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LES SUCCÈS ANGLAIS

(17 juin.)

Bien qu'il ne soit pas très facile de suivre exactement la progression anglaise en Belgique, en raison de ses variations presque journalières, il apparaît que nos alliés, après avoir complètement réduit le saillant de Messines- Wytschaete, occupent maintenant une ligne droite allant de Klein-Zillebeke, sur la route Ypres-Commines. à un affluent de la Lys, nommé la Warnave, qu'elle joint au delà du bois de Ploegsteert. Ils menacent Warneton, point à l'ouest duquel se trouvent encore des tranchées allemandes qui pourraient bien tomber par action indirecte, comme celles qui viennent de céder plus au nord. Nos alliés, s'étant assurés des points d'appui solides, semblent maintenant opérer par débordements successifs et détachent ainsi successivement de larges morceaux du front défensif ennemi. Il est évident, par

exemple, que si Warneton est enlevé, les positions allemandes devant Armentières courront le risque de se voir prises à revers. ,

Les communiqués allemands, obligés de reconnaître que les troupes du prince Ruprecht opèrent partout à reculons, ne se résignent à cet aveu pénible qu'avec mauvaise grâce et en recourant à des circonlocutions gênées. On seiit fort bien que la pression continue et régulièrement opérante des Anglais préoccupe . l'Étatmajor germanique, bien que celui-ci s'efforce d'en laisser paraître le moins possible. D'autant plus qu'au sud de la route Arras-Cambrai, la ligne Hindenburg vient encore de subir une assez forte enta^le, entre Monchy-le-Preux et Bullecourt.

On comprend que ces reculades perpé-

Lf -COLONEL ROUSSET .

ÂRMENTI^i^ES . (

Carte du secteur d'Ypres, théâtre des combats de Messines-

LuCOLONEL ROUSSET

14 JUIN (suite)

LES FAITS

Chambre des dépu'és. — Impressionnante séance à laquelle assiste le général Pershing. M. Ribot.après avoir fait le récit des événements de Grèce de l'abdication du roi Constantin, salue l'arrivée des Etats- Unis <■ au rendez-vous qu'ils nous ont eux mêmes donné >' et fait ressortir l'importance de ce grand événement. M. Viviani résume pour là Chambre et pour le pays tout entier les impressions des membres de la mission française, au cours de leur réception en Amérique, il montre ensuite le devoir simple et tragique qui s'impose à la France de lutter jusqu'à la victoire, si elle veut « garder le respect de ses tombeaux, le respect de ses berceaux et empêcher que, dans un rulhme barbare, ses fils n'aillent, tous les trente ans. reprendre sur les champs de bataille Ib place où sont tombés leurs pères ».

La Chambre vote l'affichage des discours des deux ministres.

Front britannique. — Échec d'une contre-attaque lancée par les Allemands sur les positions enlevées hier par nos alliés au sud du canal Ypres-Comines.

En Grèce. — Proclamation de M. Jonnart au peuple hellène: «La France, la Grande-Bretagne et la Russie ont Voulu l'indépendance, la grandeur et la prospérité de la Grèce. Elles entendent défendre le noble pays quelles ont libéré contre les efforts réunis des Turcs, des Bulgares et des Allemands... Berlin commandait hier à Athènes et conduisait graduellement le peuple sous le joug bulgaro- allemand... Les puissances garantes ont en conséquence demandé au roi Constantin d'abdiquer... Aujourd'hui le blocus est levé. Toute représaille contre les Grecs à quelque parti qu'ils appartiennent sera impitoyablement réprimée. Aucune atteinte à Tordre public ne sera tolérée. Les puissances n'ont nullement l'intention d'imposer la mobilisation générale. »

tuelles, et ces pertes de terrain qui ne sont jamais réparées — car une violente attaque dirigée jeudi soir contre les nouvelles positions anglaises, au sud du canal Ypres-Commines. a été complètement brisée — donnent à réfléchir aux chefs de l'armée ennemie. Je ne sais si, en même temps, ceux-ci ne jettent pas un regard inquiet vers la Russie, où il ne serait pas impossible que la généreuse activité de M. Kerensky commençât à améliorer un peu l'état des choses. En tout cas, leurs bulletins signalent avec insistance l'effervescence qui se manifeste dans la région de Loiitsk et en Galicie, et ce ne doit pas être uniquement par recherche du fait divers.

Partout ailleurs, la situation est calme.

et l'occupation de la Thessalie se poursuit sans nouveaux incidents. A ce sujet, on ne peut s'empêcher d'admirer la façon désinvolte dont l'ex-roi Constantin, qui a, aux yeux des Allemands, le tort grave, non pas d'avoir pratiqué trop longuement la félonie, mais de l'avoir pratiquée sans succès, est abandonné à son triste sort par une bonne partie de la presse tudesque. Celle-ci ne cherche point à dissimuler sa colère ; mais elle prévient brutalement le complice pris la main dans le sac que, comme disait Bismarck, sa couronne ne vaut pas les os d'un grenadier poméranien. Voilà sans doute de l'ingratitude, à moins que ce ne soit la constatation d'une impuissance devant laquelle tombent toutes les questions de sentiment.

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