EN LITHUANIE, EN GALICIE ET SUR LE FRONT ROUMAIN
; (26 Juillet.)
(Cl. beaufrère.)
C'est, à n'en pas douter, un coup extrêmement pénible que vient encore de recevoir le kronprinz. Ayant, après trois jours de combats furibonds où il faisait donner ce qu'il a de meilleur, — j'entends le corps brandebourg eois célèbre depuis Frédéric-Charles, la garde, particulièrement réputée, et les stotstruppen, qui veulent gagner leurs éperons, — pris pied sur le rebord du Chemin des Dames, il vient, comme on sait, d'en être chassé derechef, avec, même, quelques nouvelles pertes qui n'étaient point dans son programme. Et l'on ne peut pas dire qu'il ait reculé pour mieux sauter, car une suprême tentative de reprise faite par lui, dans la nuit de mardi à mercredi, a complètement échoué.
Maintenant, à qui devons-nous adresser nos éloges et les témoignages de notre gratitude pour ce joli fait d'armes? Je regrette de ne pouvoir le dire, parce qu'ici, l'anonymat est un dogme, qui, comme tous les dogmes, s'impose et ne se discute pas. Nous savons qui a été vaincu, mais nous devons ignorer le nom du vainqueur.
Un communiqué russe nous apporte quelques précisions relatives à la double bataille de Lithuanie et de Galicie, sur lesquelles nous n'avions jusqu'ici que des renseignements de source allemande.
On peut y voir que la 24^ division moscovite — au moins on la désigne, celle-là — a enlevé une partie des positions ennemies le long de la voie ferrée de Dwinsk à Vilna, fait dont Ludendorfî avait négligé de nous entretenir, et que la prise de Krevo, dont il s'était targué, semble se réduire à celle d'une colline située au nord de la ville, et occupée par les Russes le 22 juillet. Il n'y a donc, de ce côté, rien de compromis.
Mais, en Galicie, la situation est plus délicate. Les Austro- Allemands ont atteint Tarnopol qu'ils ont débordé par la rive droite du Sereth, franchie du côté de Trembowla. En outre, bien que paraissant contenus plus au sud, entre Strypa et Sereth, à hauteur de Buczacz, ils n'en menacent pas moins, depuis qu'ils ont repris Halicz, les positions de Stanislau et de Kolomea, dont l'évacuation est commencée.
Pendant ce temps, sur le front roumain, la lutte d'artillerie prend un développement qui rend de plus en plus probables certaines actions prochaines, dont le contre-coup peut devenir intéressant.
Et, à Pétrograd, se constitue un nouvel organe de gouvernement, qui n'est point sans précédents célèbres en temps révolutionnaires ; il a pour rôle essentiel de ramener au devoir, par tous les moyens.
LES FAITS
Au nord de l'Aisne. — Retour offensif français sur les plateaux des Casemates et de Californie : tout le terrain perdu le 22 est repris par nos soldats, à l'exception d'un petit ouvrage abandonné par les deux adversaires, après complète destruction par l'artillerie.
Front russe. — Les communiqués austro-allemands annoncent que « sous les yeux de Sa Majesté l'empereur» les positions russes qui couvraient Tarnopol ont été enlevées aujourd'hui et la ville occupée. Tarnopol était resté au pouvoir de nos alliés depuis le mois de septemhle 1914.
L'ennemi occupe également Stanislau, pris pour la première fois par les Russes en mars 1915, repris par le maréchal Macl^ensen dans l'été de la même année et réoccupé par le général Brotasiloffà la fin de 1916.
Front roumain. — L'armée de nos alliés a repris hier l'offensive dans les vallées du Trotus, de la Putna et de la Susita.
Au nord de l'Aisne. — Les attaques d'infanterie reprennent dans la soirée, avec acharnement, sur un front de 3 kilomètres entre Hurtehise et la Bavette : l'ennemi engage des forces importantes et réussit, au prix de pertes très élevées, à occuper quelques-unes de nos tranchées de première ligne, au sud d'Aillés.
Ambulance bombardée. — Au lever du jour, un avion allemand survole une de nos ambulances Voisines du front à Vaux-Varennes, au nord de Jonch rysur-Vesle : l'aviateur descend à une très faible hauteur de telle manière qu'il doit voir nettement les croix de Genève peintes sur la toiture et qui constituent la sauvegarde des établissements hospitaliers. Il n'en jette pas moins 4 bombes qui toutes tombent dans l'ambulance. Un médecin, un pharmacien et un infirmier sont tués sur le coup ; d'autres sont gravement blessés en même temps que plusieurs des hommes hospitalisés.
Paris. — Réunion de la Conférence ces allu-t.
même les plus radicaux, ceux qui seraient tentés de s'en écarter.
Nous espérons que, sachant intervenir à propos, il ne tardera pas à rétablir par-
tout l'ordre indispensable, que seuls les agissements allemands troublent là-beis, comme ils cherchent très visiblement à le troubler ailleurs.