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LA LIGNE ANGLAISE PORTÉE EN AVANT SUR UN FRONT DE 11 KILOMÈTRES

(16 Juin.)

Nos alliés britanniques ont, hier encore, obtenu, à leur aile gauche et sur leur centre, un double succès qui a surtout une portée morale. Il montre d'abord que chez eux ])ersiste une volonté tenace, qui se traduit l)ar des manifestations d'activité ininterrompue ; ensuite que l'ennemi, malgré l'acharnement qu'il met à résister, est <il)ligé de céder constamment à la pression qui l'étreint.

La prise du saillant de Wytschaete, si brillamment accomplie, a donné aux troupes du général Plumer des avantages tactiques dont le profit commence à s'accuser, surtout depuis la dernière avance au sud -est de Messines. Les lignes allemandes installées entre Saint- Yves et la Lys, à travers le grand bois de Ploegsteert, étant exposées à mi débordement imminent par la droite, sont peu à peu obligées de ( éder, et elles ont commencé hier leur mouvement de recul dans la direction de W'arneton. Les communiqués boches nous

diront peut-être qu'il s'agit là d'une simple rectification devenue nécessaire. Nous y verrons, nous, un acheminement fort intéressant vers les derrières de Lille, Roubaix et Tourcoing.

Au nord-ouest de Bullecourt, les trou]K's anglaises ont également procédé à une opération excellente en occupant de vive force une nouvelle fraction de la ligne Hindenburg.

En Thessalie, nos troupes achèvent peu à peu l'occupation d'une région qui pouvait devenir povir elles, d'un jour à l'autre, un guêpier. Des précautions sont prises pour que la malheureuse affaire de Larissa reste à l'état de fait isolé. Et à ce propos, nous nous associons bien volontiers aux félicitations chaleureuses qu'au nom du gouvernement le ministre de la Guerre a adressées à l'armée d'Orient et à son chef. Cette armée, je l'ai dit hier, n'était point, dans la j^ensée de ceux qui l'ont envoyée là-bas, destinée à combattre des Grecs, mais à aider ceux-ci, au contraire, à rcm-

(Cl. Chusseau Flaviiii!.)

Le repos, dans un campement des fameux « Royal fusiliers »,

U-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Front occidental. ■<— [es communiqués ne signalent que des actions de détail. Les prises faites par les Anglais depuis le 7 juin s'élèvent à 7 342 prisonniers dont 143 officiers, 47 canons, 242 mitrailleuses et 60 mortiers de tranchée.

A Londres. — Raid très meurtrier d'une forte escadrille d'avions allemands qui bombardent les faubourgs est de la capitale. On compte 97 tues et 439 blessés parmi lesquels un grand nombre de femmes et d'enfants.

A Paris. — Arrioée du général Pershing commandant en c'nef des troupes américaines, auquel ta capitale fait une magnifique réception.

En Thessalie. — Le gros de nos troupes cantonne autour de Larissa: la cavalerie occupe Trikala à 65 liilomètres à l'ouest de Larissa et à 80 k.ilorr.èlres de Janina où se trouvent les Italiens. Un bataillon de chasseurs est envoyé à Vola,

Front britannique. — Les Anglais attaquent au sud et à l'est de Messines tt sur les deux rives du canal d'Ypre^. La résistance de l'ennemi est partout rapidement brisée ; la journée coâle aux Allemands la perte de leurs lignes entre la Lys et la Warnave, et une grcmde partie de leurs positions avancées entre la Warnave et le canal, et au delà jusqu'à Klein-Zillebeck-

En Crccc. — Le roi Constantin parti d'Athènes hier soir, s embarque aujourd'hui au petit port d'Oropos sur la côte est de l'Attique. Le nouveau roi .Alexandre adresse auxHellènes une proclamation dans laquelle il se déclare prêt à suivre les traces du règne si brillant de son père. Cette proclamation a été rédigée à l'insu de M. fonnart. par un familier de l'ancienne cour.

Sur mer. — Le Zeppelin L. 43 est détruit dans la mer du Nord par les forces navales anglaises. L'équipage disparaît en entier.

j)lir la tâche à eux imposée par leurs anciens engagements. Elle accomplit en ce moment une assez pénible besogne ; mais, comme a dit fort bien M. Painlevé, elle a servi et sert encore glorieusement lacause de l'humanité. Elle doit être, à l'égal de celles qui combattent sur notre sol, l'objet d'une constante sollicitude et recevoir des marques éclatantes de la reconnaissance publique pour le dur labeur qu'au milieu

de difficultés sans nombre, elle a accompli depuis deux ans. C'est en ne ménageant à ceux qui défendent la liberté du monde ni les encouragements, ni les récompenses, ni surtout les témoignages d'une .stricte équité, qu'on maintiendra dans leurs âmes cette ardeur liéroïque dont trois ministres ont magnifié, avanthier, dans un superbe langage, la noblesse et la beauté.

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