LESRUSSO.ROUM\IN3 ACCENTUENT LEUR RÉSISTANCE
(10 Août.)
Le temps étant toujours fort incertain et le terrain ne séchant pas, les opérations sur le front occidental sont réduites au minimum. Coups de canon et coups de main qui ne changent rien à la situation
générale, voilà le bilan des dernières journées. Sachons attendre sans impatience le moment où il sera un peu plus corsé.
Sur le front russe, la situation semble
(Cl. Beaufrère.l
Prise de la ferme de Champaubert : Le vainqueur interroge le vaincu.
Un succès des Highlanders d
Pendant que l'offensive franco-britannique progressait en demi-cercle autour d'Ypre.^ l'action des Highlanders fut momentanément arrêtée devant une briqueterie, transfot mée par Vennemi en redoute. Les briques, savamment disposées, protégeaient les défen seurs du fortin, tandis que leurs mitrailleuses en interdisaient V approche. C'est alor
3int la bataille des Flandres.
ue l'artillerie lourde anglaise, appelée à la rescousse, intervint. Les gros calibres ombant dru sur l'objectif, firent voler en poussière rouge la terre argileuse et réduisient les mitrailleuses au silence. Force fut aux Allemands, désormais sans abri, d'acepter le combat. Position et adversaires furent rapidement aux mains des Highlanders.
Lt-COLONEL ROUSSET
légèrement s'améliorer. Une grande attaque allemande, dessinée le long de la frontière de Volhynie, depuis Vladimir- Volinsky jusqu'à Zborow, non loin de Tarnopol, c'est-à-dire sur une longueur de près de I20 kilomètres à vol d'oiseau, a été brisée d'une façon à peu près complète, car seule la gauche russe a marqué un mouvement de recul. Mieux encore, les Austro- Allemands, assaillis sur le Zbrucz, près de son confluent avec le Dniester, se sont irepliés, en laissant aux mains de leur adversaire, 300 hommes et 7 officiers prisonniers. ' En descendant maintenant vers le sud, nous voyons que l'aile gauche de l'archiduc Joseph rencontre, à l'est et au nordest de Kimpolung, une résistance vigoureuse, dont elle n'est venue que partiellement à bout, bien que les Russes, qui manquaient de munitions, aient dû se défendre à l'arme blanche. Cet événement fait plus d'honneur aux troupes combattantes qu'au service des ravitaillements. Mais Kornilof a-t-il été investi des pleins pouvoirs qu'il réclamait, et dont il a besoin pour re mettre en état un organisme complètement faussé? C'est ce que nous ne savons pas.
Quant à Mackensen, il s'escrime contre la Putna, essayant d'élargir la brèche ouverte le 6 août dans les positions de l'armée de Tcherbatchef, au nord-est de Foscani. Il se vante d'y avoir réussi, mais en des termes aussi modestes qu'imprécis. Et il confesse que des contre-attaques, qu'il qualifie de puissantes, lui ont donné pas mal de fil à retordre. Son succès, si succès il y a, n'a donc pas été absolument gratuit.
En somme, la manœuvre enveloppante dont je parlais hier a rencontré partout de l'opposition, et c'est quelque chose, au regard des craintes que nous pouvions avoir. Espérons que cette opposition ira en s 'accentuant et que les coalisés germaniques seront pour longtemps encore accrochés sur le front oriental. C'est là, on se l'explique du reste, une condition essentielle. Nous ne pourrons la considérer comme absolument remplie que le jour où M. Kerensky aura décidément vaincu, à Pétrograd, l'anarchie qu'y entretiennent encore, au grand dommage des intérêts de la Russie et des nôtres, les compétiteurs des comités et des partis.