IS
" '*ilri' 1 llf jÊfÊ
Hr
èbT^
Lkv^ . -. f^-JÈâSim
■Hj^ '***^
dr^
gl
ngi
WÊM
vfl
ùj^j^^tÊM
Ei
(Cl. Wyndham.)
La traversée du canal de V Yser, à la suite de l'armée anglaise.
Ll-COLONEL ROUSSET
A QUOI TENDENT l ES COMBATS DE L'AISNE (I^Août)
La lutte, toujours très vive sur tout le Chemin des Dames, passe par une série de fluctuations qui modifient insensiblement le tracé des lignes opposées, mais ne changent absolument rien à la situation d'ensemble. Tantôt les Allemands mordent un peu dans nos tranchées.
Tantôt nous mordons au moins autant et quelquefois plus dans les leurs. Et le seul fait à retenir est que nous restons les possesseurs incontestés de ces hauteurs que l'ennemi nous dispute depuis deux mois avec tant de fureur.
Il ne lésine pas sur les frais. Dans la deuxième quinzaine de mai, il n'a pas lancé moins de onze attaques. En juin, il en a lancé vingt. Soixante et onze divisions y ont passé, qu'il a fallu radouber par des moyens de fortune, en jetant au feu des conscrits de 191 8, et en supprimant des unités devenues trop inconsistantes. Le résultat, on le connaît. Il rappelle exactement celui que des efforts pareils obtinrent l'année dernière à Verdun. Je veux dire que, comme l'autre, il sera finalement négatif.
Un document officieux, qui me fournit les détails cités plus haut, laisse entendre, en effet, que, comme cela s'est passé naguère, le. dénouement doit venir d'ailleurs. De même que l'héroïsme des défenseurs de Verdun a rendu possible l'offensive de la
Somme qui, si elle ne fut pas décisive, n'en a pas moins libéré un morceau du sol français, de même l'admirable ténacité des défenseurs du Chemin des Dames et du plateau de Moronvillers — positions conquises par nous, il ne faut pas l'oublier — donne le temps nécessaire à la préparation d'une autre puissante diversion.
Et, par un jeu de balance naturel à la guerre, il arrive que, dans ces opérations dépendantes et réciproques, un côté dégage l'autre, comme par une sorte d'entr'aide.
Le document dont je parle ne ménage pas ses éloges aux tenaces gardiens de la falaise de Craonne qui, bien qu'ayant contribué de leur mieux à la victoire attendue, « apprendront peut-être soudain que la moisson de lauriers s'est faite sur un autre champ de bataille. » Il a raison. La lutte engagée le 16 avril dernier, et qui dure encore, laissera dans l'histoire de cette guerre une trace lumineuse. Et qu'importe si survient ailleurs le triomphe qu'elle aura indirectement préparé?
Quand Napoléon livra l'immortelle bataille d'Austerlitz, d'après un plan que seul le génie pouvait enfanter, il donna aux trois divisions, Legrand, Friant et Bourcier, placées sous les ordres de Davout, l'ordre d'attirer à elles le plus possible de forces russes, même en reculant, si c'était nécessaire. Lui devait ensuite couper par
Prisonniers capturés par les Français dans les Flandres.
(Cl. Trampus. )
a-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Au nord de l'Aisne. — Comhal dans la soirée au atid de la Royzre: nos soldais atteignent en quelques wdnutes les objectifs désignés.
Front russe. — « Remplis du désir impétueux de mirchzr de l'aoant, nos troupes, dit le communiqué allemand, remportent de nouveaux succès en Galicie orientale et en Bukooine... Les trouùes ottomanes aussi, ont manifesté de nouveau leur vaillance bien connue. »
Chambre des Communes. — M. Balfour, ministre iesciffaires étrangères déclare que la question de l'Alsace Lorraine intéresse intimement la Grande-Bretagne... la guerre victorieuse implique la légitime réalisation des espérances de la France...
Quarû à la paix, elle ne sera possible que le jour où onse trouvera en fie d'une Allemagne devenue politiquement libre ou d'une Allemagne rendue militairement impuissante... Toute autre paix ne serait que le prélude d'une nouvelle guerre.
Bataille des Flandres. — L'armée britanniqae attaque des deux côtés du chemin de fer d'Ypres à . Roulers : au nord de cette voie ferrée elle atteint les villages de Saint- Julien et de Pilkem; au sud, elle s'empare du village de Hoog ; du bois du Sanctuaire et du village de IVesthoezk. Son avance est en moyenne de 3 kilomllres en profondeur sur un front de 24 ^«7omètres qui s'étend de Steentraete, sur l'Yser, à Basse-ville, aux portes deWarneton sur la Lys.
A la gauche de l'armée britannique, l'armée française du général Anthoine, qui a franchi le canal de l'Yser au nord de Bjesinghe, atteint rapidement les premiers objectifs fixés sur la rive droite, les dépasse, arrive à Bixschoote dont elle s'empare et fait tomber tout le système des d fenses allemandes au sud-est et à l'ouest du village jusqu'au cabaret Kortekeert. Le maréchal Haig airessz au général Pilain ses fâicitationssui leso;jirationsde l'armée du général Anthoine.
son milieu l'armée ennemie surprise en flagrant délit dans cette marche de flanc. Niera-t-on que la fermeté inébranlable ëe ces trois divisions ait contribué à la
magnificence de la victoire au moins auta«t que les charges foudroyantes conduites à l'aile gauche et au centre par le trio illustre des Lannes, des Murât et des Soult ?