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LA BATAILLE D'YPRES A BAILLEUL SE DEROULE DE PLUS EN PLUS VIOLENTE

Les Allemands continuent sans se lasser leurs ruées massives, et malheureusement ils mettent en jeu des forces telles que nos vaillants alliés ne peuvent pas toujours leur résister. Hier, trois nouvelles divisions ont été engagées .contre Bailleul, qvi'elles ont réussi à enlever, ainsi que les hauteurs avoisinantes, contreforts avancés du mont des Cats. D'autres attaques ont révissi à Meteren et à W^^tschaete ; mais du côté de Vieux-Bcrquin, aucun progrès n'a été effectué.

La perte de Bailleul est assurément un événement de sérieuse importance, et il serait puéril de contester qu'il confère aux Allemands un avantage réel." Il n'a

cependaiit rien encore de décisif. Ce bourg était disputé depuis plusieurs jours avec acharnement. Un moment, même, on l'avait cru perdu. L'ennemi s'est emparé de ses ruines. Il faut maintenant, sous peine d'avoir fait un effort inutile, qu'il en débouche. Or, devant lui se trouve le mont des Cats, avec son long contrefoi t oriental, que les Anglais doivent occuper maintenant, puisqu'ils accusent également un repli au nord de Wulverghem.

Là, ils peuvent opposer une forte résistance, surtout s'ils sont étayés. Nous avons la ferme confiance qu'ils n'y failliront pas.

Personne, au reste, ne peut s'étonner que.

Bailleul, vue prise avant inoccupation,

(Cl. Branger.)

Li-COLONEL ROUSSET

dans cette formidable bataille, il y ait des hauts et des bas. Toute la question est de savoir si, au prix de ses énormes sacri-

min dans la plaine d'Hazebrouck. Le succès qu'il a obtenu hier ne lui donne pas encore, à beaucoup près, cette satis^

fices, l'ennemi réussira à s'ouvrir un che- faction.

DE LA FORÊT DE NIEPPE A WYTSCHAETE, DE NOUVELLES ATTAQUES ALLEMANDES SONT REPOUSSÉES

(18 Avril.)

"Les Anglais ont effectué un nouveau recul. Peut-il ou non entraîner des conséquences graves? Toute la question est là, parce que, dans une bataille comme celle qui se livre en ce moment, ce n'est point l'amplitude plus ou moins accentuée des flux et des reflux qu'il faut mesurer. Seules sont intéressantes les suites que ces mouvements peuvent comporter.

Les armées allemandes, auxquelles on infuse sans relâche un sang nouveau, avaient réussi, après une journée de bataille furieuse, à s'emparer de Bailleul, à entrer dans Meteren, à dépasser Wulverghem, Wytschaete, Saint-Eloi, et à pousser jusqu'à Kemmel. Voilà le fait. Je ne dirai pasqu'il fût insignifiant nimême négligeable. Mais j e ne 1 ' a i j amais cru de nature à donner aux Allemands la sensation qu'ils en eussent fini avec les difficultés.

Nos alliés occupent maintenant, comme je le disais hier, les hauteurs qui courent depuis les monts des Cats jusque vers la route d'Armentières à Ypres, et constituent im assez gros morceau à enlever.

L'ennemi essayera de les tourner par Wytschaete, ce n'est pas douteux. 11 s'étendra même peut-être plus au nord, dans la direction d' Ypres, de même qu'en ce moment il esquisse, pour la troisième ou quatrième fois, un mouvement débordant vers le sud, du côté du canal de la Bassée, d'Arras. et même plus loin que la Somme. Ce développement anormal donné à la lignede bataille n'est point pour nous effrayer, car il entraîne une singulière dilution des forces, quel que soit le chiffre de bataillonsauquel se peuvent évaluer celles-ci. L'attaque directe, massive, globale, dans la direction de Steenwoorde et de Cassel, serait bien plus à redouter. Seulement elle est aussi beaucoup plus difficile et aléatoire, et l'ennemi n'y recourra sans doute que faute de pouvoir faire mieux.

Maintenant, voyons le bilan. Des divisions fraîches ont été jetées d'un bloc dans la fournaise, relevant celles qui étaient épuisées. Une impulsion nouvelle et farouche a été donnée à toute la ligne, tandis qu'en arrière, des masses épaisses, souvent

(CI Miniitry of Information.)

Les rnlnesdn village de Merville.

Lt~COLONEL ROUSSET

La résistance britannique

Les Allemands, pour obtenir un succès définitif, décuplèrent l'envoi de leurs gaz toxiques. C'est dans une atmosphère empoisonnée, qui s'épaississait et se renouvelait

milieu des gaz délétères

ians cesse, que les artilleurs anglais assurèrent la résistance. Elle fut efficace et nagnifique. Calais, Dunkerque, après Amiens, échappèrent atfx convoitises de Vennemi.

U-CCLONEL ROUSSET

éprouvées par le tir des avions, faisaient office de propulseur. On a poussé le feu de l'artillerie jusqu'à, la frénésie. On a prodigué la matière humaine. Et qu'a-t-on gagné? Trois ou quatre kilomètres d'un terrain derrière lequel se dresse une bar-' rière naturelle, qu'il faut maintenant renverser à tout prix. L'ennemi dispute encore autour de Bailleul, de Meteren et du côté de Wytschaete. Ici la disproportion est telle, entre l'effet et les causes, qu'on se demande combien de succès de cette

nature seraient encore nécessaires pour amener la décision.

Je le dis en toute sincérité, il ne s'agit pas ici de passer l'éponge sur un incident assurément malheureux. Il s'agit seulement de le réduire à ses dimensions exactes, parce que, je le répète encore, les fluctuations d'une bataille aussi gigantesque ne deviennent vraiment inquiétantes que quand, ce qui n'est pas le cas, pour les alliés et pour leur chef, on a été mis dans l'impuissance de les gouverner.

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