VERS LES SITUATIONS PLUS CLAIRES
(14 Juin.)
Nos alliés britanniques, qui entendent montrer aux Allemands que leur succès (le Wytschaete n'est point un simple coup du hasard, donnent chaque jour à celui-ci des compléments qui l'affirment et l'assurent. Ils avancent lentement, mais régulièrement, au delà de Messines et sur les deux rives de la Souchez. Au reste, le maréchal Douglas Haig vient (le faire, dans l'ordre de félicitations qu'il a adressé aube soldats du général Plumer, un exposé à la fois clair et précis de sa méthode, exposé qui, je ne le constate point sans quelque fierté, confirme pleinement ce que j'en avais dit ici même, (piand j'ai examiné dans ses détails la dernière opération si bien menée et si complètement réussie par les Anglais.
Sur les autres parties des différents fronts, il n'est question que de canonnades et d'affaires infinitésimales. Cependant, on pourrait croire, à lire les bulletins allemands, que l'armée russe n'est plus aussi figée. On nous parle d'un regain (l'activité assez sensible, qui se manifesterait d'un bout à l'autre du front de bandiôre, depuis la Duna jusqu'à la Narazowka, en Galicie. Il faut toujours se méfier des nouvelles boches, dont la source est souvent intéressée et les auteurs suspects. Cependant, elles concordent ici non seulement avec celles d'Autriche mais, encore avec les renseignements officieux
venant de Petrograd. Elles ne sont donc pas, peiit-être, de simples ballons d'essai. Espérons qu'il en est ainsi, puisque, aussi bien, le coup de théâtre qui vient de se jouer 'à Athènes éclaircit une situation jusqu'ici fort embrouillée, et dont les mauvais effets pouvaient parfaitement ne point nous être absolument personnels.
Il est clair que les opérations éventuelles dont la Galicie et la frontière moldave étaient les théâtres désignés risquaient d'être influencées fâcheusement par l'immobilisation relative à laquelle se trouvait condamnée l'armée de Macédoine, justement inquiète pour ses derrières, et conséquemment gênée dans ses mouvements.
La révolution de palais qui nous a débarrassés d'un ennemi d'autant plus dangereux qu'il était plus hypocrite met fin à cette espèce de paralysie trop longtemps supportée.
* * Paris a aujourd'hui un hôte de marque, le général Pershing, qui nous apporte, avec sa personne, le premier gage du concours américain. L'accueil qu'il a reçu lui montre tout le prix que la nation française attache à ce concours, et l'estime particulière dans laquelle est tenue ici la haute personnalité qui en est comme le symbole. Cette alliance du Nouveau-Monde avec l'Ancien, pour la victoire du droit, est un des plus grands événements de
(Cl. Boycr.)
Une attaque à la grenade aux abords de Cerny.
Li-COLONEL ROUSSET
Les tanks à travers
La lutte sans merci qui nous a été imposée bouleverse l'aspect de toutes les contrées o elle sévit, et la présence des tanks britanniques révolutionne le calme des sables d désert. On voit ici les nouveaux engins évoluer avec autant d'aisance sur le sol ariq
is palmiers de Syrie.
mouvant de Syrie que dans les trous boueux des Flandres. Dissimulés par des alniiers ils approchent, puis s'élancent, crachant de partout la mitraille, — et la anchée turque , après leur passage, n'est plus, pour ses défenseurs, qu'un largetomheau.
Lt-COLONEL ROUSSET
l'Histoire, et doit marquer une heure décisive dans les fastes de l'humanité. Sans doute il faudra attendre encore que la main tendue aux démocraties européennes par la puissante république américaine soit assez solidement armée pour les aider à achever, de son gantelet de fer, l'écrasement du colosse malfaisant qui se débat dans des Convulsions prochainement mortelles. Ce qui nous vient d'elle
en ce moment nest qu'un acompte précieux, où nous voyons le premier témoignage de sa fraternelle amitié. Nous saluons donc avec émotion et cordialité l'éminent représentant de notre grande alliée. Et nous lui souhaitons de tout cœur la bienvenue sur cette terre de France, à la libération de laquelle doivent contribuer sa vaillance et celle de ses soldats.