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OPERATIONS HEUREUSES AUX AVANCEES D'AMIENS

(4 Mai.)

Bien que les opérations de détail, plutôt heureuses pour nous, qui sont signalées sur le front franco- anglais ne comportent pas d'indication ferme sur la reprise imminente des grandes actions de force, d'autres symptômes se manifestent dont on peut conclure que celles-ci recommenceront au premier jour.

C'est d'abord l'activité fiévreuse qu'apportent les Allemands à la reconstitution des unités les plus éprouvées ; c'est la concentration sur certains points d'une artillerie de plus en plus formidable et l'accumulation de munitions dont le transport est ininterrompu ; c'est enfin la poussée hâtive de l'instruction des dernières classes appelées et le soin qui est apporté à leur solide encadrement. On sent que l'ennemi compte encore, malgré ses déboires, procéder par écrasement, et qu'il exploite jusqu'à l'extrême limite l'avantage que lui confère la possession des lignes intérieures, terrain sur lequel nous sommes évidemment moins privilégiés.

A cette tactique brutale, quelle riposte opposer? Le courage et le sang-froid d'abord, qui ne nous manquent pas. Ensuite, la puissance supérieure du matériel, qui, e crois pouvoir l'affirmer, ne nous manque

pas davantage. Enfin, l'unification la plus absolue de l'effort commun, sous un commandement tenant dans ses mains toutes les cartes. A cet égard, la conférenced'Abbeville vient de confirmer encore, d'une façon éclatante, l'accord intime qui existe entre tous les alliés.

Mais il est un autre élément dont on doit tenir le plus grand compte. C'est l'aviation. Nous avons fait depuis quelque temps, dans ce domaine, des progrès indiscutables. Nous n'en ferons jamais trop pour avoir la victoire, car plus les événements marchent, plus ils nous fortifient dans la conviction que c'est l'air qui nous la donnera.

Il nous faut premièrement un matériel suffisamment puissant, rapide, nombreux et fortement constitué pour intervenir dans la bataille elle-même, aveugler l'artillerie ennemie et porter la perturbation à la fois dans les convois et dans les troupes de l'arrière. Il nous en faut un autre, non moins copieux, pour faire en territoire allemand les incursions meurtrières et dévastatrices-qui nous sont encore interdites sur terre. Des puissances de proie nous font une guerre de ruines et d'extermination. Elles ne livrent pas seulement bataille aux sol-

Lt-COLONEL ROUSSET

Les rives de l'Avre, célèbres désormais par les /WÏirT^^^il&^ïr^riTTi^ tance française brisa l'offensive ennemie.

Ingénieurs britanniques élevant, sur le canal, un pont provisoire pour le passage des tracteurs et de l'artillerie.

Li-COLONEL ROUSSET

LA GUERRE Ab JOUR LE JOUR

dats, mais à la popTilation elle-même, aux femmes, aux enfants, aux infirmes et aux vieillards. Elles commettent des atrocités innommables, qui ne doivent point rester impunies, non seulement parce que la justice en serait offusquée, mais parce qu'elles alimentent leur confiance, leur audace et leur orgueil féroce. Rendons-nous

assez forts pour ne pas les tolérer plus longtemps.

Détruire les villes du Rhin était déjà pour les alliés un droit. Cela devient maintenant un devoir. Si nous voulons voir bientôt la fin de cette lutte terrible, frappons hardiment Cologne, Mayence et Francfort.

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