‹ La Guerre au jour le jourChapitre 343 sur 360 · LES MOYENS DE VAINCRE · texte numérisé non relu

LES MOYENS DE VAINCRE

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Les , Allemands commenceraient-ils à s'inquiéter sérieusement des menaces de représailles que le développement considérable de notre aviation dresse devant les villes le plus à portée de nos coups? On pourrait le croire en voyant le chancelier Hertling aborder, bien qu'indirectement et par prétérition en quelque sorte, cette irritante question devant le Reichstag : « Si des ouvertures à cet égard devaient se produire, a-t-il dit, ce seraient les autorités militaires qui, les premières, auraient à les examiner. » Ceci signifie tout simplement qu'on ne les repousserait pas a priori et par conséquent qu'on ne serait pas fâché qu'elles s'engagent. Façon commode de s'éviter des châtiments que l'on sait avoir amplement mérités.

Il est trop tard. Tant que l'ennemi nous a connus en position d'infériorité au point de vue aérien, il s'en est donné à cœur joie, bombardant, incendiant, massacrant

avec une sorte de frénésie sauvage. Maintenant qu'il se voit exposé ,à subir la peine du talion, il voudrait se préserver de ses conséquences et fait mine de vouloir entrer en arrangements. Mais il est de ceux avec qui on ne cause pas, surtout quand on se sent en force, et ce serait duperie pure de souscrire avec lui des^conventions qu'il serait le premier à violer. \Comme a dit le président Wilson lui-même, cette guerre ne peut finir que par la raison du plus fort.

Jusqu'à présent, ce sont "^surtout les établissements militaires allemands qui ont été visés. Ils sont encore en^ce moment, je le reconnais, mis à une rude épreuve, comme en fait foi le dernier communiqué britannique, qui signale des raids très effectifs sur Bapaume, Chaulnes et Thionville.

L'embouteillage de Zeebrugge, dont les feuilles boches ne peuvent plus contester

(Cl.lV:inistryo{ Information.)

Après la bataille. Un coin de Meteren dévasté.

Lt-COLONEL ROUSSET

] importance, s'achève par la voie des airs. Et tout cela est fort bien, parce qu'on peut en déduire ce dont les alliés sont désormais capables. Mais il faut faire mieux encore, et plus. L'émoi des villes allemandes les plus exposées, cause directe et efficiente des insinuations arrachées au chancelier, nous indique clairement le parti que nous pourrions tirer d'une action vigoureuse qui lui donnerait des raisons plus justifiées de se manifester. Tant que l'État-major allemand ne sentira pas derrière lui un remous capable d'exercer sa répercussion jusqu'au front lui-même, il renouvellera les coups de massue sans se laisser arrêter ni par les insuccès ni par les pertes. Pour la troisième fois, il se recueille, mais avec l'intention de rebondir plus énergiquement encore ' que par le passé, s'il le peut. Sentant très bien que la situation se hérisse pour lui de difficultés nouvelles, parce que d'abord

la fusion intime des forces alliées sous un commandement unique nous confère une force plus grande, parce que, par une série de hardis et heureux coups de main, nous avons amélioré sensiblement nos positiofis défensives, parce qu'enfin nous ne nous faisons point d'illusion sur ses intentions, il se dispose à augmenter encore sa masse et à déployer une vigueur redoublée dans sa prochaine attaque. La résistance militaire qui lui sera opposée doit être complétée par l'emploi de tous les moyens propres à agir sur les nerfs de l'armée et du pays.

Un de ceux-ci, et des meilleurs, est assurément la mise à fnal de quelques cités prospères. Un autre serait la rapide intervention du Japon en Sibérie, qui replacerait l'Allemagne entre deux feux. Je l'ai bien souvent réclamée. Je doute qu'elle puisse jamais rencontrer moment plus opportun.

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