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L'ATTAQUE DE MACKENSEN SE POURSUIT SUR LE FRONT ROUMAIN

(Il Acût.)

Nous en sommes toujours, par la faute du temps, aux opérations de second ordre. Elles nous ont cependant valu, aux

Anglais et à nous, quelques progrès dans le nord. Quant aux Allemands, ils reviennent, faute sans doute de pouvoir mieux

(Cl. Daily Mirror.)

Les Roumains se replient en bon ordre dans un défilé dangereux.

Li-COLONEL ROUSSET

faire, à leur ancien système d'attaques restreintes et dispersées, dont l'économie ni les raisons d'être ne se comprennent très bien. Procédant par régiments tout au plus, qu'appuient des éléments plus ou moins importants fournis par les fameuses « stosstruppen », ils nous ont tâtés, jeudi, à la fois au nord de Saint-Quentin et sur le Chemin des Dames, dans la région de Verdun et en Lorraine, le tout pour allonger d'autant la liste de leurs échecs. Cette façon de faire la guerre au détail ne relève d'aucune technique, même élémentaire, et il suf&t, pour la juger, de voir la nullité de ses résultats.

On regrette que, sur le front oriental, Hindenburg en emploie une autre, plus large et visiblement plus opérante. Là, malheureusement, se déroule une manœuvre qui, en d'autres circonstances, aurail^ peut-être été un peu hasardeuse, — car elle dépasse notoirement en étendue la capacité des effectifs, dont on peut disposer, — mais qui, parce qu'elle fait entrer en ligne de compte l'état moral de l'adversaire, ne s'en appuie pas moins sur une base solide et sur ce principe d'ordre général qui commande de beaucoup oser, tandis qu'on le peut.

La conduite des opérations entreprises par les Austro-Allemands en Galicie, en Bukovine et jusqu'au Danube prêterait certainement, au point de vue purement didactique, à de nombreuses critiques.

Mais il est un facteur dont les discussions

d'école ne peuvent pas faire état : c'est l'audace, laqiaelle vaut mieux parfois que l'édifÎGation laborieuse de projets, minutieux, et produit souvent davantage.

Il suffit qu'elle ne s'exagère pas jusqu'à devenir de la témérité.

Le commandement allemand, sachant qu'il avait affaire à des forces dissociées par le virus anarchique, a foncé sur elles, sans compter avec son infériorité numérique. Il a même dessiné sur leurs deux ailes un mouvement enveloppant, comme .

on n'en fait, d'ordinaire, que lorsqu'on possède la puissance du nombre. J usqu 'à présent, il n'a pas eu, je crois, à s'en repentir.

Il commence, il est vrai, à rencontrer une résistance plus ferme qu'au début, mais qui est encore insufiisante pour empêcher ses troupes d'avancer. Je veux bien que les Russes, comme la Gazette de Francfort le reconnaît elle-même, reculent en bon ordre et n'abandonnent qu'un fort maigre butin. Ils n'en reculent pas moins, découvrant au sud.de Kimpolung comme sur la Putna, au nord-est de Focsani, l'armée roumaine qui, attaquée à son tour, a dû déjà rétrograder quelque peu entre le Casinu et l'Oituz. Or, de telles retraites ne peuvent être enrayées que par l'entrée en ligne de forces moralement et matériellement intactes, ou par une vigoureuse contre-offensive qui attire sur d'autres points l'attention et les forces de l'ennemi.

Constatons avec regret qu'il n'est ques-

Roumains défendant une position, derrière la Susita.

(Cl. Daily Mirror).

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAfrS

Au nord de l'Aisne. — A quatre heures du maiin, les Allemands lancent 3 bataillons appuyés de troupes spéciales d'assaut, sur nos positions entre la ferme du Panthéon et l'Epine de Cheoregny : les assaillants prennent pied dans notre tranchée de première ligne, mais les chasseurs à pied du général Brissaud'Desmaillet se jettent sur eux dans un corps à corps impitoyable et les obligent à abandonner le terrain.

Région de Saint-Quentin. — Dans la nuit, et après un bombardement intense par grosses torpilles, l'ennemi a attaqué nos tranchées à l'est du villagz du Fayet: il a réussi, malgré la résistance acharnée des fantassins du 116® régiment à occuper 500 mètres de notre ligne, du moulin de Mennechet à la ferme Céty.

En Belgique. — A l'est de la voie ferrée d'Ypres à Roulers les troupes britanniques achèvent la conquête du village de Westhoeck, de la crête de Westhoeck et du bois de Glencorse.

Région de Saint-Quentin. — Nos positions perdues dans la nuit du 9 au 10, près du village du Fayet sont reprises aujourd'hui de haute lutte par un bataillon du 19® régiment, envoyé en soutien du 1 16®. Le général commandant l'armée félicite les troupes du 1 1® corps qui ont pris part à ces actions, pour la vigueur dont elles ont fait preuve.

En Champagne. — Vifs combats à l'est et à l'ouest du mont Cornillet; l'ennemi lance une série d'attaques qui lui valent des succès momentanés, mais qui se termi' nent toutes par l'abandon des tranchées conquises.

Dans les Flandres. — L'ennemi dispute avec acharnement aux troupes britanniques les positions de la crête de West oeck et du bois de Glencorse: il regagne un peu de terrain dans ce bois.

En Russie. — Le général Kornilof a réclamé pour le salut de l'çrmée, des mesures énergiques et le rétablissement de la peine de mort.

tion, pour le moment du moins, ni de ceci ni de cela. Mais constatons en même temps que, tandis qu'ici les attaques embrassent à peine quelques kilomètres,

elles se développent là-bas sur à peu près quatre-vingts lieues d'étendue. Aussi produisent-elles des effets tout à fait différents.

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