ACCALMIE OU ARRET
(3 Avril.)
La bataille s'est apaisée. Si occasionnel et temporaire que puisse être cet arrêt, il n'en indique pas moins, chez l'ennemi, une impuissance relative ou tout au moins une lassitude exigeant l'administration de quelques réconfortants. C'est que, comme dit un journal de Dresde qui passe pour refléter en général les idées du kronprinz, les armées allemandes n'ont pu avancer, depuis le début de leur offensive, qu'en
laissant derrière elles « des montagnes de cadavres ». Et l'anémie qui résulte pour elles de ces énormes pertes exige que l'on procède à la transfusion du sang.
Je ne doute pas un seul instant que l'état-major allemand, engagé — peutêtre contre le gré de quelques-uns de ses membres, et non des moins huppés — dans une aventure à laquelle il n'y a point d'autre issue que le triomphe ou
t-l-COLONEL ROUSSET
(Cl. Beaufrère et Sect. phot.de l'Armée.)