L'ENNEMI A CONTRE-ATTAQUE AVEC ACHARNEMENT SUR LES HAUTEURS DE
MORONVILLIERS
(17 Juillet.)
11 est probable que des ordres venus de haut condamnent les troupes allemandes à d'importants sacrifices pour retarder l'obligation de pénibles aveux. Au beau milieu de la période troublée que traversent les empires du Centre, on voudrait éviter de compliquer les difficultés intérieures en confessant que, sur les divers champs de bataille, on est en train de perdre du terrain peu ou prou. Aussi les contre-attaques se succèdent-elles avec autant de fureur que de rapidité.
Hier, c'est contre les positions perdues du Téton et du Mont-Haut que se sont obstinées les troupes du kronprinz, rentré de Berlin. Marchant à l'assaut en masses compactes, elles ont foncé sur leurs anciennes tranchées, où elles ont finalement éprouvé un échec complet.
Elles n'ont pas pu reprendre ce qu'elles avaient perdu le 14. Et il ne sera pas possible, demain, de publier à Berhn un bulletin contredisant celui d'hier, dans lequel les porte-parole de Ludendorft avouaient, avec d'ailleurs autant de réti-
cences que de détours, un recul que, sans doute, ils espéraient devoir être passager.
D'autres essais de pénétration, moin^ accentués il est vrai, et qui se sont pr« > duits en même temps au sud de Saint- Quentin et de Corbeny, ont eu une issue également malheureuse. Je ne les évoque donc que pour mémoire. Ils constituent, ainsi que les légers progrès que nous avons faits au sud d'Aillés, sur le Chemin des Dames, les^ menus incidents d'une lutte dans laquelle, jusqu'à présent, les forces ennemies n'ont jamais manqué d'avoir Jle dessous.
Sur le front oriental, la situation est depuis deux jours, sans changement 110 table, encore que les Austro-Allemande aient fait les plus grands efforts poiu reprendre Kalusz. Ils n'avaient cédé cettr ville qu'après des combats acharnés, .sf déroulant à travers des fluctuations sanglantes. Ils voudraient, maintenant, la reprendre, en même temps que le cours de la Lomnica. Mais, au lieu d'avancer, c'est eux qui reculent, principalement du
Lt-COLONEL ROUSSET
(Cl. Beaufrère.)
Ancien observatoire allemand conquis par nos troupes à la cote 304.
iCl. Section phot. dé l'Armée
Tranchées- ennemies, à la cote 304, après le succès des armées françaises.
It-tOLONEL ROUSSET
LES FAITS
Rive gauche de la Meuse. — Attaque française entre la pointe sud-ouest du bois d'Avocourt et les pentes ouest de la cote 304 : toutes les tranchées que l'ennemi occupait depuis le 29 juin sont enlevées en quelques minutes et nos troupes, poursuivant leurs succès, emportent de haute lutte les positions allemandes situées au delà, des deux côtés de la route d'Esnes à Malancourt. Notre ligne, reportée en avant d'un kilomètre, va de la corne sud-est du bois d'Avocourt jusqu'aux pentes ouest de la ce te 304 en passant par le bois Camard.
La Maison Royale d'Angleterre. — Au cours d'un important conseil privé le roi George V décide l'abandon des titres d'origine allemande portés depuis trois siècles par sa famille : maison de Hanovre avant Edouard VII et maison de Saxe-Cobourg et Gotha à l avènement de son père. Il adopte pour lui et ses successeurs le titre de maison de Windsor.
Rive gauche de la Meuse. — Contre-attaques allemandes, au cours de la nuit, sur nos nouvelles positions des deux côtés de la route d'Esnes à Malancourt. L'échec d'hier avoué par l'ennemi lui a été très sensible et il fait de grands mais inutiles efforts pour le réparer.
Région de Saint-Quentin. — Vifs combats à l'est de Gauchy sur le mamelon du noulin de TcuvenI, l'ennemi enlève quelques tranchées qu'il ne peut conserver.
En Russie. — De nouveaux troubles ont éclaté à Pdrograd dans la nuit du 1 6 au ]7 et se prolongent sous l'influence des agents de l'Allemagne dont Lénine et ses principaux partisans sont désormais convaincus de faire partie. L'action gouvernementale est paralysée et la propagande criminelle qui s'exerce aux armées rend impossible lac ion du commandement militaire. La Russie entre dans une nouvelle crise plus grave.
côté de Lodziany, qui se trouve à seize kilomètres dans le sud-ouest de Kalusz.
Ils ont encore perdu, en une journée, au moins i 6oo prisonniers.
Plus loin encore, sur la haute rivière, ils opposent une résistance opiniâtre, qui n'a pas empêché nos alliés de gagner la rive gauche, à Perskinsko, malgré la crue très gênante des eaux. La bataille se poursuit donc avec une égale énergie des deux côtés, et pour cette raison ne donne, en ce moment, que des résultats
locaux et partiels. Mais il y a cependant une différence. C'est que les Russes gardent entière leur liberté de manœuvre, tandis que les Allemands d'une part, les Autrichiens de l'autre, sont obligés maintenant de se défendre séparément. Or, tout permet de croire que Broussiloff, après en avoir conféré avec Kerensky, — lequel, sur sa demande expresse, est allé lui rendre visite au front, — ne manquera pas d'exploiter les avantages à lui conférés par cette situation.