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ENRAYE AU PRIX DE DURS

L'ennemi a vainement essayé, par de très vives attaques, d'élargir son succès du KemmeJ. La nuit de vendredi à samedi a été marquée par de furieux combats, livrés les uns sur le front Locre-la Clytte, les autres sur le front Veerstraat-Voormezeele. La première de ces localités, passée plusieurs fois de mains en mains, nous est finalement restée. La dernière a été également prise par les Allemands et reprise par les Anglais. Toutefois, la situation demeure assez confuse et la hauteur du Scherpenberg est fortement canonnée. Les Allemands, obligés par leur épuisement même à se tenir tranquilles pendant la journée de samedi, ne renoncent pas encore à la lutte. Il faut donc tenir plus que jamais l'œil ouvert sur leurs agissements.

Du côté d'Amiens, même silence après des rencontres très chaudes. Là, l'ennemi ayant mis en mouvement ses tanks, s'éiait lancé sur le plateau de Villers-Bretonneux, dont la perte lui est particulièrement sensible. Non seulement il ne l'a pas repris, mais même il a encore quelque peu recvilé, laissant aux mains de son adversaire environ 900 prisonniers. De ce côté donc, on peut dire que la situation est suffisamment rétablie pour que toute inqviiétude ait, en ce moment, disparu.

Les choses vont-elles en rester là, ou

Ludendorff tient-il prête quelque anguille sous roche, et cherche-t-il à nous assaillir sur des terrains moins récalcitrants? L'intensité croissante que prend la lutte d'artillerie en différents points du front, devant Lassigny et Noyon, par exemple, pourrait le faire croire. Mais le canon a déjà tonné tant de fois sans autre conclusion, qu'il ne faut pas se fier à ses brusques rentrées en scène pour augurer du lendemain.

Nous savons par expérience que kconcept militaire allemand est toujours à plusieurs faces, et qu'il prend celle à laquelle les circonstances l'obligent. La grande bataille engagée, cette bataille que l'on voudrait décisive, ne peut s'arrêter à la prise du Kemmel, si terriblement et si glorieusement disputé par nous. L'Étatmajor germanique ne compte ses hommes qu'avant la lutte et non après. Tant qu'il en a, il les jette dans la bagarre là où il croit pouvoir espérer que celle-ci tournera selon ses vœux. Je serais donc bien surpris si, ayant entamé commejil l'a fait la ligne qui barre la plaine de Poperinghe, il ne poursuivait pas son action, afin de déborder par le sud-est ce qu'il en reste et de prendre, par la même occasion, l'Yser à revers. Mais j'ajoute que cela ne l'empêcherait pas de faire en même temps pression par ailleurs.

Le mont des Cats que les Allemands ne parent aborder.

U. beautièreJ

U-COLONEL ROUSSET

Sur le front. — La journée n'est marquée que par des combats locaux, dont le plus important se termine pari échec d'une tentative allemande sur nos positions deLocre, au nord de Bailleul.

Conseil naval interallié. — Ce conseil vient de discuter, du 26 au 28 avril, sous la présidence du ministre de la Marine français, les mesures propres à rendre toujours plus étroite la collabcration des marines alliées dans les éventualités diverses qui pourraient se produire.

Ses membres adressent au premier lordde l'Amirauté et à la flotte britannique toute entière, l'expression de leur admiration pour le sang-frcid et le courage déployés dans l'attaque de Zeebrugge, et pour [a rapidité avec laquelle les objectifs proposés ont été atteints, malgré les énormes difficultés qui ont accompagné les opérations et la résistance désespérée de l'ennem i.

Ostende et Zeebrugge. — M. Raymond Lestonnat donne sur ces deux ports, dans /'Illustration, les détails suivants:

•^ Le port d' Ostende est artificiel , son entrée est formée par deux jetées à claire-voie de plus de 600 mètres de longueur; le chenal a environ 180 mètres de large entre les têtes des jetées, mais se rétrécit, par place, à l'intérieur. C'est le terminus de nombreux canaux de cette partie de la Belgique.

Le port de Zeebrugge situé au débouché du canal Léo pold, qui réunit Bruges à la mer, est abrité par une jetée courbe de 2 700 mètres de longueur. Cette jetée est à claire-voie sur une partie de sa largeur pour permettre le passage du courant. Sur une partie de son côté interne sont disposés des quais. La rade abritée a une surface de 1 20 hectares. Un chenal balisé de 750 mètres de longueur mène à travers la rade jusqu'à l'entrée du canal Léopold.»

témoin l'exemple de Villers-Bretonneux et de Hangard.

Visiblement, LudendoifE, qui sait h quel adversaire il a affaire, voudrait arriver à le désorienter et à l'entraîner dans quelque fausse manœuvre. C'est vme œuvre bien difficile qu'il entreprend là, car, même s'il réussissait à refouler entre Bailleul et Ypres les troupes alliées, ■ — en quoi il est encore

assez loin de compte, — il n'en aurait pas moins, du côté de la Lys, des derrières très vulnérables. Or, rien n'est plus dangereux avec un adversaire vigilant, et c'est pourquoi nous sommes autorisés à croire que, tout en poussant sa pointe, il essayera, par des actions concomitantes dont le théâtre est encore inconnu, de donner un peu plus de sécurité à ceux-ci.

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