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VIGOUREUX COUP DE MAIN A LA TRANCHÉE DE CALONNE

(5 Mar«.)

Les Allemands dans leurs reconnaissances offensives, s'étant heurtés partout à une solide muraille, doivent être maintenant fixés sur ce qu 'ils désiraient savoir, tout en espérant autre chose. Surtout la résistance américaine a dû leur apporter quelques déceptions. Elle fut, comme je l'ai dit déjà, magnifique, et c'est en communauté de sentiment avec le pays tout entier que M.

C lemenceau est allé porter avant-hier à nos nouveaux alliés des félicitations méritées. Nous en revenons donc aux coups de main, du moins jusqu'à nouvel ordre. Il s'en est produit d'assez vifs en Lorraine qui, tous, ont été pour l'ennemi de nouveaux échecs. Celui qu'en manière de repartie nos troupes ont exécuté à la tranchée de Calonne, dans cette région des Éparges

(Ci, Beaufrcre.)

Artillerie lourde américaine traversant une plaine inondée.

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qui, depuis de longs mois, n'avait plus figuré aux communiqués, n'aura certainement pas été du goût de nos adversaires.

Nul motif de contentement pour eux non plus sur le front anglais. Là, ce sont nos alliés qui, d'une façon générale, ont attaqué, et avec succès. En quelques points, ils ont trouvé devant eux des tranchées inoccupées, ce qui semblerait indiquer, chez les Allemands, un changement de dispositif, s'il ne s'agit pas simplement d'une rectification de positions.

L'initiative n'exclut pas la vigilance.

C'est ce qu'on montré les Britanniques en recevant comme il convient l'ennemi qui les tâtait dans le secteur de Lens, un des points sensibles du front.

En Russie la paix signée par les bolcheviks, le couteau sous la gorge, qu'ils ont si stupidement tendue, n'a point empêché les Allemands d'occuper les îles d'Aland, ni de mettre à la mer une flotte de quinze navires parmi lesquels se trouvent des brise-glaces et des vaisseaux de transport, et qui semble se diriger sur Cronstadt.

L'État-major se rend probablement compte que, pour donner une valeur quel-

conque au « chiffon de papier » signé à Brest-Litovsk, — c'est le cas ou jamais d'employer cette expression célèbre, — il lui faut mettre la main sur l'ancienne capitale des tsars et y établir un gouvernement moins funambulesque que celui des Trotzky et des Lénine. Les mesures dont je viens de parler accusent suffisamment, je crois, cette intention. Seulement, à une ligne d'opérations terrestres très longue et assez exposée, il préfère substituer des communications maritimes, sachant fort bien que la flotte de la Baltique ne résistera pas plus que les trop fameux gardes rouges. C'est sa façon à lui, de résoudre la question encore pendante de la résistance éparse ou de l'apaisement total. Il est comme ceux dont parlait Tacite : Ubi solitudineni faciimt, pacem appellant.

Maîtres aussi de l'Ukraine, les empires centraux tiennent la malheureuse Roumanie sous le couteau et entendent lui imposer des conditions exorbitantes. Mais à quoi aboutiront tous ces coups de force le jour où, comme nous sommes en droit d'en garder la ferme espérance, les oppresseurs du monde auront succombé ?

LA DEFENSIVE-OFFENSIVE (6 Mars.)

Au cours des très nombreux coups de main qui ont été effectués de part et d'autre pendant ces derniers jours, et qui, parce

qu'ils semblent vouloir se continuer, sont sans doute imposés par des circonstances dont le commandement est seul en état

(Cl Meurisse)

Sur le front : Brancardiers portugais attendant l'heure du départ.

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Opération de reconnaîssi

J^L "^* "''''" f^^^^^f^P^^^nf de part et d'autre sur tout le front. Opérations de sonraiSr"''- ''^''°'?"«;''-^ les forces en présence et percer à jour les projets offensifs 2e l adversaire. L'action qui se déroule ici dans un secteur britannique, rencontrait

sur le front britannique

he résistance opiniâtre, sur un point hérissé de défenses barbelées. Mais le tank a \tssé, broyant pieux et fils de fer; nos alliés s'élancent vers le but assigné, nettoient \ tranchée ennemie et en ramènent les rares occupants qui ont survécu à l'assaut.

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d'apprécier la valeur, on a constaté que, sur divers points, l'ennemi avait, avant d'être abordé, évacué spontanément les premières lignes. Il se peut, comme je le disais hier, que ce recul indique un changement de dispositif ou une rectification de positions. Mais, en y regardant de plus près, on peut y voir tout simplement aussi l'application des instructions données par Ludendorff au mois d'août pour l'échelonnement de la défense en profondeur.

Il a été constaté, aussi bien par les Allemands que par nous, ■ — car il est arrivé aussi deux ou trois fois que, de notre côté, les tranchées avancées aient été abandonnées par ordre, — un fait expérimental contre lequel aucune théorie ne prévaut, à savoir que, sous le bombardement des pièces lourdes, tout ce qui se trouve dans la zone battue est inexorablement ravagé. Vouloir quand même se cramponner à cette zone est donc un acte héroïque et digne assurément de toutes les admirations, mais pratiquement inutile et infiniment dangereux. Avec le matériel actuel, les avancées du terrain ne doivent plus constituer qu'une sorte de front de couverture, d'où l'on voit mieux qu'à l'arrière, et où demeure à poste fixe une simple ligne de sentinelles, j'entends par là des petits postes abrités pourvus de mitrailleuses et, aguichant l'ennemi, mais prêts à se replier au premier signal, sinon même à tout abandonner aussitôt que s'annonce l'attaque,

à condition qu'ils puissent le faire sans être remarqués.

De la sorte, le véritable combat se livre plus loin, contre une muraille de retranchements solides et puissamment d^^endus.

Pour les aborder, l'ennemi est obligé de se découvrir, et s'expose à des pertes sanglantes. Que si, par aventure, il parvient à les enfoncer, d'autres, installés plus loin en échelons, et qui n'ont pas eu à souffrir du feu de son artillerie, se dressent encore devant lui. Tel est bien le système que Ludendorff a ordonné d'adopter. Tel est celui que nous avons adopté nous-mêmes, et qui nous permettra de repousser la grande attaque, le jour où elle se produira.

Mais, alors, va-t-on dire, il n'y a pas de raison pour que les choses finissent? Pardon ï il y en a une certaine, qui tient à la possibilité de reprendre la manœuvre quand l'ennemi, usé par une série d'assauts infructueux, paraîtra suffisamment épuisé. Quels que soient les avantages que leur confère la honteuse capitulation de la Russie, et que d'ailleurs les événements ultérieurspeuvent sensiblement diminuer, les Allemands ne tiendront rien de solide tant qu'ils ne nous auront pas battus. Le front occidental est une barrière toujours debout contre leurs convoitises. Cette barrière, il faut l'abattre ou renoncer à tout.

Hindenburg est donc condamné tôt ou tard à engager l'offensive, et peut-être, pour en choisir le moment, lui est-il in-

Urte escadrille de chasse, sur le front britannique.

(Cl. Roi.)

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;erdit d'être aussi patient que nous. Qu'il

irouve devant lui une organisation pareille

celle qu'il a lui-même jugée la meilleure

et qu'il a effectuée naguère au prix d'un recul de plus de trente kilomètres, et il sera infailliblement brisé. Après, nous verrons^

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