‹ La Guerre au jour le jourChapitre 3 sur 360 · POUR LE MAINTIEN DES FORCES MORALES · texte numérisé non relu

POUR LE MAINTIEN DES FORCES MORALES

(13 Juin.),

Je reçois journellement une très grande quantité de lettres, auxquelles on comprendra qu'il me soit impossible de répondre individuellement, même par secrétaires. Beaucoup d'entre elles m'apportent des doléances personnelles, visant des cas particuliers dont la multiplicité et la variété s'expliquent par l'énorme masse des hommes inobilisés, mais qui ne peuvent être examinés congrûment et résolus que par l'autorité chargée directement d'y pourvoir.

D'autres, au contraire, ont trait à des faits d'ordre général, qui intéressent l'armée tout entière ou des fractions importantes de celle-ci, et relèvent par conséquent, au moins dans une certaine mesure, de Topinion publique. Ces faits, il est facile de les contrôler, et lorsqu'ils ont été reconnus exacts, c'est un devoir de les signaler à 1,'attention du commandement et des pouvoirs établis. La disette d'événements militaires m'en donnant aujourd'hui le loisir, je le ferai, avec toute la modération qui convient à ces sortes de choses, mais avec la fermeté que commande l'intérêt général de l'armée et du pays.

Passons sur la question des permissions,, qui a fait cpuler beaucoup d'encre, et qu'une décision récente du commandant en chef vient, du moins je l'espère, d'apaiser pour toujours. Il est indéniable qu'une inégalité parfois choquante a trop longtemps présidé à la distribution de cette faveur, ■ — ■ car c'en est une, qui reste toujours' soumise aux règles de la discipline générale et aux nécessités du service ; — mais dès qu'une réglementation est intervenue pour en régulariser l'octroi, il ne doit plus y avoir, où que ce soit, place pour l'arbitraire. Chacun acquiert du coup les mêmes droits, en dehors, bien entendu, de l'intervention de raisons supérieures dont le commandement est seul juge, et qu'il peut invoquer avec pleine liberté d'action. C'est d'ailleurs ce qu'a écrit, en termes explicites, le général Pétain .

Autre affaire maintenant : celle des relèves. Il est arrivé trop souvent que des unités sont restées en première ligne plus longtemps peut-être que ne l'exigeaient les circonstances, plus longtemps, en tout cas, que d'autres qu'elles ^oyaient

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