‹ La Guerre au jour le jourChapitre 299 sur 360 · SUR LA LIGNE DE LA SOMME · texte numérisé non relu

SUR LA LIGNE DE LA SOMME

Le canon-fantôme a recommencé hier matin ses exercices. Paris ne s'en est pas ému plus que la veille, et n'était la difficulté des communications, on ne s'apercevrait guère, en parcourant les rues de la capitale, que les Boches se livrent à une démonstration destinée à estomaquer l'univers.

Ils possèdent évidemment des gens très forts en balistique. Mais quels résultats peuvent-ils espérer de cette entreprise stupide qui consiste à lancer, tous les quarts d'heifre au plus, un projectile qui ne peut faire de mal que par hasard? Et combien de temps doit durer cette gageure ? Juste ce qu'il faut pour mettre la pièce hors de service, en admettant que nos canonniers ou nos aviateurs ne s'en chargent pas.

Mars.)

Passons donc à des choses plus sérieuses. La bataille engagée contre le front anglais se poursuit dans des conditions d'extrême violence, et, chez les Allemands, de fureur indicible. On sent parfaitement que, pour ceux-ci, c'est la partie suprême qui se joue, et je dois dire qu'ils ne ménagent rien pour la gagner. Ils se ruent sur leur adversaire avec une sorte de rage aveugle qui, comme on nous le dit, ne tient aucun compte des pertes. Celles-ci, cependant, doivent être fort lourdes. Dans ces colonnes épaisses, qui sont lancées à l'assaut de positions redoutables, les fusils et les canons de nos alliés ouvrent des sillons sanglants. Mais on sait que le kaiser place ses ambitions au-dessus delà vie de ses sujets.

(CI. Chusseau-Haviens.)

Artillerie anglaise en route pour le front.

U-COLONEL ROUSSET

(Cl. Meurisse..)

Tanks attendant l'ordre de partir en avant.

Sans doute, les Anglais ont reculé de quelques kilomètres. Mais leurs nouvelles positions résistent.

Le prince Ruprecht croyait si bien ?

l'ouverture rapide d'une grande brèche qu'il avait envoyé sa cavalerie pour franchir celle-ci et compléter l'affaire par une de ces tempêtes équestres qui accompagnent les dénouements victorieux. C'était aller trop vite en besogne, car une simple brigade, qui déjà venait de repoifôser six attaques, a mis en fuite ces escadrons orgueilleux.

Et pendant ce temps, des nuées d'avions planaient sur le champ de carnage, s' effor-

çant de pénétrer le jeu de l'ennemi, d'aveugler ses canons, de disperser ses troupes de renfort. Mais, ici, la victoire est restée sans conteste aux Anglais qui ont détruit ou abattu près de cinquante appareils boches, et n'en ont eux-mêmes perdu que huit. Bel exemple, et que nous devons suivre, car le jour où nous serons devenus irrévocablement les maîtres de l'air, on verra poindre l'effondrement de la puissance allemande. Tournons donc notre effort vers l'aviation, je ne cesserai de le répéter, et, en lui donnant une constitution solide, organisons-la comme une arme irrésistible de combat.

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