FRONT OCCIDENTAL ET FRONT ORIENTAL
(27 Juillet.)
Les attaques incessantes de l'ennemi aboutissant toutes à des résultats absolument insignifiants, quand ils ne sont pas négatifs, je crois inutile d'entrer dans des détails qui ne seraient que la répétition des communiqués. Les objectifs changent ; quelques bouts de tranchées sont pris et repris. Après quoi, on s'arrête pour recommencer bientôt après. Voilà, en vérité, une façon de mener la guerre qui échappe à toute analyse, et dont le moins qui se puisse dire est qu'elle ressemble à une gageure contre le sens commun. Il est certain, d'autre part, qu'elle n'a pas de conclusion et ne saurait en avoir. Les gains allemands, quand il y en a, se mesurent au micromètre. Les nôtres ne sont pas beaucoup plus considérables, depuis qu'aux offensives un peu larges ont succédé des combats purement locaux. Il y a donc compensation dans une espèce de néant. Mais nous gardons du moins un indéniable avantage, à savoir qu'étant bien obligés de subir ce qui ne peut être empêché, nous n'en sommes pas positivement incommodés. Nos lignes, malgré quelques fluctuations inévitables, restent
immuables dans leur ensemble, ce à quoi l'ennemi devra bien finir par prendre garde, à moins que toutes ses facultés ne soient fondues dans un aveugle entêtement. Seulement, je ne me charge pas de dire, tant que les choses continueront de la sorte et que la bataille sera ainsi circonscrite, quand cette découverte le calmera.
En attendant, la situation est toujours assez grave sur le front oriental. La bataille de Lithuanie semble s'être un peu apaisée, avant d'avoir donné des résultats appréciables. Mais dans le sud, la retraite de Kornilof prend des allures générales et rapides. L'ennemi s'est emparé de Tarnopol, de Stanislau, de Nadworna. Il approche de Buczacz et non seulement dégage peu à peu la Galicie, mais commence déjà à menacer la Bukovine. Et rien n'indique que la consistance des forces russes se soit beaucoup affermie, puisque Broussiloff a demandé au comité da salut public et obtenu la restitution des droits martiaux que la révolution a si imprudemment abolis. La propagande boche est un mal qu'il faut combattre partout par des moyens implacables. Plus perfide qu3 la
Li-COLONEL ROUSSET