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NOS TROUPES PROGRESSENT A MORONVILLIERS

(16 Juillet.)

Après l'inoubliable matinée du 14 juillet, dont les échos retentissent encore aii fond de toutes les âmes, après la révolution de palais qui vient de rendre à la vie privée le maussade et sinistre auteur de la formule des chiffons de papier, les événements de guerre passent presque à l'arrièreplan. Il faut cependant les analyser, car ils tranchent assez violemment sur la banalité qui caractérisait ceux des derniers jours.

En effet, tandis que leurs représentants recevaient ici l'accueil enthousiaste d'une population gagnée par l'émotion la plus saine et la plus fortifiante, les poilus du it célébraient d'une façon toute ..vioïque la fête nationale. Se jetant sur les positions allemandes qui couronnent les pentes septentrionales du Mont-Haut ■kit du Téton, ils les enlevaient, sans souci des chausses-trapes et des fi 's de fer barbelés, sur une largeur de 800 mètres et une profondeur de 300.

D'abord étourdis du coup, les Allemands n'ont pas tardé à revenir à la rescousse, mais aucune de leurs contre-attaques, qui furent nombrevises au cours de la nuit, n'a réussi à ébranler nos soldats. Le terrain conquis par eux a été intégralement conservé, et nous avons fait 360 prisonniers, dont 9 offi.ciers.

11 n'v a là, évidemment, (pi'un succès

local, mais qui a son intérêt, parce qii'il élargit notre établissement dans le massif de Moronvilliers et dégage nos avantlignes, ju.squ'ici serrées d'assez près. Et il y fait également une heureuse contrepartie du très léger avantage que, grâce à une énorme dépense d'hommes et à l'emploi dévergondé des liquides enflammés, les Allemands ont obtenu du côté de Cerny, sur le Chemin des Dames. Ils avaient pu, sur ce point, pénétrer un moment jusqu'à nos tranchées de soutien. Mais nos soldats les en ont bientôt chassés, et n ont laissé entre leurs mains que des éléments de première ligne, sur un front de 300 mètres environ. Le mal n'est donc pas bien grave, et sera probablement réparé avant qu'il soit peu.

L'ennemi n'a pas été plus heureux dans ime tentative de refoulement qu'il a faite à l'ouest du Mort-Homme, où la lutte d'artillerie revêt, depuis quelques jours, une particulière violence. Mais on voit par tout cela que, absent ou présent, le kronprinz s'obstine dans ses efforts, toujours à peu près aussi impuissants. C'est, de sa part, une sorte de gageure, sur l'enjeu de laquelle il ne parvient pas à mettre la main.

Les Austro-Allemands semblent vouloir imiter son exemple sur le front russe.

Après l'affaire manquée de Kiselin, ils se sont évertués, vendredi, à chasser Kor-

UCOLONEL ROUSSET

En Champagne. — L'ennemi lance des forces importantes à l'assaut des positions que nous avons enlevées hier sur le mont Haut et sur les pentes du mont Téton: la lutte commencée dans la soirée se prolonge toute la nuit, avec des alternatives d'avance et de recul.

Front russe. — La bataille continue sur les lignes de la Lomnica : les contre-attaques austro-allemandes deviennent de plus en plus énergiques et arrêtent le; progrès de l'offensive du général KorniloJ.

Etats-Unis. — Mise en vigueur de la loi qui donne au iouvernemenl le contrôle absolu de toutes les exportations de vivres, de combustibles de munitions, etc. Les demandes de neutres ne seront plus satisfaites qu après celles des ciliés et dans la mesure qui permettra de s'assurer que rien n'arrive jusqu'à l'ennemi. Le président Wilson publie à ce sujet une déclaration catégorique.

En Champagne. — La lutte engagée hier se termine par l'échec complet des Allemands. « Quelques-unes de nos tranchées avancées, dit leur communiqué, sont restées aux mains de l'ennemi, et, sur le mont Haut nous n'avons pas pu conserver celles que nous avions enlevées dans la soirée.

Sur mer. — Une escadrillede contre-torpilleursbritanniqaes rencontre dans la mer du Nord unconvoide vapeurs allemands chargés de vivres; elle parvient à en capturer quatre qui sontramenés dans des ports anglais.

Front russe. — Les Austro-Zllemandsont amené d'importants renforts dans la région de Kalusz; ils ont réoccupé le secteur boisé qui se trouve au nord de la ville et progressent également du côté de l'ouest. Les Russes, obligés de céder à la pression ennemie évacuent Kalusz et se replient sur la rive sud de la Lomnica.

L'activité de combat se maintient très vive près de Riga, de Dwinsk et de Smorgonié..

nilof de Kalusz. Ce fut pour eux une peine inutile, car non seulement les Russes sont restés maîtres de la place, mais même ils ont encore réalisé une légère avance au sud -de celle-ci.

Et donc, ce ne sont point ces affaires, ou stériles ou malheureuses, qui débrouilleront la situation politique visiblement embarrassée dans laquelle se débattent li deux kaisers de Vienne et de Berlin.

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