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LA QUESTION DES REPRÉSAILLES

(14 Mars.)

Les avions anglais ont bombardé, sinon la ville de Coblentz, — car nous autres alliés montrons à l'égard des populations des égards que nos ennemis ne connaissent pas, — au moins ses usines, ses établissements militaires et sa gare. Bien qu'attaqués au cours de l'opération, ils sont tous rentrés indemnes. C'est une preuve nouvelle de la supériorité qui, chaque jour, s'affirme davantage de notre côté.

Or, si nous en croyons le New-York Herald, quatre des principales villes rhénanes, plus ou moins éprouvées déjà, et qui craignent les coups, auraient demandé au gouvernement allemand de suspendre les raids aériens. Nous verrons si le kaiser écoute leurs doléances. Mais cette démarche en

dit plus long que tous les discours sur la valeur des représailles, que pour ma part je n'ai cessé de réclamer, sous la seule condition qi*' elles soient effectives et opérantes. Peut-être même les villes en question ontelles le sentiment avant-coureur du sort qui pourrait bien leur être réservé dans un temps prochain. En tout cas, elles sentent la haine universelle grandir contre leurs maîtres implacables, une haine qui creuse entre elles et nous un fossé que des siècles entiers ne parviendront pas à combler.

Les Allemands sont des barbares régressifs, qui ne renonceront à la barbarie que lorsqu'ils la sentiront près de retomber sur eux-mêmes. La seule menace, faite par le gouvernement britannique, d'appliquer à

Saucisse de la défense aérienne de Parts.

(Cl, Roi.)

Ll-COLONEL ROUSSET

BElMQiJT Batteries alîemcjpms hambsrdant Heims

ie martyre est consommé. Reims s'effondre sous les obus de gros calibre qui la transpercent de part en part et que les vandales entremêlent d'engins incendiaires afin de la

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tpléu'-2"Lamaî^in''^^^^^ ce 6om6arde;„e„/ sacrilège. Au-dessous : -Le Mont- ^ fiete.-2.La maison de Saint-Vinoent-de-Panl. - 3. Un coin de la rue des Cordeliers.

Li-COLONEL ROUSSET

deux officiers boches, choisis dans la caste des hobereaux, le même traitement qu'ils voulaient infliger à deux officiers britanniques réputés coupables d'avoir lancé des proclamations du haut de leurs avions, les a engagés à mettre les pouces. Insolents dans le succès, ils s'aplatissent dès que la roue de la fortune semble tourner. Les fastes des victorieuses campagnes que nous avons menées sur leur territoire sont pleins de faits à cet égard fort significatifs. Or, le tempérament tudesque est toujours le même, depuis léna. 11 a été seulement malaxé à coups de férule par les HohenzoUern, qui l'ont compliqué d'une arrogance insupportable. Mais il est capable de redevenir très souple à la première savite de vent. A nous donc de provoquer celle-ci, sans nous laisser arrêter par quelque scrupule que ce soit sur le choix des procédés. Car le temps est passé où l'on pouvait encore en avoir.

De la situation militaire générale, je n'ai rien à dire, sinon qu'elle est absolu-

ment stationnaire. On en reste partout, jusqu'à nouvel ordre, à l'ère des duels d'artillerie et des coups de main. Il n'y a guère qu'en Russie où l'on se bat en grand, il est vrai entre soi. En Finlande, la guerre civile se poursuit dans des conditions atroces, et à Moscou, où doit se retirer le gouvernement maximaliste, la lutte est tout près de s'engager entre les troupes de celui-ci et les anarchistes bon teint. C'est ainsi qu'un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure. Pendant ce temps, les Allemands avancent vers Odessa, qui n'est plus défendu que par Nicolaïef, où, dit-on, se rassemble une armée d'ouvriers, de paysans et de marins. Je doute qu'elle tienne longtemps contre des forces organisées. Il n'en est pas moins vrai que l'Allemagne, comme a dit l'ancien ambassadeur moscovite à Rome, est obligée de maintenir manu militari la paix russe, si cela peut s'appeler une paix. Etant donné là-bas l'état des affaires, c'est tout ce qui peut nous intéresser.

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