‹ La Guerre au jour le jourChapitre 4 sur 360 · ÊS^^F · texte numérisé non relu

ÊS^^F

^KKm^^Ê^^^^K^

' *^ .^^^^Dk^^l^^^l

tJ

fi>

' " >I^Éâr40

îrfii^&^Bfc^S^

Éf^' ■ ^Wk' ■ -^■^'

au. is

v^» . - ••, K^Ef* - . «-

^jp^^^jwjiy

J^f' ^^^^Êm^ ^sfl

^.^dBH^^^^^^^^^H^Br^ '-

fi r ^^ ■

"si

Wk

i-USi.j

o es

Ll-COLONEL ROUSSET

s'en aller au repos. Or, à moins de nécessité absolue et inéluctable, il y a toujours danger à tendre la corde jusqu'à l'extrême, quels que puissent . être le courage et la constance des hommes. C'est également une erreur, à mon sens, de transformer le séjour à l'arrière en une période de revues ou de manœuvres. Que l'on occupe les soldats, soit, parce que l'oisiveté complète est mauvaise et qu'il est obligatoire parfois de remettre les troupes en main. Mais qu'on ne les accable point d'exercices surérogatoires. Il faut que le retrait des tranchées soit pour eux une détente, au jihysique autant qu'au moral.

Dirai-je encore que tout ce qui regarde l'avancement devrait être étudié et pré- ])aré avec un soin jaloux, afin qu'il n'y nit jamais même l'apparence d'un passedroit? Je pourrais citer un régiment d'infanterie qui a toujours été sur le front et vient de rester neuf mois en ligne. De])uis plus d'un an, il n'a connu ni une nomination de lieutenant, ni une citation. Pourquoi cet oubli? Je l'ignore. Mais je ne suis que trop certain qu'il a provoqué au moins du malaise.

,Les citations elles-mêmes, — ■ et par là j'entends les désignations faites par les communiqués, - — devraient cesser de s'appliquer uniquement, aux héros de l'aviation. Ceux-ci sont dignes assurément de tous -nos éloges et de toute notre admiration. Mais ces superbes fantassins qui triment. dans des tranchées inconfortables.

où la mort les guette sans relâche, et n'en sortent que pour braver, avec quel courage, on le sait, la mitraille ennemie ; ces artilleurs impassibles sous les obus et ces aviateurs de réglage qui remplissent leur pénible rôle avec une si belle abnégation, ne mériteraient-ils pas, les uns et les autres, d'être également, au moins quelquefois, à l'honneur? On ne les y met jamais, car pour eux, comme pour ceux qui les commandent, l'anonymat ne souffre point d'atteinte. Voilà un fait inexplicable et que, au moins à ma connaissance, aucune raison militaire ne saurait justifier.

J'arrête là pour aujourd'hui mes réflexions, qui pourraient être continuées.

Je les soumets avec déférence à ceux qui ont la charge de nos destinées, au front comme à l'intérieur. Et je leur demande aussi de faire cesser sans délai la propagande impie qui s'exerce sur nos pauvres permissionnaires, abandonnés dans les gares, où ils stationnent, harassés, pendant de longues heures, tandis que les guettent les propagateurs de panique, les voleurs à la tire et les tristes coryphées de la plus basse pi^ostitution.

Il ne s'agit, pour faire cesser tout cela, que d'exercer une surveillance plus active et un contrôle plus assidu. Ne sommesnous pas en. droit de réclamer l'une et l'autre, quand d'eux dépend la santé physique et morale de ceux ([ui déii-ndent notre soi et sauvegardent notre a\ enir?

(Cl. B.yer.)

Nos grenadiers pendant Vattaqne de Cerny.

Lt-COLONEL ROUSSEf

LÀ GUERRE AU JOUR LE jOUk

Page 1