrangement pratique à cet égard, le Japon pourrait actuellement jouer un rôle militaire utile dans le conflit général. »

J'en suis persuadé pour mon compte, et mon seul regret est que, pour des raisons demeurées assez obscures, il n'ait pas pu le jouer plus tôt.

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