LA POUSSEE RUSSE S'ACCENTUE PAR LE SUD
(15 Juillet.)
Pour essayer de faire contre-poids à la poussée russe en GaUcie, les Austro-Alle-
mands ont dessiné jeudi, près de Kiselin, entre Loutsk et Vladimir- Volinsky, une
U-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
En Champagne. — Au cours de la nuit nos reconnaissances ont pénétré dans les lignes allemandes à l'ouest de la ferme Navarin: elles ont détruit des abris, infligé des pertes sensibles à l'ennemi et ramené des prisonniers.
Front russe. — Début d'une contre-offensive allemande sur Kalusz : l'armée Kornilof maintient ses positions sur la Lonmica et s'empare du village de Novitsa.
En Allemagne. — Les journaux annoncent les démissions sensatioimelles du chancelier de Bethmann- Hollweg et du ministre de la Guerre, général von Stein.
En Grèce. — M. Venizelos soumet au roi Alexandre, le décret de rappel de la Chambre des députés élw au mois de mai et 1915 et qui avait été dissoute illégalement par le roi Constantin dont elle pouOait déjouer les intrigu.s germanophiles.
Au nord de l'Aisne. — Vifs combats dans la région à l'ouest de Cerny oit les Allemands lancent dans la soirée une attaque appuyée de gros effectifs : la lutte se prolonge pendant toute la nuit; nous perdons quelques éléments de première ligne, mais l'ennemi qui a réussi un moment à progresser jusqu'à nos tranchées de soutien, ne peut s'y maintenir.
En Champagne. — Ici, c'est nous qui prenons l'initiative de l'attaque, dans le massif de Moronvilliers, où nous enlevons les positions ennemies au nord du mont Haut et sur les pentes nord-est du Téton, en réalisant une avance de 300 mètres de profondeur sur un front de 800.
Reims continue à être bombardé très violemment tous 'es jours. Deux mille obus sont tombés aujourd'hui.
En Allemagne. — M.Michaëlis est nommé Chancelier impérial et président du Conseil prussien.
A Paris. — Fête des drapeaux, défilé des troupes.
attaque assez sérieuse, qui, d'ailleurs, a complètement échoué. Et Kornilof ne paraît pas en avoir été émotionné le moins du monde, car il a encore, le même jour, réalisé une avance sensible, au cours de laquelle plus de 850 prisonniers, cinq canons et dix mitrailleuses sont tombés entre ses mains.
Ses troupes, débordant la Lomnica, occupent maintenant les hauteurs de la rive gauche et avancent sur la route de Dolina.
C'est en vain que les Allemands ont envoyé en hâte des renforts à leurs alliés qui, lorsqu'ils sont réduits à euxmêmes, se trouvent toujours en détresse. La trouée ouverte entre les deux complices s'élargit avec une impressionnante rapidité.
Le plan stratégique de Broussiloff, qui l^araît être la reprise pure et simple de celui de l'année dernière, n'étant encore <iu 'ébauché, je considère comme parfaitement inutile de vaticiner sur les événements qui doivent suivre. Mais je crois pouvoir affirmer que les résultats déjà obtenus en quelques jours de bataille ont rétabli, et au delà, les choses sur le pied où elles se trouvaient quand il a fallu naguère interrompre le mouvement. A ce moment, le comte Bothmer avait pu, grâce' à des circonstances auxquelles il était complètement étranger, esquiver un
danger à la fois pressant et grave. Celui-ci reparaît pour lui, plus menaçant encore. Nous verrons si, n'ayant plus, comme alors, à compter sur des circonstances extra-militaires, il réussit, cette fois encore, à s'en débarrasser.
En ce qui concerne le front occidental, les opérations y demeurent sans intérêt et, seule, la guerre aérienne accuse une activité digne d'attention. On a pu voir, d'autre part, les prouesses accomplies par les aviateurs anglais et par les nôtres.
Les premières ne sont point pour nous surprendre, mais les autres nous réjouissent parce qu'elles sont la conséquence évidente d'un récent et fructueux effort.
J'ai sufiSsamment insisté déjà, chaque fois que l'occasion m'en a été donnée, sur l'importance croissante des batailles de l'air, dont les heureux résultats hâteront certainement la victoire. Elles seules peuvent faire cesser l'immobilisation h laquelle nous sommes encore condamnés, à la condition d'être livrées par de puissantes escadres. Ne négUgeons donc rien pour nous procurer celles-ci, que viendra bientôt grossir, dans des proportions presque insoupçonnables, l'apport américain.
U.COLONEL ROUSSET
(Clichés Roi et Trampus.)
Soldats anglais donnant à boire à un prisonnier blessé. — 2. Ancienne ligne de soutien britannique, que la nouvelle avance de nos alliés laisse à l'arrière.
U'COLONEL ROUSSEÎ
LA GUERRE AU JOUR LE JÛUk
'CI, Section phot. de l'Armée.^
Une de nos batteries lourdes camouflées dans un secteur de la Meuse.