‹ La Guerre au jour le jourChapitre 294 sur 360 · A ODESSA · texte numérisé non relu

A ODESSA

Les funérailles des soldats russes, tombés au cours des combats de rues, se déroulent en grande pompe dans une des ptincipales artères de la ville.

i-i-COLONEL ROUSSET

(Cl. Canadian offic. phol.)

Canon canadien tirant sûr une batterie allemande.

COUPS DE MAIN ENNEMIS REPOUSSES (19 Mars.)

11 ne manque certainement pas d'aplomb, ce commandant des forces aéronautiques allemandes qui croit légitimer les récentes incursions sur Paris en évoquant le souvenir d'un raid accompli sur Carlsruhe en 1916. Depuis, une certaine quantité d'eau a passé sous les ponts : je veux dire que l'ennemi s'est largement payé sur Épernay, Xancy, Reims, Dunkerque, Londres et autres lieux. N'insistons donc pas sur un plaidoyer ridicule et retenons de ces aveux dépouillés d'artifice seulement ceci, que les attentats aériens ne répondent à aucune lée militaire et ne visent qu'à la terroriation. Habemus confitentem reiim. Mais alors, il faut nous mettre à deux de jeu et riposter de la même façon, toutes les fois ([u'il y aura à cela une raison.

Je dois dire que, dans l'intervalle, les aviations anglaise et française ne se tiennent point en chômage. Dimanche encore, nos alliés sont allés dans le Palatinat, bombarder les établissements militaires de Kaiserslautern et ont abattu vingt-trois upareils ennemis, en n'en perdant eux- ,i lûmes que six. Après, cela les Allemands auront peine, je crois, à se prétendre les plus forts. Aussi bien, depuis le 5 mars, les aviateurs français ont-ils déversé 80 tonnes d'explosifs sur les camps ou installations boches, dont vingt sur les parcs où s'entas-

sent les gothas meurtriers. Voilà, dirai-je au général dont la Gazette de Cologne nous transmet les épanchements, des opérations qui, elles, sont indubitablement légitimes et, qui plus est, ont une valeur pratique que nos ennemis ne contesteront pas.

Les actions terrestres elles-mêmes ont repris, ces jours-ci, une certaine intensité, au moins aux abords de Verdun. Serait-ce que le nouveau commandant du front de la Meuse, von Gallwitz, tout récemment arrivé des régions orientales, voudrait déjà se faire un peu de réclame? Toujours est-il qu'une grosse attaque a été dessinée sur la rive droite de la Meuse, entre Samogneux et Bezonvaux, et a même donné, comme il arrive souvent, quelques résultats dans le premier moment. Mais ceux-ci ont été rapidement annihilés par nos feux de réplique, et l'ennemi, assez éprouvé, a dû se replier.

Notre irruption concomitante dans le bois de Malancourt a été de moindre envergure. Elle ne nous en a pas moins procuré un terrain de r.400 mètres de large sur 800 de profondeur. Plusà l'ouest encore, nous avons bouleversé les installations ennemies du côté de Cheppy et récolté, dans ces diverses affaires, plus de 160 prisonniers. Ainsi, nos poilus sont toujours aussi vigoureux, soit dans l'assaut, soit dans

Lt-COLONEL ROUSStT

LES FAITS

En Champagne. — Les Allemands lancent dans la matinée, près de Souain, une attaque menée par deux bataillons de troupes d'assaut qui, malgré leurs efforts, subissent un échec complet.

En Woëvre. — Une autre tentative dans la région du bois Brûlé amène un vif combat et se termine par la retraite des détachements qui ont un moment réussi à prendre pied dans nos lignes.

Guerre aérienne. — Une note officielle française rappelle que les règles de l'homologation des victoires de nos pilotes sont très sévères : sont seuls comptés comme abattus, les avions que des témoins aériens ou terrestres ont vu brisés à terre ou flambant en l'air, ou vides de leurs passagers. Pratiquement quand un avion ne tombe ni dans un ravin, ni derrière un bois, il peut être aperçu par les observateurs terrestres jusqu'à 5 ou 6 kilomètres des lignes. Au-delà, il est généralement perdu pour le vainqueur.

Front occidental. — Début de l'offensive allemande .-«L'ennemi, dit le général Malleterre, a choisi ce qu ilconsidère comme le point faible stratégiquement et tactiquement. Il a frappé à la jonction des armées française et anglaise, entre l'Oise et la Somme. L' Etatmajor allemand ne pouvait ignorer que l'aile droite anglaise s'était étendue récemment jusqu'à l'Oise; il savait que le commandement unique n'était pas réalisé chez les alliés et il devait espérer que l'entente des commandements anglais et français ne suffirait pas à amener les décisions rapidement nécessaires contre une surprise du genre de celle qu'il préparait. »

Trois armées allemandes sont en ligne du nord au sud: la 17*^ {Otto von Below), la 2*^ {von der Marwitz); la 18*^ {von Hutier).

Sur mer. — Combat entre destroyers anglais, français et allemands, au large de Dunkerque. Trois navires ennemis sont coulés.

la résistance, et ils se sentent aidés par une artillerie qui a dominé celle de l'ennemi au

point de rendre la réaction presque impossible.

Page 1