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LA BATAILLE DES FLANDRES

(2 Août).

Je signalais tous ces jours-ci, avec la réserve obligatoire en pareille circonstance, l'imminence d'une diversion puissante qui devait s'opérer sur une portion du front occidental. Elle a été entamée mardi matin a quatre heures et a pris immédiatement les dimensions d'une grande bataille dont les débuts, comme on peut s'en rendre compte par les derniers communiqués, ont été très brillants et très heureux. Elle n'a pas surpris les Allemands plus que nous-mâmes, car ses préparatifs, très apparents.étaiant à ce point formidables que le kaiser lui-même, dans le télégramme à ."Hindenburg dont j'ai parlé récemment, n'avait pas craint de l'annoncer. Et cependant l'ennemi, si prévenu qu'il fût, n'a pu tenir contre la fougue des soldats alliés ni contre les terrifiants bombardements •^u'il lui avait fallu subir.

Il a abandonné deux lignes de tranchées sur un front de vingt-quatre kilo- •màtres et une profondeur moyenne de trois, avec des prisonniers et un matériel dont la valeur exacte n'a pu être dénombrée dans la première journée. Tout au pl«3 conservait-il encore hier soir, momen-

tanément du moins, certains points d'appui situés au sud de la route d'Ypres à Roulers et qui, par suite de la configuratio» du terrain, avaient échappé à la destruction totale. Le reste de ses tranchées ne formait plus qu'un chaos informe, parsemé de cadavres dont beaucoup étaient en lambeaux. Les pertes du prince Ruprecht sont énormes. Les nôtres atteignent tout j uste la moyenne dont il faut payer quauid même les succès foudroyants.

Cette bataille gigantesque, menée conjointement, solidairement et dans une liaison intime par les troupes françaises et anglaises des généraux Anthoine, Plumer et Gough, n'en est qu'à son début. Elle se déroulera très probablement pendant de longues journées, comme toutes les grandes rencontres de cette guerre. Si rudes que doivent être certaines de ses phases, nous attendons son développement avec une confiance absolue, sachant quelles minutieuses précautions ont été prises à tous les points de vue pour se garer contre les coups du hasard.

Pendant ce temps, le kronprinz allemand semble vouloir jouir de son reste-

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