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L'AFFAIRE DE LARISSA

(15 Juin.)

Le guet-apens avorté de Larissa montre combien une action de vigueur était devenue nécessaire en Grèce. C'est la seconde fois que pareil fait se produit, avec des conséquences plus ou moins graves. Ce sera la dernière, les acolytes de Constantin devant être désormais réduits à l'impuissance. Il sera bon toutefois de garder l'œil ouvert sur les agissements de ces germanisants, trop portés à suivre leurs inspirateurs dans la pratique courante de la félonie. Ils semblent nous tendre une main, et essayent de nous poignarder de l'autre. Nous savons depuis l'antiquité la plus haute qu'il faut se méfier pe certains Grecs, même s'ils se présentent les bras: chargés de présents.

Quand un gouvernement prévoyant envoya l'armée d'Orient à Salonique, c'était pour y faire une besogne toute

autre que celle à laquelle elle est condamnée présentement. Elle devait combattre les Bulgares, et non point s'occuper des Hellènes, bien qu'ils eussent laissé protester leur signature. Puisqu'il a plu à quelques-uns de ceux-ci de la forcer à changer de rôle, puis d'ajouter la déloyauté au reniement ; puisque le sang français a coulé derechef, je présume qu'on ne s'en tiendra plus à des réparations platoniques et qu'on saura appliquer les lois de la guerre aux responsables de cette lâcheté. Ce serait trop commode, en vérité, de nous porter de pareils coups de Jarnac, pour s'en aller ensuite chercher une retraite à Tatoï.

Si encore ces palikares de contrebande avaient montré une attitude tant soit peu courageuse, on pourrait peut-être leur être plus indulgent. Mais apfès s'être embusqués derrière les casernes pour

Cl. Trampus.

Éclatement d'un obas sur les lignes anglaises au saillant de Messines.

Lt-COLONEL ROUSSET

accomplir leur vilaine action, ils se sont laissé prendre 2 colonels, 51 officiers, 269 hommes, et leur drapeau ! Cartouche vt Mandrin n'étaient guère plus honorables. Seulement, quand la maréchaussée les attaquait, ils se battaient mieux.

Sans donc attacher plus d'importance que de raison à cette misérable aventure,

nous ne saurions oublier qu'elle a coûté la vie à quelques soldats français. Cela suffit amplement pour que nous ne la tenions point pour négligeable, et que nous n'entamions à l'avenir de négociations avec les généraux grecs que chat en poche, c'est-à-dire avec des garanties certaines, des gages .sûrs et même des otages au besoin.

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